Classée souverainiste au sein du paysage politico-médiatique français, Natacha Polony s’est montrée… souveraine, par son art oratoire, le mercredi 20 mai 2026, à La JonXion, lors du rendez-vous mensuel des FFI Nord Franche-Comté (Forces françaises de l’industrie, un mouvement national décliné localement, qui milite pour la réindustrialisation de la France).
Devant un parterre d’une trentaine d’acteurs économiques du nord Franche-Comté (des petites entreprises comme de gros donneurs d’ordres étaient représentés), elle a défendu l’idée du produire en France, en démarrant son propos sur l’idée de physicalité. Pour simplifier à l’extrême, le concept repose sur l’idée de partir du concret, du matériel. Tout l’inverse de la théorie que l’on cherche à tout prix à faire confirmer par le réel. Elle a apporté en exemple la méthode des maths modernes, apparue dans les années 70-80, à qui elle attribue le recul du classement de la France en mathématiques : ce sont des mathématiciens universitaires qui ont transposé leurs méthodes de réflexion à la pédagogie, alors que les enfants ont dans leur grande majorité besoin de partir du concret, à commencer par la numération d’objets, pour ensuite aller vers l’abstraction mathématique.
L’idée d’une Europe spécialisée dans les services avec une Asie chargée de produire relèverait de la même erreur intellectuelle (avec au passage une pointe de condescendance, voire de racisme à l’égard d’une Asie en col bleu face à une Europe en col blanc). L’abandon de la physicalité (en l’occurrence le produire en France, les usines au coin de la rue) entrainerait la dépendance, et donc la perte de souveraineté, en tant que « capacité à décider en dernier ressort ». Natacha Polony s’appuie sur l’actualité récente pour défendre cette vision : « Produire, c’est transformer de la matière grâce à de l’énergie », définit-elle. Le blocus du détroit d’Ormuz et ses conséquences sur les flux commerciaux lui apporte un argument pour étayer sa défense de la souveraineté, qu’elle associe à la notion de liberté.
Montbéliard à l'honneur en juin dans sa revue
Natacha Polony, qui fut chevènementiste, a créé fin 2025 une revue d’idées trimestrielle baptisée L’Audace : elle réunit pour chaque numéro des contributeurs venus de différents opinion livrent leur réflexion autour de thèmes en lien avec la souveraineté. La revue consacre aussi une rubrique, « L’œuvre d’une ville », à une ville industrielle, où un journaliste s’immerge pendant quelques jours pour en ressentir la personnalité et en livrer un portrait au plus proche du terrain.
Le hasard faisant bien les choses, la prochaine livraison de L’Audace parlera de Montbéliard.
Et le hasard faisant décidément très bien les choses, cette même revue parlera en septembre de Cristel. Damien Dodane, directeur général délégué de Cristel, était justement l’intervenant nord franc-comtois de ce rendez-vous des FFI, et a rappelé comment sa famille est parvenue à maintenir le savoir-faire et la production à Fesches-le-Chatel.
Le prochain rendez-vous des Forces françaises de l’industrie est programmé le vendredi 12 juin, avec Philippe Denecé, directeur général du groupe Intuis, fabricant français de chauffages électriques, pompes à chaleur.
