Trévenans : à l’hôpital, les soignants réaffirment le droit à tous d’être soigné

Mardi 11 janvier, une soixantaine de soignants, étudiants et retraités ont manifesté devant l’hôpital Nord Franche-Comté pour affirmer leur mécontentement concernant les conditions de travail à l’hôpital.

Une soixantaine de soignants, étudiants, retraités et membres de la CGT ont manifesté, ce mardi 11 janvier, devant l’hôpital Nord Franche-Comté pour affirmer leur mécontentement quant aux conditions de travail. Mais aussi leur mécontentement concernant les débats sur la place et le soin des personnes non-vaccinées à l’hôpital. 

Au premier abord, en ce mardi après-midi ensoleillé, les pancartes font état du mécontentement des soignants concernant les conditions de travail, de formation, de rémunération. « Un métier formidable, un statut fort minable », peut-on lire sur une pancarte. Sur une autre : « Nous ne sommes pas des bénévoles », ou encore : « Sauvez des vies, ouvrez des lits. » Des slogans qui témoignent d’un ras-le-bol bien connu, exacerbé par la crise sanitaire.  Mais l’autre source du ras-le-bol, c’est aussi la question du personnel non-vacciné et les débats médiatisés autour de la question : « Les soignants supportent-ils de voir et soigner en réanimation les personnes non-vaccinées ? »

« Nous, on en a marre que l’on parle à notre place », affirme Isabelle, aide-soignante de l’hôpital et membre de la CGT. « Le président affirme que l’on doit emmerder les non vaccinés. J’ai vu passer beaucoup d’articles qui affirment que l’on ne veut plus soigner des personnes non-vaccinées, c’est faux. Qu’ils arrêtent de parler à notre place. » Sa collègue, elle aussi aide-soignante et représentante syndicale de la CGT ajoute : « Aujourd’hui, nous manifestons pour nos mauvaises conditions, nos salaires, notre charge de travail, mais nous avons surtout une pensée pour nos collègues non-vaccinés qui ne peuvent plus travailler. » Elle précise : « De nombreux services ferment. Nous ne sommes pas assez nombreux pour la charge de travail. Nous sommes là pour la réintégration des collègues suspendus. »

Luc Kahl, infirmier et délégué syndical CGT a, lui aussi, affirmé son soutien sur le droit à tous d’être pris en charge pour des soins, quels qu’ils soient. « Nos conditions sont exécrables. Avec le plan Blanc, c’est encore pire. Le « quoi qu’il en coûte », ça suffit. Nous sommes en train de craquer. Alors oui, sur le terrain, nous voyons bien qu’en réanimation, beaucoup ne sont pas vaccinés. Mais je dénonce la tendance qui se demande s’il faut soigner ou non les non-vaccinés. » Il poursuit : « Un patient est un patient. On les soigne peu importe ce qu’ils sont ou ce qu’ils ont. » Une intervention applaudie, clamée en cœur par les manifestants présents dans la foule.  

Ethique

Les syndicats de la CFDT et de la CNI n’étaient pas présents lors de la manifestation. Pour autant, ils rejoignent la CGT sur la question du soin apporté aux personnes non-vaccinées. « Pour nous, cette question relève de l’éthique », argue Mélanie Meier, responsable CFDT à l’hôpital Nord Franche-Comté. « On soigne tout le monde, quel que soit leur statut. La preuve en est que pour les urgences, le passe sanitaire n’est pas demandé. » Des propos soutenus par Céline Durosay, secrétaire nationale de la CNI à l’HNFC. « Malgré ce qu’on peut lire dans la presse, je n’entends jamais de professionnels au sein de l’HNFC dire qu’il n’en peut plus de soigner des non-vaccinés en réanimation. Ce ne sont pas nos valeurs, nous ne faisons pas le tri. Le problème, c’est que les soignants n’en peuvent plus et certains savent comment leur faire dire ce qu’ils veulent. »

Quant à la réintégration du personnel non-vacciné, les syndicats sont partagés. Mélanie Meier, responsable CFDT, explique que « beaucoup ont fait le vaccin à contrecœur. Des centaines de personnes. Si nous laissons les personnes non-vaccinées revenir travailler, ce serait aussi une injustice pour ceux qui l’ont finalement fait. » Céline Durosay, secrétaire nationale de la CNI complète : « Nous étions nombreux à être opposés à l’obligation vaccinale. Mais la loi a pris le dessus. Alors c’est compliqué. Dans tous les services, nous en parlons. Et à chaque fois, il y a du pour et du contre. Aujourd’hui, ce qui nous fait peur, c’est la 3e dose obligatoire. » Une constatation que partage Mélanie Meier. S’ils ont été nombreux à faire leur vaccin et leur rappel à contrecœur, la 3e dose obligatoire risque, selon Céline Durosay, de « reposer les problèmes que l’on a connus au 15 septembre avec toute une partie du personnel réfractaire ». En décembre, une vingtaine d’agents n’avaient toujours pas trouvé d’accord avec la direction. À ce jour, la direction de l’hôpital dénombre 15 personnes toujours dans cette situation. L’hôpital compte 3 250 agents (soignants, médico-techniques, administratifs, logistiques et techniques) et 455 médecins, internes et attachés

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