La tension reste palpable à General Electric

L’atelier de fabrication des turbines à gaz de General Electric, à Belfort, a été bloqué plusieurs heures, ce lundi 4 novembre, à l’initiative de la CGT. En cause, un différend concernant le paiement des jours de grève.

L’atelier de fabrication des turbines à gaz de General Electric, à Belfort, a été bloqué plusieurs heures, ce lundi 4 novembre, à l’initiative de la CGT. En cause, un différend concernant le paiement des jours de grève.

Pendant quelques heures, le site de General Electric a craint de retourner deux semaines en arrière, réactivant les vieux démons. Peu après 11 h 30, Cyril Caritey quitte la salle des négociations avec la direction, dans le Te 66, furibond. « Rendez-vous au coin du feu », a-t-il déclaré à la direction en quittant la réunion rapporte un témoin oculaire. Les élus de la CGT sont allés directement au bâtiment 32 A, au cœur du site ; c’est celui du montage des turbines. Selon les interlocuteurs, on évoque entre 100 et 200 personnes qui ont arrêté de travailler à partir de la mi-journée. Des salariés du magasin d’expédition ont aussi arrêté le travail. 

Le sujet du différend est le paiement des jours de grève. « Il n’y a pas de respect du protocole de fin de conflit », a dénoncé Cyril Caritey, représentant de la CGT. Dans le procès-verbal de ce protocole, on peut en effet lire que « la société accepte pour sa part (…) de permettre la compensation des pertes salariales subies par les salariés par l’effet des grèves intervenues depuis l’annonce du projet et en lien avec celui-ci ». Selon plusieurs sources, si on garantissait le salaire sur la fiche de paie, on évoquait de retirer des jours de congés. Si le procès-verbal du protocole de fin de conflit avait été signé par Cyril Caritey, des accords verbaux avaient été convenus par la suite entre la direction et le syndicat sur les contours de ces compensations. Et c’est le cœur de la tension ce lundi.

Dénouement en fin d’après-midi

La CGT est rapidement montée au créneau et a menacé d’installer le blocage de l’atelier. Et d’installer les braseros. Certaines voix craignaient même qu’un nouveau blocage puisse remettre en cause les accords signés le 21 octobre.

La situation s’est dénouée en fin d’après-midi. Patrick Mafféïs, responsable des opérations industrielles en Europe et qui dirige le plan social à Belfort, s’est rendu dans les ateliers avec Fabien Thévenot, directeur de la production. La CGT a été rassurée. « Tout est rentré dans l’ordre », confirme une source sur place. Le paiement des jours de grève est garanti. Des sessions de travail le samedi, faites en heures supplémentaires, ont été validées pour rattraper la production. Cette dernière a repris vers 18 h, ce lundi soir, confirme une source sur place.

La direction n’a pas souhaité faire de commentaire sur cet épisode. Un épisode qui illustre que si des accords ont été signés, les négociations ne sont pas terminées. Chacun joue ses cartes. Et la CGT ne compte pas se faire oublier. La tension reste palpable.

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