Thierry Rémi : « L’hôtel du Sommet n’est pas à vendre »

Lors de la conférence de presse de rentrée, Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort, a évoqué brièvement ses projets pour dynamiser le ballon d’Alsace. Notamment ses volontés d’acquisition. Une chose est certaine, l’hôtel du Sommet n’est pas à vendre.

Lors de la conférence de presse de rentrée, Florian Bouquet, président du conseil départemental du Territoire de Belfort, a évoqué brièvement ses projets pour dynamiser le ballon d’Alsace. Notamment ses volontés d’acquisition. Une chose est certaine, l’hôtel du Sommet n’est pas à vendre.

Le conseil départemental du Territoire de Belfort a des ambitions pour le ballon d’Alsace. Un projet devrait être présenté dans quelques mois. Il doit même effectuer quelques acquisitions prochainement auprès du syndicat mixte interdépartemental du ballon d’Alsace (Smiba), dont l’auberge du Ballon, alors que son gérant part en retraite. Le rapport est soumis au vote ce jeudi 10 octobre.

Lors de sa conférence de presse de rentrée, Florian Bouquet avait également évoqué le nom de l’hôtel du Sommet, alors qu’il n’est pas à vendre prévient son propriétaire. Ni le président du Département ni ses services ne sont manifestés pour corriger cette information auprès de la rédaction. Florian Bouquet a même une nouvelle fois confirmé cet élément lors d’un entretien téléphonique. Puis de préciser, à cette occasion : « Tout ce qui se vend, j’achète. » En revanche, début octobre, le Département a confirmé au propriétaire de l’hôtel du Sommet qu’il ne voulait pas acheter son établissement. Erreur ? Confusion ? Maladresse ? Peu importe… Mais le propriétaire de l’hôtel du Sommet n’a jamais eu d’écho des projets du Département au ballon d’Alsace. Pourtant, ils avancent.

Saisonnier

Thierry Rémy et son épouse sont propriétaires de l’hôtel du Sommet depuis mai 1995. À l’époque, c’était une ruine. Aujourd’hui, 30 % du chiffre d’affaires de l’établissement sont réalisés sur l’hôtellerie et 70 % sur la restauration. L’hôtel du Sommet compte 25 chambres et 68 lits, pour 150 couverts en configuration banquet. Ils proposent une cuisine régionale, tant alsacienne que comtoise. On y trouve des mont-d’or, des fondues au munster, mais aussi des choucroutes ou des Baeckeoff. Cinq personnes travaillent à l’hôtel du Sommet, dont le couple. Chaque année, en saison, il éprouve des difficultés à recruter. Comme l’ensemble de la profession.

Dans quelques années, le couple envisage de rénover ses chambres, avec l’objectif de reclasser l’établissement en trois étoiles. Pour ça, il faut déjà rembourser les différents prêts contractés pour l’achat ou les précédents investissements. Des investissements réalisés sans aides publiques assure Thierry Rémi. Leur clientèle est essentiellement familiale, avec des séjours de quelques nuitées l’hiver et en itinérance l’été. La clientèle du restaurant est principalement belfortaine. Au printemps, le couple accueille beaucoup de groupes de motards ou de marcheurs. Le cadre et la taille du ballon d’Alsace sont des atouts non négligeables. « En famille, c’est idéal, car il n’y a pas trop de monde », analyse Thierry Rémy.

Déficit de notoriété

Concernant le développement touristique du ballon d’Alsace, Thierry Rémy reconnaît que d’avoir rassemblé les pistes de ski étaient une bonne idée. Il se questionne par contre sur les investissements consentis, notamment pour installer les enneigeurs. C’est la raison du déficit, selon lui, du Smiba. Il s’interroge aussi sur l’impact écologique de ce dispositif, notamment avec la consommation électrique.

« Depuis 20 ans, on nous parle de tourisme local, soupire-t-il. Mais il faut déjà se faire connaître ! » Le problème du ballon d’Alsace, selon Thierry Rémy, c’est son manque de notoriété et de visibilité. S’il y a un déficit d’image vers l’extérieur, ça l’est tout autant au niveau local. Aucun panneau n’indique par exemple les établissements du sommet en montant les lacets du ballon d’Alsace. Pourtant, dans le programme de travaux 2014-2015, une enveloppe de 3 millions d’euros était fléchée. Cela concernait notamment des travaux pour la mise en place du réseau de neige de culture, mais aussi « une mise en place d’une signalétique touristique globale », peut-on lire dans un dossier de presse du Département, en date de 21 mai 2014. Une signalétique inexistante aujourd’hui. Qu’attend toujours Thierry Rémy.

« Ce qui me gêne, reconnaît Thierry Rémy, c’est de ne pas être associé au projet. C’est fait discrètement. » Dans un courrier au conseil départemental, il a manifesté son intérêt pour reprendre ou racheter l’auberge du Ballon car son collègue partait à la retraite. « Je n’ai pas eu de retour », glisse-t-il. « Cette volonté de développement, je vois cela d’un bon œil », insiste celui qui s’est formé, comme cuisinier, dans des établissements à Londres et au Luxembourg. Mais il alerte également les élus à faire attention à « l’équité ». Entre 2006 et 2014, 13 millions d’euros ont été investis au ballon d’Alsace.

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