C’est une étape importante, mais le drapeau à damier n’est pas encore atteint, image Yann Genninasca, président-directeur général de Mincatec Energy, dont la carrière professionnelle l’a conduit chez Renault Sport.
Cette étape importante, c’est le lancement de l’industrialisation de la production de sa solution de stockage d’hydrogène solide, dans ses locaux du Techn’hom, autrefois occupés par Alstom. La technologie consiste à solidifier l’hydrogène grâce à une réaction chimique avec de la poudre d’hydrures métalliques : l’hydrogène est comme emprisonné dans les grains de poudre. Cette réaction est réversible, ce qui permet de restituer l’hydrogène.
Autre technologie utilisée par Mincatec : l’utilisation de tubes de stockages en aluminium, réalisés grâce à un système de soudure breveté, alors que les concurrents utilisent de l’inox. Une technologie qui permet des performances de charge et de débit nettement supérieur aux concurrents, affirme Yann Genninasca.
Résultat, Mincatec propose une gamme de systèmes de stockage d’hydrogène solide à basse pression, ce qui leur confère à la fois un haut niveau de sécurité et la possibilité de simplifier certaines structures associées au stockage de l’hydrogène.
Mincatec Energy vise désormais trois grands marchés : l’énergie, l’industrie et la mobilité.
« Notre outil industriel est opérationnel »
Devant un parterre de partenaires, d’investisseurs et d’institutionnels réunis ce jeudi 1er octobre dans ses locaux à Belfort, le Pdg de Mincatec a lancé : « Aujourd’hui, notre outil industriel est opérationnel. Il n’y a que des machines spéciales : il a fallu tout inventer. » Et ceci en faisant le pari de n’avoir recours qu’à des fournisseurs français.
Autre volet important du développement de l’entreprise : la certification de ses produits. Une démarche particulièrement complexe lorsqu’on opère dans l’innovation, souligne Yann Genninasca : par définition, les référentiels sont à construire. Mincatec a obtenu fin août sa certification en Corée du Sud, pays qui recherche justement des solutions de stockage à 10 bars, pour des raisons de sécurité. « Le marché explose en Corée », s’enthousiasme Yann Genninasca. Les certifications sont en cours au Japon au Canada. L’entreprise s’intéresse aussi au marché chinois et a ainsi adhéré à l’association chinoise des entreprises de l’hydrogène, dans l’espoir de trouver le bon partenaire pour s’implanter sur ce marché qui s’annonce très porteur.
Mincatec mise en effet plus sur les marchés étrangers que sur le marché français, et même européen, pour prendre son essor commercial. A commencer par la zone Asie Pacifique, où l’entreprise a des contacts avec Samsung, Tata, ou encore Fuji, mais aussi les Etats Unis, où l’intelligence artificielle engendre d’énormes besoin en électricité et où on étudie l’autoconsommation des maisons individuelles grâce, par exemple, à des solutions de stockage de l’hydrogène.
Une ambition mondiale
Lorsque Yann Genninasca indique que le drapeau à damier n’est pas encore là, il pense à l’amélioration des performances, à la réduction des coûts, à l’augmentation des volumes de production avec en ligne de mire la mise en place d’une ligne automatisée de production.
L’entreprise compte actuellement une vingtaine de collaborateurs. Un chiffre qui est appelé à progresser dans les mois à venir. Mais Yann Genninasca ne donne pas d’échéance tant que les contrats ne sont pas signés. Mais, affirme-t-il, de nombreux sont à deux doigts d’être signés, ce qui ferait faire un bond à l’entreprise et marquerait une étape supplémentaire vers la ligne d’arrivée.
« L’ambition affichée par Mincatec est claire : construire depuis Belfort un acteur mondial du stockage solide de l’hydrogène », explique le communiqué de presse de Mincatec.
Aidez-nous à installer et développer un site d’informations en accès gratuit dans le nord Franche-Comté! Letrois.info vous propose de l’info locale de qualité pour vous aider à comprendre les grands enjeux de la région de Belfort-Montbéliard-Héricourt, qui constitue un bassin économique et un bassin de vie au-delà des frontières administratives.