Un plan de départs volontaires de 57 personnes a été présenté en juin par la direction du site de Flex-N-Gate à Audincourt : 16 postes à l’usine et 41 dans les services centraux et à la RetD (recherche et développement). Les organisations syndicales représentatives du personnel avaient jusqu’à ce vendredi 3 octobre pour décider si elles le signaient ou non. Elles ont refusé de le faire. Une position qui n’est pas une surprise si l’on se réfère à l’ « avis motivé » que le CSE (comité social et économique) a émis le 30 septembre. Un avis qui ne disait ni oui, ni non à ce plan, mais soulevait toute une série d’interrogations, et soulignait que « l’annonce du projet a étonné les représentants des salariés et a entraîné une rupture de confiance entre ces derniers et la direction de l’entreprise ».
Ainsi, l’avis estime que « les moyens mis en place pour accompagner les salariés dans les parcours de formation sont notoirement insuffisants ». Et ceci en raison des profils des salariés qui pourraient être concernés : plus de 20 ans d’ancienneté, âge médian de 51 ans et 13% de plus de 60 ans.
Le CSE et les syndicats relèvent aussi qu’un GEPP (processus de gestion anticipée des ressources humaine) fait aujourd’hui cruellement défaut, alors qu’ils le réclament depuis plusieurs mois : ils estiment que sa mise en place « aurait permis de gérer la situation de façon plus humaine ». Le CSE pointe en effet l’aggravation des risques psycho-sociaux pour des salariés « qui vivent très mal moralement et psychologiquement d’être visés dans la liste des postes à supprimer ».
Le CSE estime enfin que les mesures d’accompagnement proposées auraient pu être améliorées : le coût des 57 départs est évalué à 4 millions d’euros, mais le CSE estime qu’il sera très vite rentabilisé « compte tenu de l’économie de masse salariale visée » avec les 57 départs, d’autant que le CSE redoute un nouveau plan de départs « si jamais les contraintes de baisses de volumes devaient se concrétiser ».
Refus de signer en l’état
Ce vendredi en début d’après-midis, les quatre organisations syndicales représentatives du personnel (CFDT, CGC, GCT, UNSA) ont indiqué qu’ils refusent de signer ce plan, même si des avancées avaient été obtenues sur le portage, la retraite ou les mesures de reclassement, mais pas à la hauteur de leurs attentes, notamment quant aux sommes allouées et à la durée. Pour étayer leurs demandes, ils se sont basés sur les budgets alloués à de précédents plans, en appliquant une hausse basée sur l’inflation. Ils contestent également le terme de « volontariat » pour les départs, estimant que certaines personnes étaient personnellement visées et non uniquement des postes.
Enfin, ils estiment ne pas avoir eu de réponse satisfaisante sur le devenir des salariés qui n’accepteraient pas le plan, d’autant qu’ils constatent que ceux qui souhaitent partir ne sont pas forcément ceux qui sont concernés par les postes visés.
Plus globalement, les syndicats réclament à nouveau une GEPP qui, à leurs yeux, permettrait un vrai dialogue social au sein de l’entreprise.
Face à leur refus de signer le PSE proposé, ils indiquent que l’entreprise peut déposer une DUE (décision unilatérale de l’employeur) auprès de la direction du travail, mais aussi relancer un nouveau cycle de négociations. « S’il n’y a pas d’ouverture de nouvelles négociations, ce sera du fait de la direction ; chacun assumera ses responsabilités », expliquent-ils.