Fabien Dorier
Nos amis anglais, inventeurs de la plupart des sports modernes, ont aussi imaginé une flopée d’expressions pour en décrire le fonctionnement, et notamment du concept de « winning ugly ». Autrement dit dans la langue de Molière, et en extrapolant un peu, l’art de l’emporter sans avoir produit un spectacle de qualité, ni su maîtriser ce qui aurait dû l’être pour le mériter. Expliqué de manière plus directe, « gagner d’une manière moche ». Ce qui traduit une certaine efficacité, un peu d’opportunisme ou de chance, c’est selon.
Le FC Sochaux a serré les fesses en fin de match contre 10 Orléanais
Le FC Sochaux-Montbéliard, qui, à l’heure de quitter Orléans vendredi dernier (lire notre article), n’était pas franchement fier de sa rencontre malgré la victoire, ne nous contredira pas si l’on qualifie de cette façon son dernier match en date.
Il convient de rappeler les conditions de la victoire des hommes de Vincent Hognon : un adversaire très rapidement réduit à 10, qui a concédé un penalty non-transformé par Boubacar Fofana, face à un joueur de champ promu gardien de fortune faute de remplaçant qualifié. S’ensuivront (quand même) deux buts face à l’infortuné Grégory Berthier, milieu offensif de formation, avant une deuxième période relativement insipide, et une fin de match passée à serrer les fesses à l’idée que l’US Orléans puisse égaliser après avoir réduit la marque à la 87e minute.
Rien ne dit que cette victoire, et les deux points qui l’ont distinguée d’un match nul, seront décisifs en fin de saison… mais mieux vaut les avoir cagnottés que de les avoir perdus en chemin. Et tant pis pour la manière !
« Quand on gagne sans jouer bien, on finit par gagner en jouant bien ! »
Comme cela fait quatre matches que les Sochaliens s’imposent en championnat (*), dont trois fois avec un seul but d’écart et des performances sur courant alternatif, il convient de penser que l’édifice est encore fragile et que cette série n’est pas (encore) une autoroute vers la Ligue 2. Mais il faut savoir gagner avec les moyens du bord quand on ne sait pas le faire de manière flamboyante. C’est une qualité.
On entend parfois dans le monde du football que « quand on joue bien sans gagner, on finit par ne pas gagner en jouant mal ; alors que quand on gagne sans jouer bien, on finit par gagner en jouant bien » ! Un adage un peu bizarre, on vous l’accorde (mais tellement souvent vérifié, et notamment du côté du FC Sochaux-Montbéliard, qui indique que les récentes victoires des Jaune et Bleu leur offrent une forme de confiance et un élan. Et rien ne dit que, quand certains réglages fins seront trouvés, la marge sera enfin plus large et les sourires du même acabit à l’heure de quitter les terrains.
Puisse cela se vérifier dès ce vendredi 30 janvier, à 19 h 30 à l’occasion du match au sommet face au FC Rouen. Mais quelque chose nous dit que, pour l’accueil du leader de National qui ne compte que trois points d’avance sur les Jaune et bleu (*), pas grand monde ne se plaindrait qu’on ressorte ce bon vieux concept de « winning ugly » aux alentours de 21 h 15…
- (*) En estimant acquise la victoire face au Valenciennes FC arrêté dans le temps additionnel par certains supporters du club nordiste, alors que les Sochaliens menaient 1-0