Négociations GE-EDF : « On nous agite les grelots, mais pour le moment, on ne sait rien »

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General Electric et EDF viennent d’annoncer ce mercredi des « discussions exploratoires » en vue d’un possible rachat par EDF des activités nucléaires de la filière GEAST. Réactions, à chaud, des employés de la filiale à Belfort, ce mercredi après-midi. Reportage.

General Electric et EDF viennent d’annoncer ce mercredi des « discussions exploratoires » en vue d’un possible rachat par EDF des activités nucléaires de la filière GEAST (notre article). Réactions, à chaud, des employés de la filiale à Belfort, ce mercredi après-midi. Reportage.

Ce mercredi après-midi, Devant les locaux de l’entité Thermal system Belfort (TSB) de General Electric, une entité de la filière nucléaire spécialisée dans l’intégration des centrales, c’est le calme plat. Après 16h, les employés descendent au compte-goutte pour regagner leur domicile. Il faut dire qu’avec le télétravail,  mis en place depuis le covid-19, ils sont peu nombreux dans les bureaux. 2 jours de présence obligatoire sur site, ça réduit les effectifs au bureau de moitié.

Un consultant, qui souhaite garder l’anonymat, raconte : « Normalement, on est 20. Avec le télétravail, aujourd’hui, on était trois. Alors j’avoue qu’on discute beaucoup moins de tous ces sujets-là qu’auparavant. Et puis, la plupart s’en fichent. » Ceux qui sont là, pour la plupart d’entre eux, n’ont pas eu de réactions quant aux discussions annoncées ce matin, entre General Electric et EDF (notre article). Un sentiment de déjà-vu plane sur leur tête.

« C’est bien loin de nous »

Les salariés rencontrés sont unanimes. « Tout ça, toutes ces discussions, c’est bien loin de nous. Au mieux, on est blasé de tout ça. Ça peut prendre des années de toute manière. Pour le moment, le seul sentiment qu’il y a, c’est un sentiment de ras-le-bol », raconte un technicien maintenance. Le rachat : c’est un « secret de polichinelle », selon l’un des informaticiens de General Electric. « Ces rumeurs, ça fait un an et demi qu’on les entend. Avec cette fameuse discussion, on nous agite des grelots. Mais pour le moment, on ne sait rien », s’énerve un autre technicien du site. Les inquiétudes pour la plupart ne se jouent pas sur un possible rachat.

En fait, certains sont même enjoués quant à cette possibilité. « Ce n’est pas une mauvaise chose que la boîte revienne à EDF. Le rachat par une boite américaine, c’était complètement aberrant. Tout comme il est aberrant que GE prétende assurer notre suivi par des boîtes qui viennent de l’Est alors qu’on a toujours traité avec des pays frontaliers, avec qui on partage une mentalité plus proche », explique Guillaume, consultant qualité fournisseur. Un autre employé complète : « J’ai l’impression que c’est même plutôt une bonne nouvelle. En soi, notre seule inquiétude, c’est le périmètre de rachat. Le découpage qui va être fait. Pour le reste, c’est positif si ça se fait. Enfin, je crois. »

L’inquiétude est ailleurs. À la suite des différents plans sociaux, 1 500 emplois ont été supprimés par General Electric à Belfort, rappelle la CFE-CGC. L’entité Steam, de son côté, comptait, en France, 3 700 salariés au 31 décembre 2015. Ils ne seront plus que 2 500, après la fin du plan social en cours dans l’entité, signé en mai 2021. Les salariés attendent donc de voir « à quelle sauce ils vont être mangés » si le rachat venait à se faire. « Entre le rachat d’Alstom, les PSE (plan de sauvegarde de l’emploi, NDRL), on se fait enchaîner depuis un bon moment maintenant. Après, EDF ne pourra sûrement pas faire pire que ce qu’a fait GE. Donc pourquoi pas. La seule chose, c’est qu’on espère qu’il n’y aura pas de doublon, pas de licenciements. On en a déjà assez bavé », raconte Laurent, technicien pour General Electric.

Blasé : ça semble être le mot pour définir l’ambiance ce mercredi après-midi. Les annonces n’ont pas fait grand choc au sein des bureaux. « On a eu un mail ce matin pour nous annoncer ces fameuses discussions. Là, concrètement, ça ne change rien à nos vies », souffle l’un des consultants rencontrés. Il poursuit : « On travaille pareil qu’hier et on travaillera pareil demain. » C’est la résignation.

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