Pourquoi le quartier de la « Petite-Hollande » à Montbéliard s’appelle-t-il ainsi ? L’histoire du casque des Poilus, construit chez Japy à Fesches-le-Châtel. La bataille de janvier 1871 à Héricourt. Le « char Martin », à la citadelle de Belfort. Autant de thèmes abordés (et bien d’autres) par les vidéos d’Histoire[s] du Nord Franche-Comté, conçues et réalisées par Fabien Dorier.
Fabien, on le connaît bien dans les rédactions du nord Franche-Comté et au-delà : il a été pendant plus de vingt-trois ans l’interlocuteur sympa et efficace des journalistes au sein du FC Sochaux-Montbéliard, jusqu’au jour où il a dû quitter son club de cœur à l’occasion du plan social de fin 2023, après le sauvetage par des investisseurs locaux et régionaux. « C’est plus de 23 ans de ma vie, résume Fabien, le regard un peu dans le vide, sans doute avec une foule de souvenirs qui se bousculent dans la tête. Je suis rentré pour un CDD d’un an et j’y suis resté vingt-trois ans.»
Au FC Sochaux, « j’ai commencé par le dessert »
« En fait, j’ai commencé par le dessert, poursuit Fabien : la remontée en L1, la Coupe de la Ligue, la Coupe de France. Après, on est passé à la lutte pour le maintien, la L2… » Points de suspension. Il ne dira rien sur les propriétaires du club qui ont conduit, après la cession par Peugeot, au naufrage jusqu’à frôler la faillite.
Son premier CDD au FCSM, il le devait à ses études en histoire. Il a rédigé un mémoire de maîtrise intitulé Identité et mémoire au sein d’un club de football, à travers l’exemple du FC Sochaux. A la suite de ce mémoire, le FCSM lui confie le tri des archives du club et la rédaction d’un livre pour le grand public en 2001 : Le FC Sochaux-Montbéliard – 1928-1994. De fil en aiguille (et grâce à de bonnes notions en codage informatique), il s’occupe du site internet du club et est embauché à la communication. Après internet sont arrivés les réseaux sociaux, puis les portables, la vidéo… « Pendant vingt-trois ans, je n’ai jamais fait le même métier », sourit Fabien.
C’est maintenant à travers la vidéo qu’il allie sa passion de l’histoire, son intérêt pour la vulgarisation, son envie de mettre en valeur le nord Franche-Comté, bassin de vie pour lequel il voue un véritable attachement. Cette démarche est une conséquence de sa reconversion. A 45 ans, il a fallu se réinventer. Fabien s’est lancé comme consultant en communication et formateur. Et aussi comme chroniqueur sur France Bleu (devenu Ici depuis), qui l’a sollicité pour des chroniques historiques le dimanche matin, sur l’histoire locale. L’émission, intitulée Si l’histoire m’était « comté » durait une heure, de 9 h à 10 h.
En 44 épisodes, il a traité des thématiques comme le monument des Trois-Sièges à Belfort, le loup en Franche-Comté, les princes de Montbéliard, la préhistoire dans le nord Franche-Comté. Une expérience dont il garde un très bon souvenir, même s’il ressentait une certaine frustration de ne pouvoir compléter ses interventions de cartes ou d’illustrations, radio oblige. Le format vidéo le lui permet désormais. « Mon objectif était de faire quelque chose de dynamique, qui fonctionne bien sur les réseaux », explique-t-il. Après quelques essais et maquettes, il se lance, avec l’aide de sa compagne, Aurélia, fin septembre 2024.
5 minutes pour raconter une histoire
Chaque capsule vidéo dure environ cinq minutes. Un vrai challenge pour Fabien, qui aurait tellement à dire et qui doit s’astreindre à être à la fois synthétique et à adopter une écriture destinée à l’oralité, donc à une fluidité proche de la conversation. Et même s’il ne voulait pas se mettre en avant, il est face caméra pendant des séquences d’une vingtaine de secondes pour l’introduction, une relance et la conclusion. Le reste de chaque vidéo est constitué de documents, illustrations, cartes, avec sa voix off. Et chaque fois, on y apprend un tas de choses !
Si chaque vidéo dure cinq minutes, Fabien n’ose pas comptabiliser le temps qu’il y consacre : recherches, écriture, tournage (compliqué par la météo et les journées courtes d’hiver), montage, mise en ligne. Il les diffuse sur Facebook, TikTok, Instagram et Youtube. Les prochaines devraient porter sur le duel des champions d’échecs Karpov et Kasparov à Belfort, et sur Henri Mouhot, le Montbéliardais re-découvreur d’Ankor.
À terme, Fabien Dorier espère donner des idées à des collectivités, des entreprises, qui souhaiteraient communiquer via des vidéos de ce type, sur leur histoire ou leur savoir-faire.
Au fait, savez-vous pourquoi la Petite-Hollande, à Montbéliard, s’appelle-t-elle la Petite-Hollande ? Réponse ci-dessous… en vidéo.