Montbéliard : la clinique sur les rails [Photos]

La clinique du Pays de Montbéliard est attendue fin 2020 à proximité de l’Axone. Un bâtiment de 5 055 m2 va sortir de terre. 20 000 patients sont attendus par an.  

Cinq ans après la fermeture de la clinique des Portes du Jura (2015), une nouvelle clinique verra le jour dans le pays de Montbéliard. La mise en service de la clinique du Pays de Montbéliard est attendue le 1er novembre 2020. Le projet a été lancé ce vendredi 8 mars et la première pierre sera posée le 29 mars sur le site du Gros Pierron, à l’angle de la rue Jacques-Foillet et de la rue Commandant Pierre-Rossel, à Montbéliard, non loin de l’Axone. Et juste à côté de la fromagerie de Montbéliard et de la chocolaterie Vergne.

Dans le pays, on pousse un ouf de soulagement. La mise en service de l’hôpital Nord-Franche-Comté en 2017 avait entrainé la disparition d’une offre d’établissements de soins dans le pays de Montbéliard. Une situation intolérable pour les élus montbéliardais. Face à ce constat, l’agglomération avait sollicité des opérateurs de soins pour installer une clinique.

Épilogue

Noalys s’était positionné alors rapidement. Le projet avait été ficelé promptement. Et l’agence régionale de santé (ARS) avait autorisé l’installation. En coulisses, un mélodrame était pourtant en train de se nouer. L’hôpital Nord-Franche-Comté décida de déposer un recours. « L’hôpital public ne voulait pas d’un deuxième site de chirurgie qui l’aurait concurrencé », rappelle Jean-Loup Durousset, président-directeur général de Noalys, pas du tout rancunier.  « Pour débloquer la situation, complète Patrick Mignot, le directeur général de Noalys, l’ARS a mis tout le monde autour de la table et a identifié les besoins. » L’objectif : assurer la complémentarité de l’offre de soins dans la région. Cela s’est traduit par le transfert dans le pays de Montbéliard de toutes les autorisations de soins de suite. La clinique de la Miotte à Belfort, gérée par Dracy Santé, a donc lâché cette activité tout en conservant l’autorisation de chirurgie, qui motive la construction d’un nouveau plateau de chirurgie, à la JonXion, attendu aussi en 2020-2021.

« En accordant cette autorisation de construction d’une clinique dans ce bassin de santé, l’ARS souhaitait également ralentir un taux de fuite très important en direction des bassins de population environnants », rappelle le directeur général. Ce dernier avance un taux de 13 % dans le nord Franche-Comté, alors qu’il est de 7 % en moyenne à l’échelle de l’Hexagone.

Tous les acteurs reconnaissent la qualité d’écoute de l’ARS. Et apprécient aujourd’hui la logique de partenariat qui a prédominé dans les débats, malgré les tensions originelles autour de ce dossier. « Nous avons travaillé main dans la main afin de trouver ensemble un terrain d’entente qui satisfasse toutes les parties », se félicite Jean-Loup Durousset. « L’hôpital est très favorable à notre arrivée et nous attend même avec impatience, poursuit Patrick Mignot, pour insister sur ces échanges. On a déjà commencé à travailler ensemble. »

Noalys en quelques chiffres

  • Environ 35 millions de chiffre d’affaires consolidés en 2018 ;
  • Aujourd’hui, quatre établissements : hôpital privé Natecia à Lyon (Rhône), clinique des Côtes-du-Rhône à Roussillon (Isère), clinique du Grand Avignon aux Angles (Gard) et le centre d’Endoscopie du Nord Isère à Bourgoin-Jallieu (Isère) ;
  • 500 salariés.

Attractivité

Aujourd’hui les sourires sont sur toutes les lèvres. Et l’enthousiasme est palpable. « La nouvelle clinique va permettre l’installation de médecins généralistes dans l’agglomération, car ils vont trouver à proximité des spécialistes, des infirmières libérales. Cela va faciliter le dialogue médical, le travail collaboratif et bénéficier à l’ensemble de la population locale », espère Jean-Loup Durousset.

Ce projet devrait s’élever à 10 millions d’euros. La clinique du Pays de Montbéliard devrait accueillir environ 20 000 patients par an en pleine exploitation.

Un accueil de 100 patients hospitalisés par jour

La clinique du Pays de Montbéliard s’étend sur un terrain de 12 000 m2 et aura une emprise au plancher de 5 055 m2. Le bâtiment sera construit sur deux étages. Ce sera une clinique de soins de suite et de réadaptation dotée d’un service
 d’hospitalisation complète (55 chambres pour 60 lits, soit cinq chambres double) et d’un service d’hospitalisation de jour (20 lits, soit 40 patients). « Les deux services se partagent un plateau technique de rééducation composé d’une balnéothérapie et de 3 salles de rééducation dont une grande salle kiné de 300 m2. 7 cabinets de consultations viennent compléter l’offre », précise le dossier de presse. On attend 100 salariés en pleine exploitation (2022), soit environ 70 postes en équivalent temps plein assure la direction générale de Noalys. « Avec une capacité de 100 patients par jour, [la clinique] accueillera des patients nécessitant une rééducation post-opératoire, des soins médicaux curatifs et palliatifs, des soins de rééducation et de réadaptation, des consultations de prévention et d’éducation thérapeutique, mais aussi la prise en charge des maladies chroniques », précise le dossier de presse. Juridiquement, la clinique est portée par la SAS Immobilier Clinique Pays de Montbéliard, capitalisée à hauteur de 2,81 millions d’euros. Elle comptera 3 actionnaires : Pays de Montbéliard Agglomération par l’intermédiaire de la société d’économie mixte du Pays Montbéliard (36 %) ; Noalys (32 %) ; et la Banque des Territoires (32 %). 

Le projet en images