(AFP)
Antonio Filosa, DG de Stellantis, et Olivier Blume, PDG de Volkswagen, ont signé jeudi une tribune pour demander la mise en place d’un « bonus CO2 » pour les véhicules fabriqués en Europe, afin de garantir « une concurrence loyale » et protéger l’industrie automobile européenne. « Les constructeurs qui ancrent la majeure partie de leur production en Europe doivent bénéficier d’un soutien compensant au moins les surcoûts liés à la localisation », affirment les deux dirigeants, dont la tribune est notamment publiée par les journaux français Les Echos et italien Il Sole 24 Ore.
Si jusqu’à présent « neuf voitures sur dix vendues dans l’UE y sont fabriquées », les constructeurs européens font désormais face à une pression concurrentielle accrue, avec « des réglementations et des normes sociales moins exigeantes qu’en Europe », expliquent MM. Filosa et Blume, alors que la Chine et ses constructeurs exportent de plus en plus de véhicules vers l’Europe, à des prix agressifs.
"Créer des incitations intelligentes"
« Tout constructeur vendant des véhicules en Europe devrait les produire dans des conditions équivalentes, garantissant une concurrence loyale », insistent les deux dirigeants, qui appellent à la mise en place d’une appellation « Made in Europe ».
« Tout véhicule électrique « Made in Europe » devrait se voir attribuer un bonus CO2. Si un constructeur respecte ces critères pour une large part de sa flotte, ce bonus devrait être reconnu pour l’ensemble de ses véhicules électriques », proposent-ils.
« Tout véhicule répondant aux critères « Made in Europe » devrait obtenir un label dédié et être éligible à des avantages, comme des aides à l’achat ou un accès privilégié aux marchés publics », plaident les deux dirigeants, pour qui « l’enjeu est de créer des incitations intelligentes pour développer durablement la production européenne ».
« Ainsi, l’industrie automobile serait encouragée à maintenir sa production dans l’UE et à réinjecter dans l’investissement local les milliards d’euros économisés en pénalités », ajoutent-ils.
"Préférence européenne"
En France, le gouvernement a annoncé en septembre la mise en place d’une « prime complémentaire exceptionnelle » de 1 000 euros à partir du 1er octobre pour l’achat d’une voiture électrique équipée d’une batterie européenne. Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, a de nouveau réclamé mi-janvier que l’Europe instaure une « préférence européenne » pour les voitures électriques en « exigeant un contenu local de 75% » de la valeur des voitures.
Jusqu’à présent, la Commission européenne applique une surtaxe allant jusqu’à 35% sur les voitures à batterie de fabrication chinoise, qui s’ajoute aux droits de douane habituels de 10%.
