Votre album Mwezi Une Angara est dévoilé au public vendredi 9 octobre. Est-ce que vous pouvez le présenter ?
Cet album est le fruit d’un désir de partager en intimité. Mais, surtout de rendre plus accessible le chant d’opéra, chant lyrique (lire notre article). Ça a vraiment été le leitmotiv. Avec mes tournées internationales, je suis un peu à gauche à droite entre l’harmonie de Paris, Berlin, Vienne.. Je joue souvent devant des milliers de personnes. Et, en arrivant à Belfort, il y a six ans, j’avais cette envie de rendre plus accessible le chant lyrique. Pour cela, j’ai essayé un peu de me connecter au culturel, de savoir ce qui se passe dans le coin pour voir s’il y avait des gens avec qui je pourrais travailler. J’ai contacté François Lanneau (acteur de la scène culturelle belfortaine, NDLR) qui m’a parlé de David Demange. À cette époque, il faisait un concert en plein été, il faisait super chaud. Je me rappelle, j’avais chanté dans son concert, j’étais en short parce qu’il faisait tellement chaud. Après que l’on ait fait quelques concerts ensemble, je lui ai proposé de faire un album ensemble. Le projet compte treize titres et le titre vient d’une de mes langues maternelles. Cela veut dire “la lune brille” en swahili.
Quel est le sentiment lorsque l’on finit un projet tel qu’un album ?
Il y a un peu une bonne fatigue parce que ça nous a demandé assez d’énergie. Nous nous sommes produits nous-mêmes, avec bien sûr les contributions individuelles. Il a fallu aussi combiner l’album et moi qui suis beaucoup dans l’international. C’était vraiment quelque chose (rires). Mais je dirais que c’était un petit mal mais de bonheur. C’est comme lorsque l’on fait du sport, on a mal sur le moment, mais c’est bon pour la santé. Pour nous, cette sortie, c’est une joie immense. Nous sommes aussi émus de voir comment nous avons commencé. Comment on a commencé à s’accepter David et moi, à mettre nos familles ensemble. Et surtout d’arriver à accoucher de ce beau bébé dans lequel nous avons mis notre amour.
Comment se sont passés les enregistrements à la Saline royale ?
C’était le premier album enregistré à la Saline Royale depuis qu’ils ont mis le studio. C’était quelque chose d’assez exceptionnel. Avec l’équipe sur place, tout le monde était vraiment heureux de nous accueillir. Cela a eu des conséquences positives dans notre jeu. Notamment au niveau des instruments. Nous avons des amis invités, des instrumentistes qui ont participé au projet. L’idée aussi c’était vraiment de faire un voyage. Saint-Louis-Royale est à côté du monastère. Ça m’a fait penser à l’époque où je voulais être prêtre. L’énergie était bonne. Parfois nous faisions des marches dans le lieu, c’était vraiment le lieu parfait pour faire cet album là.
Dans le morceau Music for a while, vous mélangez la guitare classique, le chant lyrique et le rap de Napoleon Maddox. Est-ce que cela a été compliqué ?
Je pense que parfois quand on connaît son travail, c’est plus simple de s’intégrer dans le travail des autres. Comme par exemple, quand on va boire un coup avec quelqu’un : peut-être qu’on ne boit pas la même chose, mais on partage la même table. En tant que directeur artistique de ce disque, c’était aussi de mon devoir de trouver où nos personnalités se croisent. Je dois trouver comment trouver les sonorités, les morceaux qui peuvent plaire à toutes les oreilles. Ici en Europe, tout le monde n’aime pas la musique classique. Mon but était de mettre un peu ce lien entre le baroque et le rap. Le rap, c’est vraiment quelque chose que l’on entend au niveau de la jeunesse, qui est assez populaire. Il y a cet engagement dans les paroles.
Vous allez faire un concert avec David Demange samedi 10 octobre à la cathédrale de Belfort. Pourquoi avoir choisi ce lieu ?
La cathédrale de Belfort, pour nous c’est symbolique. C’est un lieu où beaucoup de gens se retrouvent. Ce n’est pas uniquement une église, c’est aussi un bâtiment artistique et culturel de Belfort. Il y a beaucoup de gens qui se retrouvent sur la place d’Armes et dans la cathédrale, c’est un lieu populaire. Un endroit où on ne refuse personne. Pour le concert, les personnes peuvent s’attendre à un voyage émotionnel exceptionnel. Et bien sûr, nous allons présenter l’album. Il y aura des échanges en profondeur avec le public autour de la construction de cet album, des choix des musiques, des compositions. Et puis, nous allons faire des signatures puisqu’il y aura aussi la vente de CD et de vinyle.
Est-ce qu’il reste encore des places ?
Il y a encore des places (ici le lien de la billetterie helloasso, NDLR). Il y a des gens qui peuvent aussi venir directement sur place.