Stellantis : l’amertume des syndicats après les négociations salariales

Les séances du 8 février sont maintenues à Sochaux, à l'usine Stellantis (Ex-PSA), malgré la pénurie de semi-conducteurs.

Malgré des résultats exceptionnels, Stellantis s’est mis les syndicats à dos. Ils sont déçus des résultats obtenus lors des négociations salariales et de la prime d’intéressement. Surtout au regard des 13,4 milliards d’euros de bénéfices.

Malgré des résultats exceptionnels, Stellantis s’est mis les syndicats à dos. Ils sont déçus des résultats obtenus lors des négociations salariales et de la prime d’intéressement. Surtout au regard des 13,4 milliards d’euros de bénéfices.

« Une chose est sûre : la direction a réussi à se mettre tous les syndicats à dos sur ce sujet », résume Éric Peultier, délégué syndical Force ouvrière à Sochaux à l’usine Stellantis de Sochaux. Les syndicats ne signeront pas l’accord salarial 2022, négocié tardivement mardi 22 février (lire notre article). Lors de ces discussions, la direction avait finalement proposé une enveloppe d’augmentations salariales de 3,2 %. Dans cette enveloppe, les ouvriers ont 2,8 % d’augmentation générale. Les techniciens, hors agents de maîtrise, ont une augmentation générale de 2 %, inférieure à l’inflation observe désespérément la CFE-CGC ; 30 % de cette catégorie n’auront pas non plus d’augmentation individuelle.

Cadres et agents de maîtrise n’avaient pas de partie « augmentation générale », tout était en « augmentation individuelle ». La CFE-CGC regrettait que 15 à 20 % de ces catégories n’auraient pas d’augmentations. La prime annoncée d’au moins 4 000 euros brut le mercredi matin, avec les résultats exceptionnels, n’a pas compensé. Force ouvrière rappelle, à titre de comparaison, que les produits de grandes consommation ont augmenté de 2,8 % en moyenne.

« Miettes »

Dans un tract, FO a dénoncé « l’avarice » de Stellantis. « Les salariés ne s’y retrouvent pas malgré tous les efforts faits au quotidien », regrette Éric Peultier. « C’est la double peine pour les salariés », poursuit Benoit Vernier, de la CFDT, après avoir évoqué de la « déception ». Le syndicat redoute « que ce manque de considération laisse des traces dans les mois qui viennent au niveau de la motivation et du climat social ».

La CFE-CGC « n’a pas trouvé satisfaction dans ses principales revendications », indique-t-elle dans un communiqué annonçant son refus de signer, après avoir consulté sa base. « Les augmentations de salaires et le partage des bénéfices doivent être la hauteur des résultats du Groupe », insiste le syndicat catégoriel. Qui « reste attachée à un partage équitable des richesses issues du travail pour que les performances sociales profitent à tous ».

Force ouvrière estime que cet accord salarial est « inéquitable » et qu’il peut surtout « compromettre gravement la réussite de l’entreprise en démotivant ses forces vives ». La semaine dernière, Jérôme Boussard, de la CGT, estimait que Stellantis lâchait « des miettes ». « C’est 1 000 euros de plus que l’année dernière alors que les bénéfices ont été multiplié par 6 », dénonçait-il. Stellantis a annoncé le 23 février des résultats exceptionnels : 152 milliards de chiffre d’affaires, en hausse de 14 %, et 13,4 milliards de bénéfice net.

Avec la publication d’un procès-verbal de désaccord, la direction reprend la main entièrement sur les négociations salariales. Théoriquement, elle peut faire ce qu’elle veut. Et même ne pas proposer d’augmentation. Pour beaucoup, l’importante communication déjà réalisée sur ces négociations limite les retours en arrière. Surtout, « socialement ce serait impossible », estime un délégué syndical. Par ce refus de signer, les syndicats matérialisent leur amertume et marquent leur territoire.

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