Parco : un vélo électrique et léger créé à Belfort par un étudiant de l’UTBM

Avec son vélo à assistance électrique léger et simple d'utilisation, Jean Mougenot a vu juste. D'ici décembre, 500 d'entre eux seront vendus en pré-série. Une pré-série qui sera suivie de près pendant six mois, avant une commercialisation plus importante. Son vélo, nommé Parco, a trois mots d'ordre : assistance, simplicité, légèreté.
Jean Mougenot dévoile le tout dernier cadre créé pour son vélo à assistance électrique. | ©Le Trois - EC
Avec son vélo à assistance électrique léger et simple d'utilisation, Jean Mougenot a vu juste. D'ici décembre, 500 d'entre eux seront vendus en pré-série. Une pré-série qui sera suivie de près pendant six mois, avant une commercialisation plus importante. Son vélo, nommé Parco, a trois mots d'ordre : assistance, simplicité, légèreté.

Il n’a que 24 ans. Et a monté un concept qui a permis de remplir un carnet de précommandes en très peu de temps. Jean Mougenot nous accueille dans son fief, au Crunch Lab à Belfort, le 21 octobre dernier. C’est là qu’il a mené le plus gros de son projet depuis 2020. Ancien étudiant à l’université de technologie de Belfort-Montbéliard, il a développé un vélo à assistance électrique de 14 kilos seulement. 

« Il y a quelques années, je travaillais à PSA à Paris. Avec mon vélo, je faisais au moins 100 kilomètres par semaine », raconte Jean Mougenot pour contextualiser la naissance du projet. Louer un vélo électrique ? « Ça ne m’intéressait pas. Les vélos électriques classiques sont assez lourds et on perd tous les ressentis que l’on aime bien lorsqu’on roule.» Ce qu’il recherche pour ses déplacements à Paris : un vélo léger, qui permet d’avoir une petite assistance dans les montées ou les démarrages, sans être « un veau », plaisante-t-il.

En 2019, il se lance dans des recherches. Si un vélo électrique léger n’existe pas, il compte bien le créer. Problème : il n’y connaît rien du tout. Il est déçu dans ces recherches, se rend compte que peu de choses se font en France. « Pour le cadre par exemple, je ne trouvais aucune production en France.» Même démarche, si ça n’existe pas, il le créera. Il se met à dessiner des cadres. Il se documente sur l’histoire du vélo pour chercher les différentes techniques qui se pratiquent : il découvre qu’il en existe en fait plusieurs types. Les cadres brasés, les cadres soudés et les cadres collés, grâce à une fonte du métal. 

Les deux premières techniques paraissent peu adaptées. La soudure demande à la fois beaucoup de savoir-faire et il y a peu d’usines en France qui s’en occupent. Mais aussi, elle rend le cadre très lourd. C’est le hic : le jeune ingénieur cherche à trouver la bonne technique pour concevoir un vélo électrique le plus léger possible. 

« Pendant le confinement, mon père m’a prêté un vélo de la marque Vitus.» Une marque qui n’existe plus aujourd’hui. « J’ai regardé comment était monté le cadre, il était absolument niquel.» Surprise, c’est un cadre collé, fabriqué anciennement à Saint-Etienne. Si l’usine n’existe plus, la technique finit de le convaincre.

Les premiers essais dans son garage

2020. Un mois de congé. Un mois pour apprendre la technique du collage au Crunch Lab, à l’UTBM, accompagné par un de ses professeurs. « Il m’a fallu trois semaines d’usinages. Pour penser les pièces, être sûr que tout tienne. Encore une fois, je partais de 0. » Après le cadre, c’est tout un travail qui s’ouvre sur l’électrification, sur la batterie, pour qu’elle soit la plus compacte possible. 

Les premiers travaux concernant la batterie ? Il les a entamés dans le garage de sa coloc. « Nous avions une maison en banlieue. Le garage nous servait d’ateliers pour la peinture et mes essais.» Il se rend dans un magasin de vélos à Paris. « C’étaient des jeunes qui se lançaient. Ils m’ont tout montré pour créer une batterie sans se tuer », rit-il en désignant les prototypes de moteurs qu’il garde précieusement dans son atelier.  Pari réussi : cette batterie, aimantée au cadre, peut se prendre dans le sac. Et permet d’avoir une assistance sur 30 à 40 km, si besoin, sans avoir besoin de recharger. 

Peu de temps après, il identifie un fournisseur pour le moteur. Finalement, d’un cadre d’environ 20 kilos en général, son cadre, optimisé, pèse 2,4 kilos. « Ce qui va peser lourd, c’est la batterie d’environ 1 kilo ». Finalement, son vélo, batterie et moteur compris, pèse 14 kilos. Contre 20 à 30 kilos pour un vélo à assistance électrique classique.

Une nouvelle aventure  démarre. Celle des pré-séries. Des pré-séries, bien imbriquées dans le Territoire de Belfort ! Il trouve une fonderie, à Offemont, spécialisée dans les prototypes. Et fait tester son vélo pour le faire homologuer. « J’ai demandé à ce qu’il soit testé comme un VTT. J’ai été sévère pour vérifier que le cadre tiendrait. Et il a tenu.» Un sourire se dessine sur son visage.

Toujours à côté de chez lui, il s’allie à Sicta, usine d’assemblage, de fonderie et d’usinage située à Auxelle-Bas pour lancer les séries. Mais aussi au groupe Citèle et à FRB (Fonderie rapide belfortaine) « Depuis juin, ils ont (Sicta, NDRL) une ligne de production dédiée aux vélos.» Un vélo, qu’il nomme Parco. Parco, pour « simple » en latin. 

500 premiers vélos en décembre

Les précommandes sont désormais passées en cette fin d’octobre. Le stress se ressent quelque peu. Ce sont 500 vélos qui seront livrés début décembre à des particuliers. Des vélos qui seront suivis de très près pendant six mois pour vérifier que tout fonctionne comme prévu. Le projet : réussir à en vendre à la ville de Belfort pour de la location. Ce qui le rassure, dans ce projet, c’est qu’il a pris très facilement. Après les premiers articles de presse, Jean Mougenot reçoit 250 demandes de contact, 80 demandes d’achats, et une dizaine d’acomptes. Prix d’achat : 1 600 euros. 

Il est bien entouré pour continuer l’expérience. Pendant un an, grâce au prix Pépites, qu’il a remporté, il garde un statut d’étudiant-entrepreneur. Et a obtenu 12 000 euros qui viennent appuyer une trésorerie naissante. Aussi, une fidèle équipe motivée l’entoure : Fatih, alternant et chargé de communication, et XN, son fidèle ami, qui l’accompagne sur la partie commerciale. 

« Maintenant, l’heure est aux rencontres », des rencontres pour vendre. Le 21 octobre, il partait pour une tournée de rencontre bien chargée, dont une avec la Ville, pour proposer les vélos électriques à la location. Des rencontres qui ont eu l’air fructueuses, puisque le 28 octobre, l’adjoint aux maires chargé des sports, Pierre-Jérôme Collard, a exposé son vélo dans la salle des maires où se déroulait la conférence de presse sur le Tour de France. Un beau clin d’œil. 

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