Salaires, trajets, apports à l’économie locale : les frontaliers sous la loupe

La frontière reste ouverte pour les travailleurs frontaliers

Déplacements, logement, train de vie… L’antenne régionale de l’INSEE consacre une étude à ces 35000 Francs-Comtois qui, chaque jour, traverssent la frontière pour aller travailler su Suisse.

Chaque jour, plus de 35 000 Francs-Comtois franchissent la frontière pour aller travailler en Suisse. 28 300 d’entre eux sont des Francs-Comtois installés dans la bande frontalière. Déplacements, logement, train de vie… L’antenne régionale de l’Insee leur consacre une étude.

Ils ne représentent que 3,5% de la population active de Bourgogne-Franche-Comté, mais 44% des habitants de la « bande frontalière », un ensemble de communautés de communes comtoises qui regroupe 171000 habitants entre le Haut-Jura et le sud du Territoire de Belfort.

Chaque jour, ils traversent la frontière pour travailler en Suisse. La majorité d’entre eux constitue la main d’œuvre de l’industrie horlogère suisse. « Les 28 300 travailleurs frontaliers de la bande frontalière se rendent principalement dans trois communes suisses proches de la frontière : la Chaux-de- Fonds et Le Locle dans le canton de Neuchâtel ainsi que Le Chenit dans le canton de Vaud », observent Christine Charton et Hélène Ville, qui signent la récente étude de l’INSEE Bourgogne-Franche-Comté. « Dans ces communes très industrielles sont localisés de nombreux établissements du secteur de l’horlogerie relevant d’entreprises appartenant à des groupes multinationaux comme Tissot, Cartier, Rolex ou Swatch. De fait, près de la moitié des frontaliers, principalement des ouvriers qualifiés, travaillent dans l’horlogerie où ils bénéficient de salaires plus élevés que ceux auxquels ils pourraient prétendre en France. »

Des salaires 1,7 fois plus élevés

Car la rémunération est bien le principal moteur de ces Francs-Comtois qui s’expatrient chaque jour. « Les salaires suisses, très élevés, assurent aux ménages frontaliers des revenus disponibles (après redistribution) très supérieurs à ceux des autres ménages de la région » poursuivent les analystes de l’INSEE. « Ainsi le revenu médian annuel par unité de consommation des ménages frontaliers s’élève à 36 500 euros (soit 3 000 euros mensuels) contre 20 600 euros pour l’ensemble des ménages de la région (1 700 euros mensuels). Pour un couple avec deux enfants, cela correspond à 6 300 euros par mois dans le cas d’une famille frontalière contre 3 500 euros pour une famille dans l’ensemble de la région. »

Un écart de rémunération qui a un prix, en matière de déplacement surtout. Un travailleur frontalier effectue chaque jour 79 km aller-retour, contre seulement 45 km en moyenne. Un inconvénient de la vie de frontalier plus pénible encore si l’on prend en compte les temps de trajets : les embouteillages au passage de la frontière sont légendaires dans la région.

 

De même, les horaires de travail sont souvent plus importants en Suisse qu’en France, la protection sociale et le droit du travail sensiblement moins protecteurs.L’aisance financière des frontaliers bénéficie à la région où ils vivent : « L’économie de la bande frontalière est aussi très impactée par la proximité de la Suisse. Les emplois dans le commerce et les services s’y développent, stimulés par la hausse du nombre d’habitants, le pouvoir d’achat des frontaliers et la clientèle suisse », poursuit l’Insee. Ainsi, la bande frontalière fait partie des territoires de Bourgogne-Franche-Comté où le niveau de vie est le plus élevé. 7,4% de la population y vit sous le seuil de pauvreté, contre 13% dans l’ensemble de la région. Et le gisement d’emploi situé en Suisse est pour beaucoup dans l’attractivité de la zone : entre 2014 et 2018, 6500 personnes sont venues s’installer dans une commune de la bande frontalière.

171000 francs-comtois résident dans la bande frontalière. 44% des actifs travaillent en Suisse.
171000 francs-comtois résident dans la bande frontalière. 44% des actifs travaillent en Suisse.

Les mêmes logements

« Frontalier n’est pas un statut à vie », observent les auteures de l’étude. « Cette dualité [entre frontalier et non-frontalier] n’a pas vraiment de sens au niveau des ménages composés, selon les cas, d’aucun, d’un ou de plusieurs frontaliers ». Frontaliers et non frontaliers partagent d’ailleurs des logements assez similaires. « Les uns comme les autres sont propriétaires de leur logement (70 % des frontaliers et 68 % des non frontaliers), résident souvent en maisons individuelles (65 %) et dans des logements de plus de 100 m2 (53 % et 52 %). Ces indicateurs témoignent surtout du caractère rural de la bande frontalière. »

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