Devant la préfecture du Belfort, les représentants de onze organisations professionnelles sont réunis. À 17 h, ce mercredi 14 octobre, ils vont être reçus par Alain Charrier, préfet du Territoire de Belfort. Tous ont signé le même manifeste pour unir leur voix. « C’est la première fois que tous les syndicats patronaux sont autour de la même table », souligne Francis Voelin, président de la Capeb 90. En cause : « Un état de lassitude général », dénonce Gérard Marchand, délégué général du Medef Franche-Comté (lire notre article).
Augmentation du prix du gasoil et des taxes
Au cœur de leurs revendications : faire connaître les difficultés croissantes rencontrées par les entreprises et défendre des conditions de travail convenables. Chaque représentant vient d’un milieu différent : travaux publics, agriculteurs, commerçants, artisans… Pourtant tous se retrouvent sur les mêmes problématiques. « On est taxé, on a des normes partout, on a l’importation en concurrence sur les autres produits », liste Nicolas Bongay, président de la Coordination rurale du Doubs et du Territoire de Belfort. La plus grosse difficulté reste l’augmentation du prix du gasoil : « Le prix du gasoil non routier a été multiplié par deux en douze mois. »
Gérard Marchand fait part de certaines contradictions. Les chefs d’entreprises doivent d’un côté augmenter les salaires, financer la transition écologique et contribuer à la production du pays. « Mais en même temps, on leur fait payer une contribution sociale de plus en plus élevée, on les assassine avec les taxes. » Des conditions qui mènent à l’épuisement et qui questionnent sur la transmission des entreprises.
Des normes trop importantes
La Fédération du BTP du Territoire de Belfort fait aussi partie de la réunion. Jean-Louis Albizati, président de la fédération, rejoint ses collègues sur les différents points. Il complète : « Dans le BTP, on a une problématique de distorsion de concurrence : des gros marchés sont passés en local par l’armée ou par Arabelle Solutions qui sont des fiefs de l’État. » Une préférence pour les entreprises nationales au détriment des sociétés locales.
Jean-Louis Albizati revient sur un point essentiel pour les onze organisations professionnelles : le millefeuille administratif. « Nous avons de plus en plus de papiers et de plus en plus de normes. » Résultat ? Les prix de l’entreprise de construction Albizati ont augmenté de 22 % depuis 2020. Pour entrer dans les normes, des techniques plus pointues et plus coûteuses sont nécessaires. D’autant plus que les normes changent constamment. « Les législateurs changent les règles du jeu qu’ils ont fixées en début d’année, en cours d’année. Nous avons un manque de visibilité », dénonce Gérard Marchand.
« On a envie de construire notre avenir ensemble », insiste Francis Voelin. Ce dernier l’affirme: s’ils ne se sentent pas écoutés, ils sont prêts à aller plus loin. « On a une force de frappe qui n’est pas négligeable. » La Capeb 90, instigatrice de cette mobilisation, espère que le mouvement sera suivi dans les autres départements français.
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