Montbéliard : « C’était des filets de sang, c’était atroce »

Ahmed était aux premières loges de l’agression qui s’est déroulé rue Courbet, dimanche, à Montbéliard. Il raconte les secondes qui ont suivi l’attaque au couteau subie par une femme de son voisinage.

Philippe Lebus

Ahmed(1) était aux premières loges de l’agression qui s’est déroulée rue Courbet, dimanche, à Montbéliard. Il raconte les secondes qui ont suivi l’attaque au couteau subie par une femme de son voisinage.

Que faisiez-vous au moment de l’agression ?

Je faisais du bricolage à la maison, dans ma cuisine. Et comme il faisait beau, j’avais ouvert la fenêtre pour aérer. C’est alors que j’ai entendu des gémissements, une forme de plainte. Mais il n’y avait pas de mots distincts.

Qu’avez-vous fait ?

Je suis sorti sur le pas de ma porte et j’ai aperçu cette dame. Elle était à une vingtaine de mètres, entre les n° 10 et 12 de la rue Courbet. Elle était encore debout et avait l’air désorientée. J’ai immédiatement vu que son visage était couvert de sang. Je suis rentré chez moi prendre mon portable pour appeler les pompiers. Il était précisément 14 h 42.

Et vous êtes allé la secourir ?

Tout en parlant aux pompiers, j’arrive vers elle. Je constate qu’elle est couverte de sang, mais je vois aussi deux enfants à côté d’elle, minuscules, âgés de 4-5 ans. Entre temps, la dame s’est affalée au sol, encore consciente. Mais elle ne disait rien d’intelligible. J’ai alors vu la plaie au visage, littéralement coupé en deux, de la lèvre gauche à l’oreille. Les pompiers me disaient de la mettre sur le côté, en position [latérale] de sécurité. J’ai alors découvert une blessure grave au bras gauche. Des jets de sang en sortaient. C’était des filets de sang, c’était atroce. J’ai failli tourner de l’œil plusieurs fois.

Et les petits pendant ce temps ?

Deux personnes du voisinage sont arrivées et, elles aussi, ont appelé les secours. J’ai donc pu penser aux petits et je les ai ramenés à l’entrée de ma maison pour les calmer. Je les ai mouchés car ils étaient plein de larmes et leur nez avait coulé. Je les ai fait asseoir, leur ai donné un verre d’eau, et je leur ai dit qu’on avait fait le nécessaire pour aider leur maman.

Et ensuite ?

Je suis retourné vers leur mère. Elle perdait presque connaissance et je la secouais un peu. Elle m’a demandé d’appeler sa sœur, ce que j’ai fait. Je ne la connaissais même pas cette dame, je ne l’avais jamais vue. Je ne pensais même pas qu’elle était du quartier. J’ai fait en sorte qu’elle reste animée jusqu’à l’arrivée des pompiers. Apparemment, il y avait d’autres plaies. J’avais les mains pleines de sang…

  • Nous n’avons conservé que le prénom du témoin, car celui-ci souhaite rester discret.
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