L’école de la 2e Chance crée une formation aux métiers de la santé et du soin

L'E2C du nord Franche-Comté crée un parcours spécifique aux métiers de la santé et du soin.

L’école de la 2e chance du Territoire de Belfort a lancé au printemps un parcours de formation spécifique autour de la santé, du soin et de l’aide à la personne. Une formation de 16 semaines, qui doit permettre de répondre à la demande de personnel de ces structures.

L’école de la 2e Chance Nord-Franche-Comté a lancé au printemps un parcours de formation spécifique autour de la santé, du soin et de l’aide à la personne. Une formation de 16 semaines, qui doit permettre de répondre à la demande de personnel de ces structures.

La crise sanitaire, le vieillissement de la population ou l’accroissement du maintien à domicile multiplient les besoins de personnel dans le secteur médico-social. Des secteurs qui peinent pourtant à recruter, voire à maintenir dans l’emploi. C’est pour répondre à ce double défi que l’école de la 2e chance (E2C) du nord Franche-Comté a créé un parcours spécifique autour des métiers de la santé, du soin et de l’aide à la personne.

Habituellement, l’E2C propose des cursus de formation de six mois où les stagiaires viennent définir un parcours professionnel et trouver un emploi. Avec ce nouveau cursus, les personnes recrutées visent déjà les métiers de la santé. « Nous avons la volonté d’être attentifs aux besoins de main d’œuvre des structures locales, note Alexandra Robert-Coffre, directrice de l’E2C. Nous nous positionnons comme un outil territorial. » Régulièrement, l’E2C accueillait des stagiaires intéressés par ces métiers. L’idée a donc mûri de déployer un dispositif spécial.

« Des métiers stimulants »

Les sept stagiaires ont débuté mi-mars. Ils termineront leur cursus cet été, pouvant de suite répondre aux besoins de remplacement de la période estivale. Pendant ce parcours de seize semaines, ils vont notamment passer un diplôme de secourisme, rencontrer des professionnels, suivre des ateliers de développement personnel, acquérir des compétences liées à ces métiers (prise de note, jeux de mémoire, rédaction de rapports, déontologie, confidentialité…), avoir une période de stage, découvrir des centres de formation comme l’institut de formation des métiers de la santé (IFMS), à Montbéliard. « Dès la fin des 16 semaines, ils sont embauchables », note la directrice, sur des emplois non-qualifiés comme agent de service hospitalier, brancardier, agent de service logistique, agent hôtelier, des métiers en tension dans les centres hospitaliers ou les Ehpad. Les stagiaires pourront, s’ils le souhaitent, « se projeter ensuite vers une formation qualifiante », complète Anne-Laure Thery, coordinatrice du parcours à l’E2C, en intégrant par exemple une formation d’aide-soignant ; des places supplémentaires en formation ont été créées par le conseil régional Bourgogne-Franche-Comté à la suite de la crise sanitaire (notre article).

« J’ai envie de faire un métier utile à la société », confie Arnaud, 30 ans, en reconversion professionnelle. Il est l’un des sept stagiaires qui a intégré le parcours. Il n’a jamais été passionné par les métiers qu’il a fait auparavant, dans le bâtiment ou à l’usine. Il se projette vers le métier de brancardier, « avec une possibilité d’évolution ». Si Chelsea, 21 ans, s’est inscrite à cette formation, c’est qu’elle « aime aider les autres » et « le contact humain ». La jeune femme, qui a déjà un diplôme dans le BTP, est prête à travailler avec des personnes âgées ou des personnes porteuses de handicap. Ce parcours est un début. Elle imagine éventuellement poursuivre pour devenir plus tard « infirmière ». « Ce sont des métiers qui poussent, qui sont stimulants », note Chelsea, arrivée de Guyane en 2019.

« Sur-mesure »

Ce parcours permet de « sécuriser » les recrutements observe Anne-Laure Thery, alors que ces professions sont souvent touchées par le turn-over. Avant d’intégrer l’univers professionnel, les stagiaires ont déjà pu découvrir les réalités de ces professions. « Cela permet d’avoir des professionnels de santé bien dans leur métier », observe Alexandra Robert-Coffre. « Nous sommes une passerelle entre ces structures et les jeunes », embraie Anne-Laure Thery. « On évite les échecs », valide Philippe Weber, directeur général de Domicile 90, l’un des partenaires du parcours. Ce qui est important pour l’employé, l’employeur, et dans son secteur d’activité, le domicile, les familles où les personnes interviennent et qui peuvent aussi subir les désagréments d’un fort turn-over. Le recrutement, « c’est la galère », confirme Thierry Lavocat, cadre de santé à l’Ehpad Saint-Joseph de Giromagny et parrain de cette première promotion. Il apprécie cette démarche où l’on « oriente les personnes vers les bons choix pour voir si le projet professionnel correspond ». « La réalité, ce n’est jamais la même chose », ajoute-t-il. 

« L’E2C est un instrument merveilleux pour remobiliser », approuve Philippe Weber, particulièrement concerné par ces problématiques de recrutement. Il faut « diversifier » les méthodes pour élargir le spectre de recrutement. Même si le directeur de domicile 90 estime que l’attractivité de ces métiers ne passera que par des mesures nationales fortes, liées à la reconnaissance et à la revalorisation salariale. Si la crise a réveillé des vocations, elle a aussi pesé sur les personnes en poste. « On observe de nombreux départs », confirme Thierry Lavocat.

Ce cursus spécifique a été lancé cette année. Il pourrait, si le besoin s’en fait ressentir, être renouvelé dans les années qui viennent. Ce type de parcours pourrait aussi être imaginé dans les secteurs de la logistique ou de l’hydrogène, imagine déjà Alexandra Robert-Coffre. « Il faut faire comprendre aux entreprises locales : servez-vous de l’E2C comme d’un outil de recrutement. » Si les jeunes correspondent, « on peut faire du sur-mesure », conclut-elle.

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