Pour lui, un tribunal de commerce peut être comparé à un hôpital : un « lieu où l’on tente de redonner un souffle » à l’entreprise en difficulté et à son dirigeant, un lieu où l’on « soigne, arbitre, structure et où l’on sauve quand c’est possible ». Jean-Michel Petitjean a été installé ce vendredi 23 janvier comme président du tribunal de commerce de Belfort – Montbéliard, lors de l’audience solennelle de rentrée. Il succède à Christian Reynaud, dont la qualité d’écoute a été saluée unanimement.
La procureure, Jessica Vondercher, a ainsi salué l’humanité du tribunal de commerce et de son président pour leur « respect profond » devant les chefs d’entreprise en difficulté, « sans jamais de mépris, de propos moralisateurs ». « Vous laissez couler les larmes » de ceux qui sont au bord du gouffre. Au passage, on relève que le dispositif « Apesa », qui est destiné à prévenir le suicide des dirigeants, a été mobilisé à 29 reprises en 2025 (contre 24 en 2024).
La procureure a également relevé que les procédures collectives ont augmenté de 5 % en 2025 par rapport à l’année précédente, avec une diversification des profils des entreprises en difficulté. Si les très petites entreprises ou les entreprises individuelles étaient jusqu’alors concernées, l’arrivée d’entreprises de taille plus importante, dans des secteurs spécialisés, « avec des chaînes de valeurs plus complexes », inquiète la procureure. Surtout si cette tendance se confirme voire s’amplifie en 2026 et met en difficulté le réseau de PME du nord Franche-Comté.
383 entreprises et 1038 salariés
Les procédures de redressement judiciaire et de liquidation ont augmenté de 10 % l’an dernier au tribunal de commerce de Belfort-Montbéliard, contre 3,5 % à l’échelon national. Elles touchent 383 entreprises. 1038 salariés sont concernés par les procédures ouvertes en 2025 et 234 emplois ont pu être sauvegardés par les plans mis en place.
Seulement 37 procédures de prévention en faveur d’entreprises en difficultés (désignation d’un mandataire ad hoc, d’un conciliateur, accord constaté par le président, entretien avec le juge de la prévention) ont été mises en place en 2025. Le nouveau président a émis le vœu que l’année 2026 soit « l’année de la prévention », avec le concours des experts comptables ou des organismes sociaux. La procureure a souligné que la soutien aux entrepreneurs de bonne foi n’empêche pas la lutte contre la délinquance de chefs d’entreprises indélicats : 50 débiteurs ont ainsi été convoqués et 20 sanctions commerciales ont été prononcées en 2025.
Outre l’installation du nouveau président, deux nouveaux juges ont également pris leurs fonctions : Jean-Luc Habermacher et Stéphane Casoli. Les juges des tribunaux de commerce sont des chefs d’entreprises bénévoles, élus par leurs pairs. Ils suivent une formation obligatoire pour pouvoir siéger et prêtent serment.