Une lettre à E. Macron en faveur de l’usine de batteries électriques

À l’occasion de la visite de la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Marie-Guite Dufay, présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, a remis le dossier de candidature de la Région pour accueillir la première usine de batteries en France. Un courrier adressé au président de la République a été joint. Extraits.

Une lettre de sept pages. 1 395 mots. 50 signataires (en photo ci-dessous). Des politiques. Des acteurs économiques. Des universitaires. La région Bourgogne-Franche-Comté se positionne pour accueillir un Airbus de la batterie électrique. Elle y croit dur comme fer et ne veut pas rater la fenêtre ouverte par l’Élysée. Le but ? « Que l’Europe retrouve une autonomie industrielle vis-à-vis des puissances économiques concurrentes », assure la Région dans son courrier adressé au président de la République.

Préparer le futur

Dans sa lettre adressée au président de la République, Marie-Guite Dufay rappelle les pertes d’emploi subies depuis 10 ans dans le secteur automobile, 8 000. « [Elle] l’ont été sans aucune contrepartie, la Région et les collectivités locales ayant dû subir seules l’impact économique et social en découlant », rappelle-t-elle. Elle n’oublie pas non plus de rappeler que 8 % de la population est bénéficiaire du RSA et que les inquiétudes autour de General Electric sont fortes.

 « Le groupe PSA investit actuellement 200 millions d’euros pour transformer son site historique et nous nous en réjouissons. Nous savons pourtant que les défis futurs de l’industrie automobile auront ici, plus qu’ailleurs, un impact considérable et déterminant sur l’emploi et l’attractivité de notre territoire. »  Elle évoque également le soutien régional au pôle Véhicule du Futur, qui « permet de fédérer un écosystème d’entreprises autour des mobilités nouvelles et des innovations technologiques ».

La filière automobile régionale en chiffres

  • 650 établissements
  • 45 000 salariés
  • 10 000 intérimaires
  • 5,1 % de l’emploi salarié régional et 33 % de l’emploi industriel

« Une localisation optimale »

Marie-Guite Dufay développe son argumentaire autour du foncier disponible à proximité de PSA Sochaux. « En adaptant son site, plus que centenaire, aux attentes de demain, le groupe PSA inscrit Sochaux dans la stratégie de l’après carbone, puisque le groupe à l’ambition d’électrifier tous ses modèles d’ici 2025. Ces travaux de transformation libèreront un foncier de 55 hectares parfaitement adapté pour accueillir « sans attendre » ce complexe de production, insiste-t-elle. Le Territoire de Belfort dispose également de bâtiments adaptés pour le reconditionnement et le retraitement des batteries et de l’ensemble des sous-traitants. »  

La Région estime que le nord Franche-Comté est « une localisation optimale vis-à-vis des usines terminales d’assemblage automobile en Europe ». Avec les deux sites de PSA Sochaux et Mulhouse, on concentre en effet la moitié de la production automobile française, avec 900 000 véhicules par an. Autour, gravitent de nombreuses entreprises de la filière automobile. « À l’argument de la performance économique s’ajoute celui de la performance environnementale : il n’est pas imaginable demain de transporter outre mesure ces batteries pour rejoindre leur point d’utilisation, avec l’impact qui en résulterait sur le bilan carbone », insiste la présidente. Elle évoque ainsi l’usine de Solvay, à Tavaux (39). « Situé à moins de 100 km des sites potentiels d’implantation, [c’est] l’un des 2 seuls sites en France produisant du PVDF (Polyfluorure de vinylidène), constituant majeur des batteries. »

La force de la R&D

Autre argument avancé par la Région, la main d’œuvre qualifiée dans le secteur de l’automobile. « Le territoire a su se mobiliser pour accompagner les projets de recrutements importants des entreprises locales, qu’il s’agisse de PSA pour son équipe de VSD ou d’Hermès en mettant en place une ingénierie et une organisation spécifique associant les acteurs de l’emploi, du recrutement et de la formation autour des besoins de main d’œuvre », insiste la présidente dans son courrier. Mais surtout, le nord Franche-Comté s’appuie sur un potentiel de formation, avec, au centre, l’université de technologie Belfort-Montbéliard (UTBM).

Elle appuie également son argumentaire sur le poids de la recherche & développement dans la région. Une information confirmée par une donnée de l’agence de développement Nord-Franche-Comté (ADN FC) : 5 % des emplois locaux sont dans la recherche et le développement, contre 2 % au niveau national. On compte « près de 3 000 personnes affectées à la R&D au sein de PSA Sochaux, près de 1 000 sur le site Faurecia Clean mobility à Bavans, centre d’excellence mondial du groupe sur la dépollution, en n’oubliant pas Lisi automotive et Flex & Gate notamment », énumère la Région.

Accueillir cette usine « serait pour nous tous un motif de « réenchantement industriel » pour notre région », conclut la lettre. Un dossier technique complet sera remis au président de la République.

Les 50 signataires de la lettre