Le réseau de transport unique du nord Franche-Comté dans l’impasse 

Le réseau de transports en commun évolitY, dans le pays de Montbéliard, modernise la ligne 3, en niveau THNS.

Charles Demouge a été ferme lors du conseil de communauté de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) jeudi 19 mai. 

Charles Demouge a été ferme lors du conseil de communauté de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA), jeudi 19 mai. Même si l’avenir des deux lignes de bus interdépartementales est en danger, il ne changera pas son positionnement sur la mise en place d’un réseau de transport unique à l’échelle de l’aire urbaine.

Le blocage continue entre l’Agglomération du pays de Montbéliard et les quatre autres intercommunalités du syndicat des transports du Nord Franche-Comté. Dans une réunion,le 6 mai dernier, Damien Meslot, président du Grand Belfort, a prévenu : il ne cédera pas. Si une autorité organisatrice de la mobilité unique (AOM) n’est pas créée pour les transports dans l’aire urbaine, il remettra en question sa participation pour les deux lignes interdépartementales qui doivent émerger d’ici septembre.L’une est une ligne étudiante desservant les trois sites universitaires. L’autre, une ligne Nord-Est de l’agglomération reliant la gare TGV et l’hôpital Nord Franche-Comté.  La communauté de communes du pays d’Héricourt, celles des Vosges du Sud, et du Sud Territoire ont abondé dans le même sens.

Mais malgré les menaces de blocage, lors du conseil de communauté du jeudi 19 mai, Charles Demouge, président de l’Agglomération a expliqué qu’il ne comptait pas revenir sur sa décision. « Je ne céderai pas au chantage sur les deux lignes interdépartementales du syndicat. Le syndicat SRU a été créé pour ces lignes interdépartementales, avec les réseaux existants », une décision dont il rappelle qu’elle a été validée par le préfet du Doubs le 1er janvier 2020. Alors que les collectivités ont décidé de re-saisir le préfet pour savoir si ces lignes étaient légales, puisqu’elles dépassent les frontières départementales, Charles Demouge a commenté qu’«il est tout à fait inadmissible que les collectivités aient saisi le préfet.» Il repère, aussi, l’enjeu du Grand Belfort dans ce dossier, qui pour lui, souhaite faire « bonne image ». Ill estime, surtout, que le syndicat de transport tel qu’il est permet déjà une bonne gestion et une bonne administration pour les habitants. 

Pas de réponse sur l'avenir des lignes

Au sein de l’Agglo, de premières dissensions sur la question sont apparues. La première était celle de Frédéric Tchobanian, élu à PMA, le 6 mai. Il s’était interrogé sur cette volonté de ne pas s’allier avec le reste des intercommunalités sur cette décision. Une intervention qui lui a valu les foudres de Charles Demouge dans son propos liminaire le 19 mai, lors du conseil de communauté indiquant que l’Agglo se devait de parler d’une voix sur ces questions.

Mais c’est aussi Nicolas Pacquot, membre du groupe Indépendants et solidaires, qui est intervenu sur la question en dénonçant la mauvaise gestion de cette question. « La population est prise au chantage. Nous ne sommes pas à la hauteur des enjeux », a-t-il déploré avant d’ajouter qu’il était temps de travailler en intelligence pour appréhender une politique avec les intercommunalités voisines. 

Tandis que Damien Charlet, vice-président à PMA en charge des Transports et président du groupe Ensemble pour le pays de Montbéliard 72, a voulu tempérer les choses lors du conseil en expliquant que les transports « étaient l’un des domaines où le pôle métropolitain avance le mieux avec un travail depuis plusieurs années pour améliorer l’offre de transport », il a aussi avancé qu’il n’y avait, de manière ambivalente, que des perdants sur ce dossier en exposant que « Damien Meslot renvoyait l’image d’un service où les politiques ne font rien de constructif. » 

Quant à Damien Meslot, président du Grand Belfort, il reste ferme sur l’avenir des deux lignes si PMA ne change pas d’avis. Et avoue, par téléphone, « avoir toujours du mal à comprendre ». Il rappelle, une nouvelle fois, qu’il avait été prévu dès le début la construction d’un réseau unique, qui comprenait les deux lignes interdépartementales. Il explique, aussi, que le Grand Belfort n’a pas besoin de ces lignes. Mais PMA, si. « Ils se punissent eux-mêmes, puisqu’ils ont besoin de ces deux dessertes », analyse le président du Grand Belfort. « J’ai essayé plusieurs fois de proposer d’en discuter avec les élus de PMA. En vain », conclut Damien Meslot. 

Réunir le syndicat et le préfet

Damien Charlet, contacté par téléphone ce mardi 24 mai, expose que l’Agglomération ne change pas ces plans. Elle votera, en juin lors de son conseil communautaire, la mise en place des lignes, pour ne pas retarder plus les choses. « Si tout va bien, si le préfet valide comme prévu la tenue des lignes, j’espère que les élus tiendront leurs engagements initiaux.» Il se dit optimiste sur l’issue, malgré la teneur actuelle des échanges. « Je laisse encore 15 jours pour voir si le syndicat nous sollicite. Sinon, nous demanderons une réunion pour discuter de tout cela. Nous avons beaucoup de dossiers sur lesquels nous devons avancer », pointe le vice-président. Il évoque aussi, la possibilité de convoquer le préfet pour permettre de dénouer les tensions et « mettre en place, très vite, ces lignes qui doivent rouler en septembre », rappelle Damien Charlet. 

La perspective d’échanges sereins, après les propos de Damien Meslot et de Charles Demouge, semble plus qu’incertaine. La mise en place des deux lignes interdépartementales, en septembre, est elle auss incertaine. Le dossier aurait dû être mis sur la table le 6 mai, lors de la réunion du syndicat. Pour être ensuite voté dans les différentes intercommunalités. Ce ne sera pas le cas pour le moment. 

La question des pistes cyclables

Charles Demouge, durant le conseil de communauté a rappelé que les charges liées aux transports n’étaient pas les mêmes pour PMA que pour le Grand Belfort. L’Agglomération a en charge les pistes cyclables, alors qu’au sein du Grand Belfort, c’est le Département qui a cette compétence. Un point qui inquiète le président, notamment d’un point de vue financier, si une AOM unique devait advenir.

Sur ce dossier, Damien Meslot, contacté par téléphone l’affirme : « Au sein d’une AOM, nous pouvons modeler les choses comme nous le voulons. Il serait possible d’intégrer les pistes cyclables de PMA dedans. Si ce n’est que ça, la décision sera immédiate », encourage-t-il.

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