Qui a tué la poubelle ? une exposition dont vous êtes le héros

L’association Revis présente, jusqu’à Noël, l’exposition Qui a tué la poubelle ? à la Damassine, à Vandoncourt. Une exposition qui présente la démarche zéro déchets.

L’association Revis présente, jusqu’à Noël, l’exposition Qui a tué la poubelle ? à la Damassine, à Vandoncourt. Une exposition qui présente la démarche zéro déchets. De manière ludique. Reportage.

Trier ses déchets, c’est bien. Mais ne pas en produire, c’est mieux ! C’est la réflexion qu’invite à mener l’association Revis, dans son exposition Qui a tué la poubelle ? visible à la Damassine, à Vandoncourt. Pas de grand discours. Pas de morale. L’exposition se veut ludique et familiale. Elle doit interpeller, à l’image du titre de l’exposition. Le cheminement est une enquête, où l’on circule entre les pièces de la maison. Du bureau à la salle de bain, en passant par la chambre, la cuisine ou encore le salon. De la toilette du matin à Noël dans le salon, on divague dans les moments de la vie propices au gaspillage.

« Avant de se lancer, cela permet de se rassurer »

Dans chaque pièce, le visiteur pourra comparer les scènes. Avant et après le crime pour savoir pourquoi la poubelle a disparu. Quels indices nous mettront sur la piste de cette disparition ? Petits et grands suivront à la loupe un petit ours, chargé de mener les investigations. « Nous avons voulu rendre la démarche 0 déchet ludique et accessible, explique Manon Silvant, la conceptrice de cette exposition. On peut se sentir concerné et chacun peut s’approprier quelque chose. » Dans les pièces, des silhouettes seront installées. Les gens pourront se prendre en photo et les partager sur les réseaux. L’objectif, « les marquer », remarque Manon Silvant. Sur les parois de chaque pièce, en carton, on retrouve tout un tas d’informations, des jeux, des blagues ou des citations. Ici, c’est un tableau qui évoque les différents niveaux de l’obsolescence programmée. Là, c’est une citation de Leonardo Ordoñez Diaz, un philosophe colombien : « Les lingettes sont devenues le « symbole d’une conscience anti-écologique » étant donné l’impact qu’elles exercent sur l’environnement et le gaspillage qui découle de leur usage. » Plus loin, c’est une pastille humoristique mettant en scène le père Noël et une célèbre boisson pétillante rouge.

L’exposition n’oublie pas non plus de distiller des conseils. « Avant de se lancer, cela permet de se rassurer », confie Manon Silvant. L’enjeu, est surtout de montrer que le 0 déchet ne coûte pas plus cher. Au contraire. « Nous voulons montrer qu’il y a moins d’objets, donc que c’est moins cher », détaille Manon, très engagée dans la protection de l’environnement. Avec son association, elle a créé à Liebvillers une recyclerie, ils ont alerté et recensé les décharges sauvages. Une exposition a même été façonnée à partir des objets récupérés afin de sensibiliser à ce fléau. L’exposition Qui a tué la poubelle est une continuité de ce projet initial. « Cela m’avait plu de faire ce projet collaboratif. » Elle a donc remis le couvert. Une quarantaine de personnes a mis la main à la pâte pour réaliser cette exposition.

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Les meubles de chaque pièce ont été fait en carton, par les membres de l’association. Les doigts de fée belfortains de Mine de rien, la recup’ c’est de l’art ont donné un coup de main, en faisant des objets de décoration en matériaux de récupération, pour agrémenter les pièces de l’exposition. « Ces meubles en carton, c’est très pratique à porter, ce qui n’est pas négligeable quand on déplace et installe l’exposition », sourit Manon Silvant, qui aimerait qu’elle se déplace dans le nord Franche-Comté ou ailleurs, pour sensibiliser à cette démarche. La précédente a déjà tourné dans six lieux. Et une partie a déjà été installée dans les locaux de leur partenaire la Maïf, à Belfort.

Avec humour et subtilité, l’exposition questionne et invite à se saisir de ce problème de société. Alors, qui a tué la poubelle ? Baptiste Monsaigeon, dans Homo detritus, a sa petite idée sur l’origine des déchets… « Si les déchets sont partout, s’ils constituent aujourd’hui des preuves irréfutables de l’impact des hommes sur l’équilibre des écosystèmes terrestres, ils demeurent le plus souvent invisibles à ceux qui les ont générés. (…) C’est comme si nous préférions rester aveugles à ces ombres incommodantes de la civilisation. » On commence par quelle pièce ?

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