Les 4 infos à retenir sur la natalité en Bourgogne Franche-Comté

L’Insee a publié son bilan démographique pour 2021 dans la région. Au-delà de la crise sanitaire, le recul de la natalité se poursuit

Les chiffres de l’Insee sont clairs : depuis 2015, la population régionale de Bourgogne-Franche-Comté diminue. Les causes s’accumulent et la crise sanitaire récente est venue conforter la baisse de la natalité déjà bien en recul en Bourgogne-Franche-Comté.

La population de Bourgogne-Franche-Comté est estimée à 2 785 400 habitants au 1er janvier 2022. Elle est en baisse régulière d’environ 0,24 % par an, après avoir atteint un pic de 2 820 900 habitants en 2015. Les données présentées par l’Insee sont de 2 800 000 pour 2020 et de 2 791 800 pour 2021. Les vagues de Covid ne sont pas les seules en cause. Elles viennent s’ajouter au vieillissement de la population, au déficit de la natalité et au solde migratoire nul. Pour rappel, le solde migratoire correspond à la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties sur le territoire au cours de l’année.

1. Une natalité en recul

L’année 2015 a entraîné une bascule entre un solde naturel positif (plus de naissances que de décès) et négatif (plus de décès que de naissances). La région compte en moyenne 5 100 habitants de moins, soit 0,2 % par an depuis 7 ans.

En 2021, on a recensé 31 600 décès contre 25 390 naissances domiciliées dans la région. Le solde naturel a ainsi été porté à – 6 210. Une des explications fournies par l’Insee est la chute de la natalité neuf mois après le 1er confinement. En effet, « le contexte de crise sanitaire et de fortes incertitudes économiques a pu décourager les couples de procréer pendant cette période et les inciter à reporter ou annuler leurs projets de parentalité ». Sans oublier les craintes de complications médicales et un accès aux soins limité. La natalité est reparti à la hausse à partir de mars 2021, mais pas suffisamment pour compenser la baisse des mois précédents. En 2021, 270 bébés de moins sont nés par rapport à l’année précédente, soit – 1,1 %. Au national, ce sont principalement les régions du nord-est qui sont le plus touchées, ainsi que la Corse.

2. Des naissances plus rares et plus tardives

La natalité dépend de la fécondité des femmes en âge d’avoir des enfants entre 15 et 49 ans. De 2011 à 2021, cette population a diminué de 8 % dans la région, contre « seulement » 2,5 % au niveau national.

En Bourgogne-Franche-Comté, entre 1991 et 2021, l’âge des mères a augmenté de plus de cinq ans en moyenne (d’environ 26 ans à environ 31 ans). Les raisons sont variées : carrières plus tardives après des études plus longues, recherches d’emplois plus difficiles, etc. En 2021, plus de 57 % des mères ont plus de 30 ans, contre 47 % en 2001. Soit une hausse de 10 points en 20 ans.

Entre 2011 et 2021, le nombre moyen d’enfants par femme a baissé de 1,97 à 1,75 dans la région. Dans le reste de la France métropolitaine, il a diminué à taux égal, de 2 à 1,8, mais reste tout de même plus important.

À savoir

Entre 2009 et 2019, l’Insee a utilisé des données issues des enquêtes de recensement, qui sont actualisées tous les ans et publiées à la fin décembre de l’année N+2 (sauf exceptions).

Les chiffres publiés depuis 2020 sont issus d’estimations croisées sur la population de 2019 et sur les soldes naturels réels et migratoires estimés.

3. Un vieillissement de la population

La crise sanitaire a logiquement entraîné des répercussions importantes sur le nombre de décès en 2020 et 2021. Par rapport à 2019, il a augmenté de 11,5 % en 2020 (+3 470 morts) et de 4,7 % en 2021 (+1 410 morts). Il est à noter que l’Insee évalue l’impact du Covid en se basant sur la tendance de la période récente : hausse de nombre de décès du fait du vieillissement de la population, tempéré par un gain d’espérance de vie dû aux progrès médicaux et à l’amélioration des conditions de vie. Les hypothèses prévoyaient 30 400 décès pour 2020 et 30 500 pour 2021. Dans les faits, ce sont 33 700 Bourguignons-Franc-Comtois décédés pour 2020 et 31 600 pour 2021. Attention, prévient l’Insee, le nombre de morts imputés directement à l’épidémie est donc une estimation puisqu’il est impossible de connaître les raisons exactes des décès, qui peuvent être multifactorielles.

Avec le vieillissement de la population régionale, le taux de mortalité devrait continuer de croître les prochaines années. En 2021, la part de personnes de plus de 65 ans était de 23,9 % (contre 20,9 % en France métropolitaine). L’espérance de vie actuelle est de 79,2 ans pour les hommes et de 85,5 ans pour les femmes. De plus, l’institut a constaté que la population en âge de travailler était en baisse au niveau national. Les raisons sont diverses : départs en retraite des baby-boomers, diminution de la natalité, voire choix des femmes de ne pas avoir d’enfant, etc. Ces évolutions pourront avoir un effet important sur la main-d’œuvre de certains métiers en tension des services à la personne et de la santé.

4. Seul le Doubs gagnerait des habitants entre 2019 et 2022

Le Doubs est le seul département de la région où le solde naturel (différence entre naissances et décès) est positif en 2021. En effet, le département affiche une estimation de la population au 1er janvier 2022 de +710. Le Territoire de Belfort s’en sort plutôt bien avec un solde naturel de « seulement » – 120 et la Haute-Saône de -750. Toutefois, le Territoire de Belfort perd des habitants depuis 3 ans (-0,9 % en moyenne annuelle). Les départements de Bourgogne sont tous en solde négatif, avec notamment la Saône-et-Loire à -2 010 et la Nièvre avec – 1 680. Au total, la Bourgogne-Franche-Comté affiche un déficit de 6 210.

La proximité du Doubs avec la Suisse et son pôle étudiant contribue à en faire un département dynamique de l’Est du pays. Selon les prévisions, il deviendrait le territoire le plus peuplé de la région, devant la Saône-et-Loire.

  • Toutes les sources de cet article et les précisions sont disponibles sur le site de l’INSEE, à la rubrique « statistiques ».
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