Depuis 2000, l’emploi industriel régresse plus en Bourgogne Franche-Comté que dans le reste du pays. C’est l’un des premiers constats de l’étude intitulée « Pourquoi l’emploi industriel décroche-t-il », publiée par l’Insee et la Dreets de Bourgogne-Franche-Comté. Si ce décrochage a démarré par une période particulièrement marquée entre 2013 et 2022 : durant ces neuf années, la région a perdu 8 % de ses effectifs industriels, soit 14 000 emplois.
Pour autant, l’industrie pèse toujours très fortement dans la région. En 2022, date de la fin de la période couverte par l’étude, l’industrie représentait encore 168 000 emplois en Franche-Comté, soit 17 % des emplois. Et elle générait 13 milliards d’euros, soit 18 % de la valeur ajoutée de la région. La zone d’emploi de Montbéliard se distingue particulièrement, avec 30 % d’emplois industriels (comme celle de Mouchard) , dont 60 % dans l’automobile.
L’emploi industriel entraine avec lui d’autres secteurs, comme la logistique et les services aux entreprises, tout comme il stimule la consommation locale, avec des salaires relativement élevés.
Le décrochage constaté entre 2013 et 2022 touche tous les domaines de l’industrie et toutes les professions de ce domaine de l’économie régionale. Cependant, le secteur des transports (et plus particulièrement l’automobile) représente plus de 50 % des emplois disparus (- 7600 emplois).
Des emplois majoritairement ouvriers, donc plus fragiles
Pour expliquer ces pertes d’emplois industriel, l’étude pointe la dépendance avec l’étranger, qui expose plus aux délocalisations et aux restructurations. Dans le nord Franche-Comté, elle cite en exemple GE à Belfort. Autre facteur de fragilisation : les établissements industriels de Bourgogne-Franche-Comté sont très majoritairement des établissements de production, donc avec des emplois d’ouvriers, plus sensibles aux ajustements d’effectifs en cas de crise. L’industrie régionale compte 12 % de cadres, contre 14 % en moyenne en France (hors région parisienne). Ce phénomène s’ajoute à l’absence de grandes métropoles qui attirent plus les centres de recherche, et qui disposent aussi d’un plus grand réservoir de main d’œuvre, ainsi que des infrastructures de transports qui favorisent les échanges internationaux.
Et qui plus est, les difficultés de l’industrie dans la région s’accompagne d’un effet d’inertie dans le temps. « Lorsqu’elles ont été très importantes, elles ont pu fragiliser l’ensemble de l’écosystème productif : recul des services de soutien, départ des compétences spécialisées Certains territoires on t ainsi perdu une partie des ressources nécessaires au développement industriel ce qui restreint leurs capacités de rebond », indique l’Insee
La productivité en hausse
Pour autant, l’industrie en elle-même est-elle fragilisée Pas si regarde les gains de productivité. La productivité est en constante hausse en bourgogne Franche-Comté depuis 1990, même si elle est en dessous du reste de la France (hors région parisienne) depuis 2010. « La productivité a progressé, relève l’Insee. Entre 2000 et 2022, elle passe de 52 000 euros à 83 000 euros par emploi dans la région. En France de Province, la valeur ajoutée a ainsi suivi une trajectoire différente de celle de l’(emploi. Dans la région, elle diminue, mais moins que les effectifs et elle connaît un fort rebond depuis 2021, portée notamment par l’augmentation des prix et le dynamisme de l’industrie chimique ».