Stellantis : le syndicat FO inquiet du manque de formation sur les « nouveaux métiers » liés à l’électrique

À moyen terme, l’usine Stellantis de Sochaux sera capable de fabriquer des voitures thermiques, hybrides et 100 % électriques. Le syndicat Force Ouvrière Métaux s’inquiète du manque de visibilité à long terme sur les nouveaux métiers qui doivent accompagner l’électrification. 

À moyen terme, l’usine Stellantis de Sochaux sera capable de fabriquer des voitures thermiques, hybrides et 100 % électriques. Le syndicat Force Ouvrière Métaux s’inquiète du manque de visibilité à long terme sur les nouveaux métiers qui doivent accompagner l’électrification. 

C’était une annonce de fin octobre : « Stellantis électrifie ses usines françaises » pour anticiper les effets de la transition énergétique en affectant de nouvelles activités au site. Le groupe avait d’ailleurs annoncé au début de l’été investir 30 milliards d’euros dans l’électrification des véhicules, d’ici 2025.

« Ces transformations sont portées par une co-construction avec les organisations syndicales du groupe  et feront l’objet de plans de formation ambitieux », avait annoncé le groupe. Et c’est cette semaine que se font les dernières négociations, raconte Eric Peultier, délégué syndical de FO Metaux. « On nous fait miroiter un super site, nous on dit chiche », pointe le délégué syndical. Si des discussions sur les horaires, la mise en place d’une ergo-rotation et la rémunération ont été engrangées avec les syndicats, ce qui inquiète FO, c’est la question de la formation.

Les nouveaux métiers

C’est Déborah Schorr, secrétaire du syndicat et représentante du site de Mulhouse qui met le doigt dessus, lors de la réunion du syndicat. « L’une des problématiques que l’on rencontre liée à l’électrification, c’est la question de la technique sur ces nouveaux métiers. » Sans cesse, la question des nouveaux métiers revient sur le tapis. Sans jamais savoir vraiment de quoi on parle. Liés à l’électrique, à l’hydrogène, des instituts comme la nouvelle antenne du Cnam à Montbéliard réfléchissent déjà à former sur ces nouveaux métiers d’ici 2 à 3 ans. « Mais 2 à 3 ans, ce sera déjà trop tard », pointe Eric Peultier. « Qui va former sur les métiers liés à l’électrification de nos usines ? Quel centre ? Quand ? Aujourd’hui, on ne sait pas encore comment faire face à la technicité demandée  ». Avant de poursuivre : « Les politiques nous font passer à l’électrique sans prendre soin de former des gens. » Une décision trop brutale, selon le syndicat, alors même que Stellantis prévoit de ne plus produire de véhicules thermiques d’ici 3 ans. 

Des constatations partagées par Frédéric Homez, le secrétaire général de FO. « J’ai participé aux deux réunions avec le président de la République sur les voitures électriques. Nous avions fait passer nos revendications sur les contraintes liées à la fin des moteurs thermiques. » Il poursuit : « Faire des voitures électriques, c’est bien. Mais il faut l’infrastructure et la formation qui va avec. Il faut faire de la recherche sur ces fameux nouveaux métiers ». Pour ne pas se retrouver au dépourvu lorsque les usines passeront à une électrification complète.

L’apprentissage est la clef, pour le syndicat. Il faut que les jeunes puissent être directement formés au sein des usines. « Il faut qu’on porte une responsabilité vis-à-vis des nouvelles générations. Des groupes comme Stellantis doivent être porteurs d’apprentissage sur les nouveaux métiers », analyse Déborah Schorr.

Une convention collective unique pour la métallurgie d'ici 2024

Frédéric Homez, lors d’une réunion dans les locaux de FO à Sochaux, en a profité pour rappeler que les syndicats travaillaient (depuis 5 ans) pour obtenir une convention collective pour les métiers de la métallurgie. Jusqu’ici, il existait 76 conventions territoriales. Les dernières négociations auront lieu fin novembre. « On s’est battu pour que tout soit regroupé et pour garder les garanties pour les salariés comme la prime d’ancienneté, mais aussi pour ne pas voir les salaires baisser. » Cette nouvelle convention, qui devrait être applicable au 1er janvier 2024, a pour but de faciliter la vie des salariés avec une convention unique, plus lisible.

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