Pays de Montbéliard Agglomération s’est saisi du dossier General Electric

Les élus communautaires de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) ont approuvé, ce jeudi 6 juin, une motion de soutien aux salariés de General Electric. 

Les élus communautaires de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) ont approuvé, ce jeudi 6 juin, une motion de soutien aux salariés de General Electric. Au-delà de l’acte symbolique, l’assemblée s’est saisie de ce dossier, illustrant autant les limites rencontrées par l’idée métropolitaine que les espoirs qu’elle peut faire naître.

Tout un symbole. Autour de Bruno Le Maire, lundi 3 juin, dans les locaux de General Electric, on ne trouve que les quatre parlementaires belfortains, le maire de Belfort, le président du Département ainsi que la présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Aucun élu du Pays de Montbéliard Agglomération. D’accord. Mais, pas même le président du Pôle métropolitain Nord-Franche-Comté, Charles Demouge. « Montbéliard, Belfort, Delle et Héricourt, quand on est à Paris, cela n’existe pas », appuie Denis Sommer, conseiller communautaire et député La République en Marche (LREM). Charles Demouge n’a donc tout simplement pas été invité… « Notre responsabilité collective, c’est donc de faire vivre ce Pôle métropolitain, a insisté le député. C’est ensemble que nous gagnerons. » En filigrane, il glisse que si le pays de Montbéliard espère rayonner, c’est en s’associant avec le pays d’Héricourt et le Territoire de Belfort. Et non pas en se regardant en « chiens de faïence ».

« Quel poids du Pôle métropolitain ? »

« Il faut que l’on montre que nous sommes un territoire de 300 000 habitants », l’avait précédé Damien Charlet, vice-président et élu d’Audincourt. « Comment peut-on être proactifs sur ces sujets ? Quels sont les poids de PMA et du Pôle métropolitain », se questionne alors Nicolas Pacquot, maire d’Étouvans, avant de regretter : « On a du mal à avoir une vue d’ensemble, une feuille de route sur ces questions industrielles. » Si tous les élus appellent de leurs vœux un État-stratège, ils sont amers de voter des motions : « Souvent, quand on vote une motion, c’est qu’il est trop tard. » Denis Sommer a voulu notifier des nouvelles positives dans ce paysage industriel délicat, marqué par Ford à Blanquefort (Gironde) ou Ascoval à Sainte-Saulve (Nord). Ces notes ? un solde positif des emplois industriels, une première depuis des décennies ; et la France classée deuxième des pays d’accueil des investissements directs à l’étranger (IDE) en Europe. « Et ce sont des investissements capacitaires », a noté le député LREM.

Une motion (presque) similaire

La motion présentée à Pays de Montbéliard Agglomération reprend en grande partie celle approuvée par le Grand Belfort. Le document retire la liste des signataires de l’appel à manifester et replace une mention sur le pays de Montbéliard. « Ces décisions impacteraient également fortement le pays de Motnbéliard, qui accueille certains sous-traitants de GE », peut-on y lire notamment. Les élus du conseil communautaire ont aussi demandé d’amender une partie du document. Dans la liste des sollicitations adressées à General Electric et à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, il a été réclamé d’ajouter l’université de Franche-Comté (UFC) à la requête visant la création de postes d’enseignants-chercheurs, où l’on ne mentionnait que l’UTBM comme établissement d’accueil. Et Julien Bourgeois, élu de Voujeaucourt et professeur à l’UFC, de rappeler que dans la région, 70 % des chercheurs du secteur énergie sont à l’UFC et 30 % à l’UTBM.

En mémoire de Valentigney

« C’est important de montrer à General Electric notre désapprobation et être aux côtés [des Belfortains] pour le maintien d’une activité industrielle autour de l’énergie à Belfort », a relevé de son côté le vice-président Didier Klein, maire de Taillecourt. Il est à l’initiative de cette motion, avec Charles Demouge. La motion, comme au Grand Belfort, appelle à se mobiliser le 22 juin, à 14 h, pour la manifestation citoyenne qui partira de la maison du Peuple, à Belfort. De nombreux élus ont marqué leur intérêt d’y participer. Comme l’ont fait des Belfortains, le 10 mars 2018, avec l’opération ville morte de Valentigney, pour soutenir les salariés de Peugeot Japy. La motion a été adoptée à l’unanimité.