Un Belfortain crée un spectacle vocal sur Gustave Courbet

L’auteur et compositeur belfortain Jérôme Brie livre un spectacle pour chœur d’adultes sur Gustave Courbet, dans le cadre du bicentenaire de la naissance du peintre. Une représentation est proposée ce dimanche à Giromagny.

L’auteur et compositeur belfortain Jérôme Brie livre un spectacle pour chœur d’adultes sur Gustave Courbet, dans le cadre du bicentenaire de la naissance du peintre. Une représentation est proposée ce dimanche à Giromagny. Rencontre.

C’est un joli clin d’œil. Au quotidien, Jérôme Brie enseigne la musique et les sciences numériques et technologie au lycée Courbet, à Belfort. Et en ce moment, il présente un spectacle vocal sur Gustave Courbet, qu’il a écrit et composé. La dernière représentation est programmée à Giromagny, dimanche.

Le célèbre peintre d’Ornans est né en 1819. Toute l’année, le Doubs a célébré le bicentenaire de la naissance de l’enfant du pays. L’ensemble vocale amateur Le Contrepoint, à Besançon, s’est saisi de ce sujet pour son nouveau spectacle. Et il a demandé au Belfortain Jérôme Brie de l’écrire. Car à côté de son métier de professeur, Jérôme Brie écrit. Il a une dizaine de pièces de théâtre à son actif, déjà, dont une a été jouée par une troupe professionnelle. Il compose également, notamment pour des big band de jazz. Lui-même joue du piano. On lui connaît aussi l’écriture de contes musicaux ou des chants chorales pour ados, comme il l’a fait avec le spectacle Les Canards boiteux, présenté au printemps à la Maison du peuple. « En général, ce n’est pas très rigolo », sourit Jérôme Brie, assumant cette touche personnelle. Il a déjà écrit sur la place de la mère. Mais aussi sur les migrants. Au printemps, son spectacle les Canards boiteux questionnait les clichés attachés aux enfants des quartiers défavorisés. « Si j’ai pu écrire des textes, c’est que j’arrivais à bien écrire de la musique », estime également l’auteur. Dans son parcours créatif, les deux sont intimement liés. Et se répondent. Ce projet singulier sur Courbet en est encore la parfaite illustration.

1849, année charnière

Le Voyage d’été, Courbet à Ornans n’est pas un opéra. Ni une comédie musicale. C’est du théâtre musical. Sur scène, il n’y a qu’une comédienne, un pianiste et un chœur d’une trentaine de personnes. Les choristes répondent à la comédienne. Nuancent son propos. L’illustrent par la voix. « Il y a constamment un aller-retour entre le chœur et la comédienne », détaille Jérôme Brie. À part le comédien, il n’y a pas de mise en scène. Par contre, il y a un jeu scénique du chœur, minimaliste. Il se déplace, se divise, se reforme, s’ouvre, se ferme… En fonction des besoins du texte.

Ce spectacle s’inscrit dans son époque, le XIXe siècle. Jérôme Brie y fait référence avec la musique classique qui l’accompagne, en optant pour les Français Claude Debussy ou Francis Poulenc. Il fait aussi des clins d’œil à Victor Hugo, autre figure attachée à la Franche-Comté.

"Il m'a fasciné"

Dans ce texte, l’auteur n’a surtout pas voulu dresser une carte postale de Gustave Courbet. « J’ai fait un plan rapproché de sa vie, sur un été », explique-t-il. Il a retenu l’été 1849. Gustave Courbet a 30 ans. Il revient à Ornans après une dizaine d’années à Paris. Il commence à être connu. Voire reconnu. L’État lui a acheté une toile. Et il sera exposé au Salon, un évènement d’envergure dédié à la peinture et à la sculpture, à Paris. « C’est un moment de bascule », analyse l’enseignant. Pour saisir son personnage, développer sa complexité, il s’est plongé dans sa correspondance.

1849 est une année charnière, car Gustave Courbet signera deux tableaux essentiels de son œuvre. Reconnu, il est libre. À l’automne, il peindra Les Casseurs de Pierres. Puis suivra Un enterrement à Ornans, que l’on estime être « le manifeste du réalisme », note Jérôme Brie. Avec Les Casseurs de pierres, l’auteur met en avant la fibre sociale de Gustave Courbet. « Ce n’est pas un idéologue buté. Il est sensible, ouvert et dispose d’un art de la nuance », raconte Jérôme Brie, qui est devenu un intime du peintre, au fil de ses lectures. « Il m’a fasciné », confie-t-il. Sur scène, Gustave Courbet n’est pourtant pas incarné. Le spectacle est un récit. « Cela crée une distance narrative. » Et permet à l’auteur-compositeur d’aborder d’autres facettes du personnage moins reluisantes : son rapport aux femmes par exemple.

Au quotidien, la renommée de Gustave Courbet poursuit Jérôme Brie telle une ombre. Aujourd’hui, ils se sont rencontrés, autour d’un spectacle vocal. Un bel écho.

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