Manifestation des soignants à l’hôpital Nord Franche-Comté : les anti-passe en renfort

Jeudi 5 août, les syndicats de la CGT, CFDT et CNI ont manifesté sur le parvis de l’hôpital. Très peu de blouses blanches étaient présentes. Les usagers, eux, étaient là en renfort et ils étaient nombreux pour soutenir les soignants.

Ce jeudi, les syndicats de la CGT, CFDT et CNI ont manifesté sur le parvis de l’hôpital contre la vaccination obligatoire des soignants et contre le passe sanitaire. Très peu de blouses blanches étaient présentes. Les usagers de l’hôpital, les anti-passe et quelques anti-vax étaient là en renfort pour manifester avec les soignants.

13 h 10.  Ça chantonne sur le parvis de l’hôpital du Nord Franche-Comté (HNFC). Dans une ambiance bon enfant, les manifestants ont écrit des chansons pour s’opposer à la vaccination obligatoire des soignants et au passe sanitaire. En chœur, ils chantent que le gouvernement « confine la confiance » de tous. Peu de blouses blanches sont présentes. « Nombreux sont ceux à être assignés », affirme Céline Durosay, la secrétaire nationale de la coordination nationale infirmière (CNI).

« Aujourd’hui c’est vous, demain c’est nous »

Dans la manifestation, les trois quarts des personnes interrogées ne sont pas soignants. Un couple de retraités témoigne : « On est là pour soutenir les soignants. Nous, les vieux, on a encore cette culture de Mai-68. Il faut manifester pour nos idées. » Ils poursuivent : « Ce qui se passe, c’est de l’aberration. Plus encore, de la ségrégation. » Les mots sont forts. Il y avait aussi Laurine, à deux pas. Trentenaire, elle est venue soutenir les soignants : « C’est eux qui nous ont sauvé la vie. Il y a un an et demi, ils n’avaient pas de masque, pas de matériel. Même malades, on leur demandait d’aller bosser. Et maintenant, on les pointe du doigt comme s’ils étaient des vauriens. »

Les syndiqués font le tour des manifestants pour discuter. Céline, membre de la CNI, interroge les manifestants sur leur venue. Réponse de l’un d’entre eux : « Aujourd’hui c’est vous, demain c’est nous. » Un manifestant interpelle un cégétiste de l’HNFC: « On vient en renfort », argue-t-il d’un ton enjoué.

« Dans les services, il y a beaucoup de tensions entre vaccinés et non vaccinés »

Les soignants, interrogés, ont préféré rester en retrait et ne pas être photographiés. À L’oeil, les blouses blanches étaient peu nombreuses. Interrogée, Céline Durosay, l’explique par deux raisons : « Il y a déjà le fait que grand nombre d’entre eux sont assignés ou en vacances. Certains sont là avec leurs habits de tous les jours et comme on est plus de 3 700 dans l’hôpital, difficile de reconnaître tout le monde. » Elle poursuit : « Et puis, il y a aussi le fait qu’il y a beaucoup de tensions dans les services entre vaccinés et non vaccinés. Ils ne veulent pas en rajouter maintenant, même s’ils nous soutiennent. »

« Vous avez de la place ? On va venir bosser chez vous ! »

Au détour d’une conversation, deux soignantes acceptent de témoigner. Elles sont là en tenue du dimanche et manifestent contre le passe. Avec 21 ans et 16 ans d’expérience, les soignantes ont de la bouteille. L’une d’elles avoue : « On n’est pas contre le vaccin. Si certains veulent le faire, ils le peuvent. Ma mère a souhaité le faire et elle a raison. Mais pour nous, les soignants qui ne veulent pas, c’est désolant qu’on ne nous laisse pas travailler. » L’autre soignante enchaîne : « Àl’époque, on nous faisait travailler sans aucun moyen et ça ne gênait personne qu’on contamine les malades. Aujourd’hui, alors qu’on a tous les moyens possibles, les gestes barrières pour empêcher la contamination, on nous force à nous faire vacciner quand même. »

Elle continue en avouant : « Après les annonces, j’étais dépitée. Ça fait un an et demi qu’on est dans le stress, nous les soignants. Peur de contaminer notre proche, peur d’aller au travail. Et maintenant, on a le stress de s’injecter quelque chose. On ne veut pas être des cobayes sous prétexte qu’on est soignants ! » Aujourd’hui, les deux soignantes songent à changer de voie. Elles tentent d’en rire : « Vous avez de la place au Trois ? On va venir bosser chez vous ! ». Si cette note d’humour détend l’atmosphère, elles attendent les annonces gouvernementales, qui doivent tomber prochainement avec impatience.

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