Masques : Macron plaide pour la « souveraineté » et juge « irresponsables » certains « procès »

En visite dans une PME qui fabrique des masques, dans le Maine-et-Loire, le président de la République, Emmanuel Macron, tance les personnes qui font des procès à l’exécutif sur sa gestion de la crise. Il précise également qu’il veut redonner une « indépendance pleine » à la France sur la production de masques.

(AFP)

En visite dans une PME qui fabrique des masques, dans le Maine-et-Loire, le président de la République, Emmanuel Macron, tance les personnes qui font des procès à l’exécutif sur sa gestion de la crise. Il précise également qu’il veut redonner une « indépendance pleine » à la France sur la production de masques.

Emmanuel Macron a plaidé mardi pour une reconstruction de « notre souveraineté nationale et européenne » à l’issue de la crise du coronavirus, souhaitant que la France acquière son « indépendance pleine » en matière de masques de protection « d’ici à la fin de l’année ».

Depuis l’usine de masques de la PME Kolmi-Hopen en périphérie d’Angers (Maine-et-Loire), le chef de l’État a également fustigé les critiques en impréparation, qualifiant « d’irresponsables » ceux « qui cherchent déjà à faire des procès alors que nous n’avons pas gagné la guerre ». Emmanuel Macron a insisté sur l’effort productif national pour s’équiper face à l’épidémie de coronavirus.

« Fin avril nous serons à plus de 10 millions » de masques fabriqués en France par semaine et « nous continuerons cet effort », a déclaré le chef de l’État. « Je veux que d’ici la fin de l’année nous ayons obtenu cette indépendance pleine et entière », a-t-il ajouté, alors que la France a été contrainte d’importer plus d’un milliard de masques principalement de Chine et a d’ores et déjà passé « des commandes supplémentaires ».

L’usine visitée par Emmanuel Macron, située à Saint-Barthélémy-d’Anjou, tourne désormais 24 heures sur 24 pour accroître sa production après avoir recruté 35 CDD. Elle sort chaque jour 270 000 masques FFP2 (soit près de 2 millions par semaine) et 450 000 masques chirurgicaux (3 millions par semaine). Tous les éléments, de l’élastique au masque, sont fabriqués en France. La hausse de la production dans les quatre entreprises françaises de masques va permettre de porter l’effort national de 15 millions à 40 millions de masques par mois courant avril. Mais les besoins pour le personnel soignant et les Ehpad sont évalués à 40 millions par semaine, a souligné l’Élysée.

Le chef de l’État a aussi indiqué qu’un consortium composé de quatre grands groupes industriels s’est créé avec l’objectif de fabriquer « d’ici mi-mai 10 000 respirateurs » pour équiper les hôpitaux débordés par les cas graves de malades contaminés par le coronavirus.

Des plaintes déposées

Ce consortium mené par Air Liquide, est composé du spécialiste des équipements électriques Schneider Electric, de l’équipementier automobile Valéo et du constructeur PSA, a précisé le président. Plus généralement, affirmant que « le jour d’après ne ressemblera pas au jour d’avant », le chef de l’État a appelé à « rebâtir notre souveraineté nationale et européenne ».

« Nous avons commencé avant crise. Nous avons passé des réformes qui permettent à notre pays d’être plus compétitif mais il nous faut retrouver la force morale et la volonté pour produire davantage en France et retrouver cette indépendance », a-t-il souligné.

Afin d’honorer les commandes de l’État « en médicaments, respirateurs et masques », « une dotation spécifique de quatre milliards d’euros » a été attribuée à Santé publique France, a précisé Emmanuel Macron. Interrogé sur les critiques en imprévoyance auxquelles fait face l’exécutif, le président de la République a estimé que lorsque l’on « mène une bataille, on doit être unis pour la gagner. Et je pense que toutes celles et ceux qui cherchent déjà à faire des procès, alors que nous n’avons pas gagné la guerre, sont irresponsables ».

Plusieurs plaintes ont été déposées, soit auprès de la Cour de justice de la République lorsqu’elles visent des ministres, soit auprès de procureurs, notamment pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Celui de Paris, Rémy Heitz, a expliqué mardi sur France Info en avoir ainsi reçu « presque une dizaine », notamment de collectifs ou d’élus, et qu’elles seraient traitées une fois passé « le pic de la crise » sanitaire, priorité étant donnée dans l’immédiat aux urgences judiciaires.

« Le temps viendra » de « la transparence complète », a assuré le chef de l’État, appelant « à la dignité et à l’esprit de responsabilité celles et ceux qui construisent des certitudes avec les connaissances d’aujourd’hui quand ça n’était pas celles d’hier ».

Parmi les premiers à réagir, la cheffe du Rassemblement national Marine Le Pen a ironisé sur Twitter: « Après avoir, comme conseiller de Hollande puis ministre de l’Économie, et enfin président de la République, vendu à l’étranger beaucoup de nos fleurons industriels, Emmanuel #Macron fait mine de redécouvrir le concept de souveraineté…! Pourquoi le croire ? » Le numéro un des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a lui twitté : « Aaahhh il commence à comprendre. Relocalisation des productions ! Encore un effort ! Planification et réquisitions sont la solution moderne efficace. »

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