Après un forage prometteur en France, la Belgique mise sur l’hydrogène naturel

bus Optymo à hydrogène
Un bus Optymo avitaillé à la station hydrogène d'Hynamics, à Danjoutin. | Illustration ©Le Trois – Thibault Quartier

Le gouvernement belge vient de débloquer 1,5 million d'euros pour lancer un programme national d'exploration dans l’espoir de découvrir de l’hydrogène, comme en Lorraine.

(AFP)

« Un pari ». Après un forage prometteur dans l’est de la France, la Belgique a annoncé mobiliser des moyens pour sonder ses sols, à la recherche d’hydrogène naturel, une potentielle source d’énergie décarbonée.

Le gouvernement belge a accepté lors du dernier conseil des ministres de débloquer 1,5 million d’euros pour lancer un programme national d’exploration, avec une première évaluation attendue dans les deux ans. Des fonds européens pourraient également financer ce projet, selon les autorités belges.

« Il y a dix mois, on me parlait d’hydrogène blanc (naturel) comme d’une chimère. Aujourd’hui, c’est une opportunité stratégique que nous devons explorer avec prudence, certes, mais aussi méthode et ambition », revendique le ministre Jean-Luc Crucke, chargé de la mobilité et du climat.

"Prise de conscience"

« La découverte récente en France d’un gigantesque réservoir naturel — estimé à 34 millions de tonnes, soit l’équivalent de 14 années de consommation électrique de la Belgique — a accéléré la prise de conscience des potentialités de l’hydrogène blanc », souligne encore le gouvernement fédéral dans un communiqué du lundi 30 mars 2026.

La décision des autorités belges intervient à la suite d’un forage ayant confirmé la « présence importante » d’hydrogène naturel dans le sous-sol de la Lorraine, région frontalière de la Belgique, selon l’entreprise qui mène ces recherches.

C’est à Pontpierre, village de 800 habitants situé en Moselle à une quarantaine de kilomètres de Metz, qu’a été érigée, cet hiver, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d’Autriche, pour creuser à 3 655 mètres de profondeur.

Des réserves d'associations de protection de l'environnement

L’hydrogène naturel dissous, aussi appelé hydrogène blanc ou natif, est présent naturellement dans les eaux souterraines du bassin lorrain, selon des chercheurs, qui y voient potentiellement « la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde ». La Belgique espère que cette réserve s’étend dans son sous-sol.

L’hydrogène natif se forme naturellement, via des réactions chimiques, entre l’eau et des minéraux par exemple. Il suscite un intérêt grandissant pour la décarbonation de l’industrie et des transports, alors que l’hydrogène dit « gris » est produit à partir d’énergies fossiles et que l’hydrogène dit « vert », fabriqué à partir d’électricité renouvelable, est onéreux à produire.

En Lorraine, deux associations locales de défense de l’environnement appellent cependant à la vigilance quant aux répercussions futures de ce projet sur les nappes d’eau souterraine.

Un précédent projet, qui visait à exploiter le méthane piégé dans les veines de charbon du sous-sol lorrain, avait été enterré en décembre par le Conseil d’Etat, à cause du risque jugé trop élevé d’atteinte aux ressources en eau.

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