PMA : l’élection de Charles Demouge n’apaise pas l’agglomération

Charles Demouge (LR) a été réélu président de Pays de Montbéliard Agglomération. L'ambiance n'est pas sereine.

Plus de 9 heures de votes. De tractations. Et de rebondissement. L’élection du président et des vice-présidents de Pays de Montbéliard Agglomération, organisée ce samedi 11 juillet à l’Axone, a été riche de péripéties. Si Charles Demouge a été élu, avec le soutien des voix de Marie-Noëlle Biguinet et celles, non officielles, de Martial Bourquin, Nicolas Pacquot a voulu montrer qu’il fallait compter sur lui. Martial Bourquin, malgré son 3e score au 1er tour, place cinq proches dans l’exécutif. Montbéliard n’a que deux élus. Il en ressort une agglomération loin d’être sereine.

Plus de 9 heures de votes. De tractations. Et de rebondissements. L’élection du président et des vice-présidents de Pays de Montbéliard Agglomération, organisée ce samedi 11 juillet à l’Axone, a été riche en péripéties. Si Charles Demouge a été réélu, avec le soutien des voix de Marie-Noëlle Biguinet et celles, non officielles, de Martial Bourquin, Nicolas Pacquot a voulu montrer qu’il fallait compter sur lui. Martial Bourquin, malgré son 3e score au 1er tour, place cinq proches dans l’exécutif. Montbéliard n’a que deux élus. Il en ressort une agglomération loin d’être sereine. – mis à jour le 12 juillet à 11h01.

Rassemblement. Apaisement. Ouverture. Échanges. Ces mots ont été prononcés par les trois candidats à la présidence de Pays de Montbéliard Agglomération, ce samedi matin, avant de procéder à l’élection du président de Pays de Montbéliard Agglomération. Mais après la réélection de Charles Demouge (LR) à la mi-journée, qui n’a même pas été saluée par des applaudissements, le ton semble tout autre. En début d’après-midi, Nicolas Pacquot, en ballottage face à Charles Demouge au second tour après le retrait du socialiste et maire d’Audincourt Martial Bourquin, est amer.

Nicolas Pacquot résiste

Aucune vice-présidence n’est proposée au groupe qu’il représente, alors qu’il pèse 34,8 % de l’assemblée à l’issue du scrutin matinal ; il a recueilli 39 voix lors des deux tours, sur 112 conseillers. Une attitude qui va à l’encontre des « promesses de campagne », reproche Nicolas Pacquot. Qu’à cela ne tienne ! Il ne baisse pas les armes. Il résiste. Il prouve qu’il existe. La première vice-présidence est proposée à Marie-Noëlle Biguinet, maire de Montbéliard. La deuxième à Damien Charlet, 2e adjoint à Audincourt. Cette répartition reconnaissant le poids des deux principales villes de l’agglomération, était dans les promesses de campagne de Nicolas Pacquot. Il ne dégaine pas.

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La place de la ruralité est limitée dans le nouvel exécutif de Pays de Montbéliard Agglomération. On ne compte que les maires d’Étouvans, Nicolas Pacquot, de Longevelle-sur-Doubs, Pierre-Aimé Girardot, et de Bourguignon, Jean-Louis Noris parmi les vice-présidents du nouvel exécutif venant des 43 communes intégrées en 2017.

Par contre, dès la 3e vice-présidence, le maire d’Étouvans se présente contre Philippe Gautier, maire de Valentigney, proposé par Charles Demouge. Rebondissement : il est élu avec 54 voix, contre 47 pour le maire de Valentigney ! Philippe Gautier accuse le coup. Une péripétie qui provoque une nouvelle suspension de séance. Ensuite, Nicolas Pacquot propose systématiquement un candidat face aux propositions formulées par Charles Demouge.

Coup pour coup

Lors de l’élection à la 7e vice-présidence, Alexandre Gauthier, élu à Montbéliard, est proposé par le nouveau président ; il l’emporte d’un cheveu contre Philippe Claudel, maire d’Étupes, et soutien affiché de Nicolas Pacquot. Pour la 8e présidence, Charles Demouge a proposé Valère Nedey, élu à Valentigney. Nicolas Pacquot a sorti une carte osée : Nadine Mercier, également élue à Valentigney, dans la même majorité que Valère Nedey et Philippe Gautier ! Égalité après le 1er tour. Nadine Mercier est finalement élue au second tour avec 55 voix, contre 53 pour Valère Nedey. Nicolas Pacquot prend l’avantage psychologique.

Pour le 10e round, le duel oppose Martine Voidey, maire de Voujeaucourt et soutien de la première heure de Nicolas Pacquot, à Magali Duvernois, nouvelle maire socialiste d’Exincourt et fidèle parmi les fidèles de Martial Bourquin. Victoire nette pour Magali Duvernois, avec 71 voix contre 40 pour Martine Voidey. On se rend coup pour coup. Dans le duel suivant, Didier Klein, maire de Taillecourt, proposé par Charles Demouge, l’emporte confortablement contre Samuel Gomes. Ensuite, Charles Demouge déroule tranquillement ses propositions. Notamment les candidatures proches de Martial Bourquin.  

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Le pourcentage de femmes dans l’assemblée communautaire. Elles sont 33 % parmi les vice-présidents.

25 % des voix, 33 % des vice-présidents

Les candidatures à la vice-présidence proposées par Charles Demouge que sont les socialistes Damien Charlet (Audincourt), Magali Duvernois (Exincourt), Renaud Fouché (Audincourt), Henri-Francis Dufour (Vieux-Charmont) et Sophie Radreau (Bavans) suggèrent une union entre Charles Demouge et Martial Bourquin. Une idée présente sur de nombreuses lèvres. Entre le premier et le second tour, Nicolas Pacquot enregistre le même nombre de voix : 39. Charles Demouge glane 23 voix supplémentaires entre les deux tours, sachant que Martial Bourquin avait recueilli 28 suffrages au premier tour. Il y a eu 5 votes blancs ou nuls. Consigne de vote ? On jure que non dans les rangs de Martial Bourquin, qui avait laissé le « choix libre » à ses soutiens dans son discours où il annonçait son retrait. C’est la version officielle. Charles Demouge a été moins sibyllin. Questionné sur l’existence d’un axe Demouge-Bourquin, il a répondu « pourquoi pas », avec un large sourire. Il a surtout très rapidement salué le discours de son homologue d’Audincourt, soulignant qu’il était « complémentaire » du sien. Il a aussi noté une « victoire de la démocratie » ; certains parleront de cynisme. Pour autant, Martial Bourquin a particulièrement bien négocié : cinq de ses proches sont vice-présidents, soit un tiers des élus, alors qu’il avait recueilli 25 % des suffrages au premier tour ce samedi matin. Marie-Noëlle Biguinet, qui s’est retirée au profit de Charles Demouge, ce vendredi, n’a que deux vice-présidences, celle d’Alexandre Gauthier et la sienne. Nicolas Pacquot a réussi à placer deux candidats, alors qu’aucune vice-présidence ne lui était accordée au départ. Les deux élus de Valentigney envisagés initialement – Philippe Gautier et Valère Nedey – ont été éliminés. Le 16 juillet, les délégations devront être rediscutées.

Dans ce contexte, il n’est pas sûr que le discours de Charles Demouge, réélu, soit audible. « L’heure est venue de travailler ensemble », a-t-il insisté, après son élection. Il a rappelé sa volonté de créer un « conseil des maires », qui doit être « un lieu d’échanges, de réflexions et de propositions ». Un lieu pour que les 72 maires reprennent leur place dans cette intercommunalité, née en 2017. « Après le verdict, nous devrons travailler tous ensemble », affirmait également en début de journée Martial Bourquin. Le déroulé des différents scrutins révèlent pourtant plus de tension que de cohésion. « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », a-t-il aussi déclaré, citant l’écrivain René Char. Espérons pour l’agglomération que les difficultés de gouvernance rencontrées ces derniers mois ne soient pas léguées aux six prochaines années. Les élections d’aujourd’hui lancent pourtant la mandature sur cette pente. Cette fois-ci, Nicolas Pacquot semble bien représenté un groupe politique de 39 élus. Une opposition ? Les prochaines échéances donneront quelques indications.
Les tractations ont été nombreuses ce samedi 11 juillet, ici avec Nicolas Pacquot (©Le Trois – Thibault Quartier).

Dans ce contexte, il n’est pas sûr que le discours de Charles Demouge, réélu, soit audible. « L’heure est venue de travailler ensemble », a-t-il insisté, après son élection. Il a rappelé sa volonté de créer un « conseil des maires », qui doit être « un lieu d’échanges, de réflexions et de propositions ». Un lieu pour que les 72 maires reprennent leur place dans cette intercommunalité, née en 2017. « Après le verdict, nous devrons travailler tous ensemble », affirmait également en début de journée Martial Bourquin.

Le déroulé des différents scrutins révèlent pourtant plus de tension que de cohésion. « Notre héritage n’est précédé d’aucun testament », a aussi déclaré le maire d’Audincourt, citant l’écrivain René Char. Espérons pour l’agglomération que les difficultés de gouvernance rencontrées ces derniers mois ne soient pas léguées aux six prochaines années. Les élections d’aujourd’hui lancent pourtant la mandature sur cette pente. Cette fois-ci, Nicolas Pacquot semble bien représenter un groupe politique de 39 élus. Une opposition ? Les prochaines échéances donneront quelques indications.

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