Avec l’AFP
« Nous allons faire appel de la liquidation », a assuré à l’AFP Me Gauthier Doré, avocat du médiatique cofondateur d’ACI, Philippe Rivière, regrettant « la précipitation du tribunal qui n’a pas accordé le délai supplémentaire d’une semaine demandé par l’investisseur alors qu’il pouvait être financé par la trésorerie existante ».
Des sursis, le TAE lui en a pourtant accordé plusieurs depuis septembre. Le tribunal avait alors placé ACI en redressement judiciaire et déchu de son mandat de dirigeant, sous l’œil inquiet et inquisiteur de Bercy, un Philippe Rivière jusqu’alors fréquemment présenté comme un investisseur modèle, champion de l’hyper-croissance par le regroupement d’entreprises aux activités complémentaires.
Le groupe ACI, créé en 2019, avait compté jusqu’à 1 450 salariés en France dans 35 filiales présentes dans la sous-traitance de pièces et d’équipement dans des secteurs stratégiques comme le nucléaire, l’aéronautique et l’automobile.
Philippe Rivière promettait à chaque audience du TAE de trouver des soutiens financiers pour maintenir l’activité du groupe et les emplois. Mais le TAE n’y a cette fois manifestement plus cru.
Au printemps 2025, le groupe ACI avait racheté la société Usiduc, de Faverois, à la barre du tribunal (lire notre article). Selon des informations confirmées par Le Trois, le tribunal de Lyon a confirmé la cession de cette entreprise du sud du Territoire de Belfort à Ocean Peak capital. C’est un soulagement dans les équipes d’Usiduc.
Trésoreries "siphonnées"
Il « achetait avec boulimie », mais ensuite « siphonnait les trésoreries des entreprises pour pouvoir se repositionner en sauveur », avait assuré à l’AFP le 16 décembre dernier Fabrice Fort, représentant de la CGT Métallurgie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, peu après qu’ACI eut obtenu un nouveau – et dernier – sursis au TAE.
Mais Ludwig Beraud, secrétaire général de la CGT Métallurigie de la Loire, fait toutefois part de son inquiétude concernant « les emplois menacés de certaines importantes sociétés du groupe restées sans véritable proposition de reprise ». A l’instar de Fralsen, fabricant de pièces microtechniques de précision de Besançon, et Enerflux, qui produit des pompes hydromécaniques à Blois. Ces sociétés comptaient respectivement 75 et 180 salariés à l’ouverture de la procédure collective.