Masque : des salariés de Téléperformance dénoncent des conditions de travail difficiles

Une trentaine de salariés du site belfortain de Téléperformance a débrayé, ce mercredi après-midi. Un mouvement motivé par les conditions de travail plus difficiles qu’implique le port du masque en étant au téléphone toute la journée et pour soutenir un salarié, convoqué pour un entretien préalable de licenciement, selon le syndicat Sud.

 

Une trentaine de salariés du site belfortain de Téléperformance a débrayé, ce mercredi après-midi. Un mouvement motivé par les conditions de travail plus difficiles qu’implique le port du masque en étant au téléphone toute la journée, et pour soutenir un salarié, convoqué pour un entretien préalable de licenciement, selon le syndicat Sud.

« Depuis ce matin, les conseillers se plaignent de ne pas réussir à bien respirer en appel du fait du port obligatoire du masque. » Cette phrase est issue d’un mail envoyé par le délégué syndical Sud Benjamin Cerutti Salvador, à la direction belfortaine de Téléperformance, ce mardi 1er septembre. Dans un second courriel, il glisse le mot que l’on entend le plus sur le plateau : « J’étouffe. » Les conseillers peuvent travailler près de 9 heures en portant le masque, selon le syndicat Sud. À cela s’ajoute des problèmes liés « à une communication brouillée » avec le client. Et le besoin de forcer beaucoup plus pour être audible. « On tire sur les cordes vocales », image Benjamin Cerutti Salvador. « Absolument rien n’est mis en œuvre par l’employeur pour diminuer ce risque professionnel », regrette le délégué syndical dans sa missive.

Pauses supplémentaires

Face à cette situation, une trentaine de salariés a débrayé ce mercredi, à 15 h, devant le site de Téléperformance de Belfort. Le syndicat ne remet pas en cause l’importance du port du masque. Par contre, il regrette que le leader des plateformes téléphoniques n’accompagnent pas mieux ses salariés. « Teleperformance se refuse à toutes dérogations au port du masque alors que cela est légalement possible dans les open space, en installant des plexiglas entre les positions et en procurant une visière », peste le syndicat dans un communiqué de presse.

Et de citer le protocole sanitaire publié par le Gouvernement, le 31 août : « Pour un département avec un taux d’incidence entre 11 et 50 pour 100 000 [niveau 2 du présent tableau], l’entreprise pourra définir une organisation où il est possible d’enlever le masque de façon ponctuelle au cours de la journée et dans certaines situations particulières de travail. Elle devra respecter les critères 1, 2, 3, 4 5 et 7. » Le Territoire de Belfort enregistre, au 29 août, un taux d’incidence de 24,3 %. « Ce taux représente le nombre de nouveaux cas de COVID-19 diagnostiqués par une PCR SARS-CoV-2 survenus sur les 7 derniers jours dont les données sont consolidées (J-9 à J-3), rapportés au nombre d’habitants de chaque département », explique Santé Publique France.

Le syndicat regrette que cette situation n’ait pas été anticipée par l’employeur. Il réclame également des pauses supplémentaires, « pour que l’on puisse respirer un peu », mais surtout que « l’on cesse la pression sur les indicateurs », insiste le délégué syndical.

Soutien d’un salarié

Ce sujet s’est aussi cristallisé car un salarié a été convoqué pour un entretien préalable de licenciement, à 14 h, « pour avoir dénoncé les conditions de travail en télétravail sur LIDL », estime le syndicat Sud. Le salarié est un ancien délégué syndical. « On lui reproche d’utiliser son propre écran d’ordinateur, plus grand, mais aussi d’avoir trop de pannes informatiques et un manque de productivité », s’étonne Benjamin Cerutti Salvador, joint par téléphone. « On lui fait payer la mauvaise organisation pendant le confinement », estime le délégué syndical.

Sollicitée, la direction belfortaine de Téléperformance n’est, pour l’instant, pas revenue vers nous. L’entreprise assurant la communication du groupe Téléperformance a également été sollicitée en fin d’après-midi. Elle n’a pas encore répondu à notre sollicitation.

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