Ukraine : le contrat de 130 locomotives à Alstom remis en question

Locomotive Prima T8 Alstom, livrée en Inde.
Locomotive Prima T8 Alstom, livrée en Inde.

La guerre en Ukraine fait craindre aux syndicats du site d’Alstom à Belfort la remise en cause d’un important contrat qui devait être finalisé dans les prochains jours et prévoyait la livraison de 130 locomotives doubles à l’Ukraine, ont-ils indiqué lundi.

(AFP)

La guerre en Ukraine fait craindre aux syndicats du site d’Alstom à Belfort la remise en cause d’un important contrat qui devait être finalisé dans les prochains jours et prévoyait la livraison de 130 locomotives doubles à l’Ukraine, ont-ils indiqué lundi.

« Avec ce qui se passe en Ukraine, il y a de grandes chances pour que le contrat soit abandonné », estime André Fages, délégué CFE-CGC et élu du CSE central d’Alstom. « La direction étudie deux scénarios », selon lui : soit « on arrête tout d’ici la fin du mois », soit « on attend de voir comment les choses vont évoluer d’ici l’été » et « on laisse une équipe réduite assurer la continuité ».

Ce contrat, d’un montant de 880 millions d’euros (lire notre article), devait assurer du travail au site de Belfort « jusqu’à la fin de la décennie » et « nous donnait une visibilité à huit ans », souligne André Fages. « Mais là on va devoir travailler avec une visibilité à deux, trois ou quatre ans, donc c’est beaucoup plus angoissant. » Le délégué CGT Eddy Cardot confie également son « inquiétude sur l’avenir du site de Belfort » : outre les dix ans de charge de travail, ce contrat prévoyait « énormément de recrutements« . « Les recrutements ont été gelés et les salariés ont peur de revivre 2016, quand il était question de fermer le site de Belfort, qui compte près de 500 salariés », confie Eddy Cardot pour qui « tout dépend de la tournure des évènements ».

« Alstom suit très attentivement la situation dramatique en Ukraine », mais « il est encore trop tôt pour spéculer sur d’éventuels impacts commerciaux ou industriels, que ce soit à Belfort ou ailleurs, si ce contrat n’était finalement pas signé », a fait savoir de son côté auprès de l’AFP un porte-parole du constructeur ferroviaire français.

Le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge a signé le 8 février à Kiev (lire notre article), sous les yeux d’Emmanuel Macron, un protocole d’accord sur l’achat de ces 130 locomotives destinées au fret, qui prévoyait la signature du contrat avant le 31 mars (lire notre article). Ce contrat, dont le financement a fait l’objet d’un accord intergouvernemental lors de la visite de Bruno Le Maire en Ukraine en mai dernier, doit s’élever au total à 2,4 milliards d’euros, si l’on prend en compte la maintenance des locomotives sur 40 ans, a précisé le porte-parole. Le maire LR de la ville, Damien Meslot, s’est dit « très inquiet » pour le site d’Alstom Belfort : « Il faudra trouver de nouveaux marchés pour compenser en cas d’annulation. » Ce lundi matin, l’action d’Alstom chutait de 12,45 % à la bourse de Paris. L’industriel détient de 20 % du constructeur ferroviaire russe Transmashholding.

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