La quatrième édition de l’opération Iceberg est lancée

Le programme d’accompagnement expérimental d’artistes émergents Iceberg a débuté sa quatrième édition. Onze groupes sont accueillis par ce dispositif franco-suisse, initié par les Eurockéennes de Belfort et la fondation romande pour la chanson et les musiques actuelles (FCMA). Cette année, ce projet s’étend à Strasbourg et accueille le Nord Franc-Comtois DUDY (photo).

« Cette action créative vise à repérer les pépites régionales et les accompagner pendant 1 an, le temps d’un voyage plein de surprises et de rencontres professionnelles. » Telle est la promesse développée par Les Eurockéennes de Belfort et la FCMA dans le projet d’accompagnement expérimental Iceberg. Les groupes portés par Iceberg sont accompagnés par treize clubs partenaires : sept en Suisse et six en France (lire par ailleurs).

Onze groupes ont été retenus pour participer à la quatrième édition de ce programme. Cinq sont Français et originaires du grand Est (lire ci-dessous). Les groupes ont d’abord été détectés par les partenaires régionaux. Ensuite, onze groupes ont été sélectionnés par les porteurs du projet. « Les principaux critères de sélection sont la jeunesse du projet, le souhait de professionnalisation, le besoin signifié d’être accompagné, la capacité d’évolution artistique et la qualité musicale détectée », relève Iceberg.

Un accompagnement personnalisé

« Le principe fondateur reste le même, prévient Iceberg : Proposer un environnement original d’apprentissage et de développement à des artistes grâce à des formations adaptées, des rencontres avec les professionnels du secteur, des temps de résidence et de pratique dans les scènes de la région transfrontalière. » Les groupes bénéficient ainsi de conseils autour de leurs prestations scéniques, de leur communication, de leur écriture ou encore dans leur gestion administrative. Ce dispositif s’inscrit dans un contexte de développement culturel et créatif local, décliné en 3 étapes, individualisées : Immersion pour la formation ; Arrimage, pour la période de résidence ; et Grand Bain pour les concerts. « Ce calendrier offre aux artistes les moyens, pendant un an, d’avancer un peu mieux armés dans la jungle des musiques actuelles », relève Iceberg.

Treize clubs partenaires

Du côté français, ce sont La Poudrière, à Belfort, le Moloco, à Audincourt, le Noumatrouff, à Mulhouse, la Rodia, à Besançon, La Vapeur, à Dijon, et Le Django, à Strasbourg, qui rejoint l’aventure. Côté helvète, il y a le SAS, à Delémont, La Case à Chocs, à Neuchâtel, Le Romandie et Les Docks, à Lausanne, Le Port franc, à Sion, La Gravière, à Genève, et le Nouveau Monde, à Fribourg.

Iceberg, qui expérimente depuis 2013 de nouvelles pratiques d’accompagnement, est coordonné par Côme Aguiar. Il a tourné en 2011 avec Aaron, a été directeur musical d’Oxmo Puccino et il a joué sur les tournées d’Olivia Ruiz ou encore de Dalcan. « Côme Aguiar est en charge de l’accompagnement des artistes sélectionnés et de la coordination artistique générale entre les clubs, les intervenants, les artistes et les porteurs de projet. Il veille au bon suivi du protocole personnalisé mis en place pour chacun des artistes », détaille Iceberg, en conclusion.

Cinq groupes français

Iceberg accompagne les Dijonnais de Blue Orchid, un duo guitare-batterie. Ils produisent un « rock trempé qui rappelle mécaniquement les guitares acérées des Black Keys, auxquelles ont aurait ajouté la folie furieuse et punk de Bass Drum of Death », précise le projet Iceberg, qui file la paternité avec The Inspector Cluzo et The White Stripes. Le nord Franc-Comtois DUDY – il est originaire de Seloncourt – fait également partie de l’aventure avec ses compositions digitales. « Après deux EP très prometteurs, le garçon se lance dans la perspective d’un live créatif, visuel, lumineux. On pense naturellement à DJ Pone, mais la croisée des styles que DUDY propose le raccroche au wagon d’un ensemble plus large, où la drum’n’bass, le dubstep et l’électronica se rencontre pour livrer un monstre hybride, irrésistible », précisent les organisateurs. L’électronique, les Mulhousiens de Odisy flirtent avec. Comme avec l’univers du hip hop. « [Ils] crapahutent dans un univers frivole, gargarisés par le flow hypnotique de leurs comparses, tel que Ugo Ayss. » De son côté, le Strasbourgeois T/O « repousse encore un peu plus les frontières du rock psyché, de la pop grunge », note Iceberg, qui le compare à Time Impala. « [Il] allie à la perfection les guitares lascives, les reverbes sur le fil, les breaks formels, dévoile Iceberg, avant de noter : Très soucieux de l’image associée à sa musique, T/O s’emploie avec audace à livrer un ensemble cohérent, des clips aux morceaux (comme avec Gozilla), en passant par un compte Instagram riche, bien ancré dans son temps. » Enfin, Iceberg accompagne les Bisontins de Wormhole. « Ce trio furieux adepte de trap music dévoile un visage immensément inspirant, tendance et d’époque, à la manière de Future ou de Young Thug », note Iceberg.

Défilement vers le haut