Nord Franche-Comté : une association des usagers de transport de nouveau sur les rails

Trouver des solutions pour mieux relier les villes, mieux desservir les centres-villes et les périphéries. Remobiliser les différents élus, mais les usagers sur la question des transports. Des mobilités douces. C’est le défi que se lance l’association des usagers de transports dans l’aire urbaine (AUTAU). L’association a décidé de se remobiliser pour aider au changement. L’heure, pour le moment, est au listage de points noirs.

Trouver des solutions pour mieux relier les villes, mieux desservir les centres-villes et les périphéries. Remobiliser les différents élus et les usagers sur la question des transports et des mobilités douces. C’est le défi que se lance l’association des usagers de transports dans l’aire urbaine (AUTAU). L’association a décidé de se remobiliser pour aider au changement. L’heure, pour le moment, est au listage de points noirs.

« Il y a un gros trou dans la raquette en termes de transport dans l’aire urbaine », dénonce le président de l’association des usagers des transports de l’aire urbaine (AUTAU), Bernard Tournier. Tirant de nombreuses conséquences des dysfonctionnements des transports dans l’aire urbaine, l’association a décidé de se reformer pour faire bouger les choses. « Nous allons commencer par le commencement », expose Mazouz Benlazeni, trésorier de l’association. « C’est-à-dire que nous allons rencontrer les usagers, le 7 mars, à la sortie de la gare, puis le 12 au marché des Vosges pour recueillir un maximum de remarques de la part des usagers. Ce sont eux les experts. Ceux qui fréquentent les transports tous les jours. » 

Mais l’association n’a pas attendu sur ces consultations pour mener sa première conférence de presse. Durant celle-ci, mardi 1 mars, les membres ont listé un certain nombre de points noirs sur lesquels ils entendent travailler. Parmi ceux-ci, le président commence par déplorer l’absence de coordination des transports entre Belfort et le pays de Montbéliard. « C’est un serpent de mer. L’absence de coordination en termes d’horaire, de réseaux et de prix de billet ne plaide pas pour les transports en commun.»  

Des points noirs en cascade

L’association déplore également le manque de plateformes multimodales : « En Suisse, il y en a partout. Ici, il n’y a pas de réflexion menée sur le fait de mieux lier les différents modes de transports doux. Cela favorise l’auto-solisme : le fait de prendre sa voiture, tout seul, pour tous les déplacements », expose le secrétaire de l’association, Jean-Jacques Vernier. Sans parler des piétons : « Dans Belfort, il est loin d’être facile de circuler entre la cathédrale Saint-Christophe et la gare. Il suffit de voir la circulation place Corbis pour voir que rien n’est pensé pour les piétons.»

Pour l’association, tous les modes de transport doivent être améliorés, mieux reliés, pour permettre aux usagers de ne pas prendre leur voiture systématiquement. Ils évoquent le gros point noir qu’est la liaison Belfort-Delle : ils entendent trouver des solutions au plus vite pour des usagers désemparés. Dans le même sens, les membres de l’association déplorent l’absence de liaison entre la gare TGV et Montbéliard, Héricourt. Aussi, l’absence de bus entre le centre-ville de Belfort et la gare TGV.  « Aujourd’hui, et notamment à Belfort, rien n’est fait pour que les usagers puissent se déplacer en transports. Pourquoi ne pas imaginer des parkings relais au niveau de Danjoutin, Valdoie ou Bas-Evette avec des navettes pour se rendre vers le centre-ville ? », imagine Mazouz Benlazeni. « Nous sommes malheureusement sur plusieurs décennies d’urbanisme qui ne sont pas favorables aux mobilités douces », souffle le président de l’association. 

L’association s’inquiète aussi du projet Amazon situé à l’aéroparc de Fontaine. « Le fait que rien ne soit pensé pour mieux desservir l’aire urbaine va poser problème sur ce projet. Plus de 1 000 emplois sont attendus. Je n’imagine pas la circulation que cela va engendrer. Sans parler des camions », déplore Bernard Tournier. Parmi les solutions envisagées par l’association : la création d’une ligne de bus directe vers cette plateforme, avec des horaires et des cadences correspondant aux besoins des salariés. « Il faudrait également raccorder Fontaine à la ligne ferroviaire Belfort-Mulhouse », envisage le trésorier. 

Un rôle de médiateur

« Les élus de l’aire urbaine n’envisagent même pas un début de solution. C’est problématique », déplore le président. Une réunion avec Damien Charlet, deuxième vice-président de Pays de Montbéliard Agglomération, est prévue pour mettre sur la table les dysfonctionnements et envisager des solutions. Le but de l’association : « lier tous les acteurs » notamment entre Pays de Montbéliard Agglomération et Belfort. « Nous devons servir de traits d’unions en recueillant les besoins des usagers. C’est de là que nous devons partir », expose Mazouz Benlazeni. Ce n’est pas chose faite et la marche à franchir est grande. « Les rivalités politiques entre ces deux pôles vont être difficiles à défaire pour construire un modèle commun », expose Bernard Tournier. Optimiste, Jean-Jacques Vernier envisage des tables rondes avec les différents acteurs pour recréer un nouveau modèle. Il mise sur la bonne volonté de chacun. 

Cédric Perrin interpelle la Région et la SNCF sur la ligne Belfort-Delle

Les membres de l’association des usagers de transports de  l’aire urbaine ne sont pas les seuls à se questionner sur les dysfonctionnements de cette ligne. Cédric Perrin, dans un communiqué, a interpellé la Région et la SNFC au sujet de la ligne Belfort-Delle et sur les actions à mettre en place afin d’assurer son attractivité. Il a demandé à « rétablir dans les meilleurs délais une offre de services conformes aux attentes des usagers. »

 Dans son communiqué, il expose que de nombreux usagers l’ont interpellé sur la suppression de nombreux trains sans information préalable et sans transport de substitution « les laissant ainsi pour compte sur le quai de la gare ».  Par cette suppression, les usagers suisses se retrouvent sans correspondance pour leur train TGV. Les trains qui eux, ont été remplacés par des bus depuis novembre dernier (6h56 et 17h27) rallongent de plus d’une heure le trajet pour les usagers. 

Pour le sénateur : « La ligne Belfort-Delle fait face depuis son ouverture à un manque de fréquentation criant puisque seulement 200 à 400 voyageurs la fréquentent quotidiennement contre 1 600 escomptés. Ces dysfonctionnements actuels ne font donc qu’accentuer le désintérêt des usagers pour cette ligne ». Il avait déjà, autrefois, dénoncé la tarification dissuasive, les horaires inadaptés et l’impossible des trains  suisses de se rendre jusqu’en gare de Belfort. Depuis, rien n’a bougé. 

 

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