« L’année 2025, est surtout marquée par une augmentation considérable du nombre d’adhérents », se réjouit Pascal Lainé, président de Le Maillon Solidaire créé en 2011. En un an, l’association est passée de 197 à 261 adhérents. Installé rue de Londres à Belfort, Le Maillon Solidaire a pour objectif de mettre à disposition des cyclistes les outils et savoir-faire nécessaires pour réparer leur vélo.
Pour Pascal Lainé, cet accroissement de clients tient à deux explications : « Il y a des gens qui se mettent au vélo. Mais il y a aussi ceux qui s’y sont mis à la sortie du confinement et qui ont acheté des vélos pas très chers, bas de gamme ». Presque six ans après la fin du second confinement, ces vélos ont très souvent besoin de réparations. Pourtant, comme le constate le président de l’association, les solutions d’entretien ne courent pas les rues.
Des solutions d'entretien des vélos qui manquent
Pascal Lainé dénonce un réel angle mort : la réparation des vélos n’apparaît dans aucune politique, que ce soit du côté des collectivités territoriales ou du gouvernement. La mobilité douce est mise en avant, mais derrière le secteur de l’entretien est moindre. « On peut faire toutes les pistes cyclables du monde, si les gens n’ont pas un vélo en bon état, ils ne vont pas aller dessus », déplore le président. Un regret pas seulement à l’échelle du territoire, mais aussi à l’échelle nationale : sur le réseau de plus de 500 associations français de ce type, le constat est le même partout.
Ouvert trois demi-journées par semaine, Le Maillon Solidaire est une solution à cette problématique. La dizaine de bénévoles guide les adhérents dans les réparations de vélos. L’idée n’est pas que les bénévoles réparent les deux-roues, mais plutôt qu’ils accompagnent les clients dans le processus. « Ça permet d’entretenir son vélo avec un petit budget parce que vous ne payez pas de main d’œuvre et vous avez des pièces qui sont moins chères qu’ailleurs », complète Pascal Lainé.
Le Maillon Solidaire a aussi comme rôle le réemploi des vélos abandonnés. L’association récupère les vélos pour les remettre en état et les vendre autour de 65 euros. « Et puis, il y a les vélos qui ne sont pas récupérables. Ils deviennent donneurs de pièces pour les autres », précise le président. D’où les pièces à moindre coût pour les adhérents.
Une pratique du vélo dans tous les milieux
De plus en plus de Français se tournent vers la pratique du vélo. Selon le Ministère chargé des transports, en 2024, 35 % des Français pratiquent le vélo au moins une fois par mois. De plus, selon l’enquête Les Français et le vélo en 2022, au cours des cinq dernières années, les ventes de vélos à assistance électrique ont été multipliées par cinq.
Ce changement, Pascal Lainé le constate directement à l’atelier. Les profils des adhérents sont aujourd’hui très variés. « Aujourd’hui, on sent que prendre son vélo pour faire ses déplacements ça se répand. Avant ça pouvait être marginalisé », observe-t-il. Les avocats côtoient les livreurs Uber Eats, les étudiants et parfois des cyclistes sportifs. « Les gens sont solidaires entre eux », apprécie le président.