Depuis une semaine, la Ville de Belfort se transforme pour accueillir le festival international de musique (Fimu) du 21 au 24 mai (lire notre article). « Si on cumule tous les services techniques de la Ville de Belfort, tous les prestataires extérieurs et tous les gens que nous embauchons, nous sommes quasiment un peu plus de 200 personnes », estime Alix Duprez, régisseur général du Fimu. Équipé de son téléphone et d’un talkie-walkie, il dirige l’ensemble des agents. « Mon travail, c’est vraiment d’être le chef d’orchestre. Je n’écris pas forcément la partition, mais c’est moi qui la fait respecter », illustre-t-il.
En ce mercredi après-midi, c’est le rush. Dans plus de 24 heures, la vingtaine de scènes du Fimu devra être installée. Le téléphone d’Alix Duprez ne fait que sonner. Il donne des indications aux équipes dispersées dans les différents lieux clés du festival. La semaine dernière, les agents sont venus installer l’électricité. Depuis dimanche, la mise en place des scènes a commencé.
Un festival en pleine ville
Avec son pull floqué du programme de l’édition 2025 du Fimu. Devant le kiosque, il positionne les poteaux qui soutiendront les enceintes. « Il y a aussi un aspect très technique. L’enceinte est posée là, on va faire en sorte que le son n’aille pas taper partout : sur la cathédrale, sur le voisinage… C’est ce que l’on appelle l’émergence », explique Alix Duprez. Pour éviter ce genre de problème, le planning est millimétré pour ne pas que deux concerts se gênent mutuellement. « On ne peut pas se permettre qu’au kiosque ça joue en même temps que la cathédrale. »
Avec un festival au centre-ville, des paramètres doivent être pris en compte : stationnement, circulation, habitation…(lire notre article) Mais pas de quoi inquiéter Alix Duprez. Il n’envisage pas cela comme une difficulté, mais plutôt comme un challenge. « Quand tu es aux Eurockéennes, tu as un champ, tu fais ce que tu veux. » Par exemple, certains lieux de la ville ne sont pas accessibles aux camions trop lourds. Dans ce genre de cas, l’adaptation est la clé.
Il faut aussi prendre en compte la vie quotidienne des Belfortains. Il faut que, les matins, par exemple, les habitants puissent profiter de la ville sans encombre. « Il ne faut pas que les Belfortains soient chamboulés et que la ville ne soit pas enclavée. »
Repenser la place de la République
En amont du festival, Alix Duprez se charge de la location des scènes. « Elles n’appartiennent pas à la Ville de Belfort », apprend-il. Même si les structures des scènes restent les mêmes, des variations sur leur emplacement peuvent apparaître d’une année à l’autre. L’exemple le plus marquant est celui de la place de la République. Ayant fait peau neuve en 2024, la mise en place a été bouleversée. « On a réimaginé la chose avec pour but de ne pas surcharger la place. Cette place a été pensée ouverte et verte, on ne voulait pas en mettre des chapiteaux partout. On a essayé de faire un truc épuré et sobre. » Cette année, la scène de la place de la République va connaître un nouveau changement. « C’est la même, mais on l’a mise ailleurs pour qu’elle puisse accueillir un peu plus de public. L’année dernière, elle a été victime de son succès. »
Mais le travail de régisseur ne s’arrête pas à monter les scènes, il faut aussi prévoir tous les mobiliers essentiels au bon déroulement du festival. « Nous installons toutes les barrières, toutes les toilettes. Il y a tous les réseaux d’assainissement à faire, tous les chapiteaux à monter », liste Alix Duprez. Pour ce dernier et ses équipes, le festival ne se finit pas au dernier concert. Un autre rush suit. « On démonte tout en 48 heures. »