Pendant 48 heures, des étudiants de l’UTBM innovent pour le handicap

Pour la 3e fois, l’université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) s’est mobilisé ce week-end lors du Crunch maker camp, un évènement dédié à l’innovation. Le thème retenu était l’usage responsable de la technologie au service des personnes en situation de handicap. Une petite centaine de personnes répartis dans dix équipes se sont creusés les méninges pour proposer une innovation. Reportage.

Éva Chibane

Pour la 3e fois, l’université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) s’est mobilisé ce week-end lors du Crunch maker camp, un évènement dédié à l’innovation. Le thème retenu était l’usage responsable de la technologie au service des personnes en situation de handicap. Une petite centaine de personnes répartis dans dix équipes se sont creusés les méninges pour proposer une innovation. Reportage.

Dimanche 6 juin, 13 h 30. Il fallait venir tôt si l’on voulait être à l’heure pour les pitchs de présentation des projets, programmés à 14 h. Premier sas pour se faire tester par l’équipe bénévole présente à l’entrée. Un test, un petit quart d’heure d’attente, et c’était partis pour profiter du Crunch Maker Camp…. sans masque ! Revoir le bas des visages, ça faisait bien longtemps que ce n’était pas arrivé. « Ensemble et sans masque, ça fait un bien fou ! » s’exclame Francois Jouffroy, directeur de la communication de l’université de technologie Belfort-Montbéliard (UTBM).

Deuxième sas, l’entrée pour avoir son badge de la journée. Un groupe d’étudiants a été chargé de la tâche, et ils le font bien. Souriants, enjoués, l’évènement respire la joie de vivre dès l’entrée. Lorsqu’on pénètre dans le Crunch Lab, tiers lieu dédié à l’innovation, l’odeur de café imbibe la salle, encore très silencieuse avant l’heure des pitchs. Ce dimanche, le jury va délibérer et récompensées les innovations imaginées tout le week-end. À l’extérieur, certains étudiants fument en se donnant des conseils : ne pas parler trop vite, faire des pauses. Le stress est palpable quelques minutes avant le début de l’après-midi. Les chaises sont nominatives. Peu à peu, la salle se remplit dans les rires et les applaudissements lors des présentations de toutes les équipes.

3 min… top chrono !

Après deux jours dans le Crunch Lab à monter un prototype de leur projet, les dix équipes en lisse ont du présenté leur innovation, en trois minutes chrono. Un vrai défi. Un chronomètre sur un écran plat est là pour rappeler le timing et le tic-tac de fin fait accélérer les participants dans leur discours. Au fond de la salle, les jeunes débattent : « Qui va gagner le premier prix ? » Les paris vont bon train. Toutes les innovations présentées par les équipes répondent à un enjeu : rendre le quotidien des personnes en situation de handicap et des soignants plus facile.

Les équipes, qui ont travaillé ardemment tout le week-end, s’enchaînent. 14 h 26, la première équipe passe, après quelques ajustements de micros. Le jury pose ces questions après les trois minutes. Les groupes répondent avec assurance, dans une atmosphère chaleureuse. Certains groupes mettent en place des mises en situations, pour montrer en quoi leur projet est important. 16 h 30, les pitchs sont terminés. Rendez-vous au pot, mais aussi du côté droit de la salle. Les différents projets sont exposés dans un même espace et les participants s’amusent à essayer certains prototypes. Le simulateur de caresses et les lunettes synesthésiques ont rencontré un franc succès. Sensations garanties. Toutes ces créations, c’est « de la technologie, pour le bonheur », déclare l’une des participantes. Quand la poésie se connecte à la tech !

Des projets innovants, mais pas seulement

Si trois équipes ont mis au point des fauteuils roulants, chaque groupe, à sa façon, à miser sur la praticité. Le groupe Unimotion a façonné un fauteuil hybride électrique. Le défi était de le rendre léger, contrairement à certains fauteuils électriques, et facilement pliable. Tout ça, à bas coût. Un autre groupe avait tablé sur un fauteuil à franchissement d’obstacles : « On ne peut pas adapter la ville aux fauteuils, alors adaptons le fauteuil à la ville », déclare le groupe Osiris. Grâce à une mise en scène très applaudie, ils ont su montrer la nécessité de réinventer le fauteuil tel qu’on le connaît. Le dernier fauteuil présenté, du groupe Wheelshare, a pour but de réinventer le fauteuil roulant en un fauteuil à trois roues, de loisirs, en utilisant des éléments existants sur des vélos, trottinettes, pour permettre, ici aussi, de réduire les coûts. « On a même réutilisé une roue de vélo enfant pour la roue à l’avant ! » insiste l’un des initiateurs.

Trois innovations ont été pensées pour les soignants, afin de mieux accompagner les malades. L’une des équipes a créé un prototype de robot, capable de servir des repas chauds dans les étages d’un établissement d’accueil pour personnes âgées dépendantes. Une autre, aidée par l’association des Paralysés de France, a créé un porte-personne pour accompagner la manipulation des personnes en situation de handicap, de manière à la fois sécuritaire et confortable. Et pour finir, une équipe a conçu un simulateur de poumon. Dans le contexte de la crise sanitaire, cet outil a été pensé pour la formation des soignants dans la gestion de la ventilation des patients en réanimation.

Les prix

Sur le podium :

1er : Simulateur de poumons : 3 500 euros

2e : Portes personnes pour personnes à mobilité réduite : 2500 euros chacun

3e égalité : fauteuil roulant wheelshare, de loisirs à trois roues, et fauteuil Osiris, pour franchir les obstacles :  2 000 euros

Deux prix coup de cœur :

La prothèse de main, et le « sensory cocoon » : 1 000 euros chacun

[ En images ]

Photos prises par Éva Chibane

Un groupe a proposé une main à bas prix, imprimée en 3D, pour faciliter la vie des personnes qui ont une malformation, en se concentrant sur la position des doigts. Le groupe a pour but de devenir une association qui accompagnerait sur le long terme les malades, pour que la prothèse puisse être réadaptée à chaque âge. Au-delà de l’innovation, on cherche un accompagnement à long terme, salué par le jury.

Pour finir, les projets sensoriels : Des lunettes qui produisent des ondes et un visuel pour les personnes malentendantes et malvoyantes et un cocon pour recréer les liens sensoriels aves les proches lorsque l’on souffre d’éloignements avec ces proches, pour envoyer des caresses, des bisous, des poignées de main. Le but : « Rapprocher avec les sens, matérialiser la pensée, parce que la privation sensorielle est une torture », dixit l’une du membre du groupe.

Des projets innovants, oui, mais surtout pensé pour le bien-être des malades et des soignants. Standing ovation pour tous les projets, qui sont applaudis avec entrain Des projets qui ont su charmer le jury, puisque chaque groupe qui n’était pas sur le podium a remporté au minimum 300 euros, plus une ribambelle de cadeaux.

Ceci vous intéressera aussi
L’ancien patron de la co-entreprise nucléaire GE-Alstom rejoint Neext Engineering

La start-up belfortaine Neext Engineering, qui se lance dans le développement des petits réacteurs modulaires nucléaires, est officiellement créée (lire Lire l’article

Belfort : le groupe Elior ferme le restaurant La Découverte au Techn’Hom

Le restaurant inter-entreprises La Découverte, au Techn’Hom, va fermer ses porter le 20 octobre, sur décision de son gestionnaire Elior. Lire l’article

Une start-up belfortaine se lance dans les petits réacteurs nucléaires

Le Britannique Rolls Royce se positionne sur la technologie SMR. | ©Rolls Royce Neext Engineering est une start-up d’ingénierie de Lire l’article

Florian Chauche : « La politique du gouvernement n’est pas ambitieuse »

Le député La France Insoumise de la 2nd circonscription du Territoire de Belfort, Florian Chauche, fait le point sur les Lire l’article

Défilement vers le haut Aller au contenu principal