La famille d’Alexia réclame une peine « à la hauteur de nos souffrances, Daval prêt à « payer »

Jonathann Daval procès novembre Vesoul

Jonathann Daval s’est dit prêt à « payer » pour le meurtre de sa femme Alexia, vendredi devant les assises de la Haute-Saône, où les avocats des parties civiles ont réclamé une « peine à la hauteur de nos souffrances ».

Angela Schnaebele et Damien Stroka – AFP

Jonathann Daval s’est dit prêt à « payer » pour le meurtre de sa femme Alexia, vendredi devant les assises de la Haute-Saône, où les avocats des parties civiles ont réclamé une « peine à la hauteur de nos souffrances ».

« On attend une décision qui soit à la hauteur de nos souffrances », a plaidé Gilles-Jean Portejoie, dernier des quatre avocats de la partie civile à s’exprimer vendredi soir devant la cour d’assises, qui rendra son verdict samedi. Auparavant, à l’issue d’un face-à-face avec Jonathann Daval, la mère de la victime Isabelle Fouillot, dépitée de ne pas obtenir de réponses à ses questions sur le « pourquoi » de ce crime, lui avait lancé un « adieu » glacial.

« J’ai plus d’avenir », a déclaré l’informaticien de 36 ans qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre en octobre 2017 de sa femme Alexia. « Je ne me suis jamais projeté au niveau de la peine », a-t-il encore répondu à l’avocat général Emmanuel Dupic qui lui demandait « comment il voyait la suite » de sa vie une fois sorti de prison. « Peu importe, je dois payer pour les actes que j’ai commis », a ajouté l’accusé, lors de son interrogatoire de personnalité.

"J'ai perdu pied"

Dans la matinée, Isabelle Fouillot, la mère d’Alexia avait tenté une dernière fois d’arracher les réponses aux questions qui la taraudent sur les circonstances de la mort de sa fille. Refusant de croire qu’elle ait été tuée pour « de simples mots », comme le soutient Jonathann, elle a interpellé son ancien gendre lors d’un échange d’une grande intensité émotionnelle. « Je pense qu’Alexia voulait s’en aller, c’est pour ça que tu l’as tuée? », l’a-t-elle interrogé d’une voix douce, presque maternelle. « Non », a répliqué l’accusé. « C’est une dispute, Isabelle, faut le croire (…) J’ai perdu pied. Tout est ressorti en moi, toutes ces années de colère, que j’ai emmagasinées, ces reproches », a-t-il soutenu, maintenant sa déposition de la veille.

À bout d’arguments, Isabelle Fouillot lâche alors un triste: « Je te souhaite un bon séjour en prison, Jonathann. Adieu. » « Ça n’a pas fonctionné, je me résigne à ne pas savoir ce qui c’est vraiment passé », a-t-elle ensuite expliqué devant la presse sur le perron du palais de justice. « Qu’il passe le plus (de temps) en prison, c’est tout ce que je demande », a-t-elle même asséné, alors que son époux Jean-Pierre avait réclamé mercredi « la peine maximale » à l’encontre de M. Daval.

"C'est quoi le déclencheur ?"

Jeudi, ce dernier avait reconnu pour la première fois avoir sciemment « donné la mort » à son épouse en l’étranglant à l’issue, selon lui, d’une violente dispute. Autre moment fort de cette journée: les images de la bouleversante confrontation entre les Fouillot et Jonathann Daval, le 7 décembre 2018, projetées devant la cour. Avant cette confrontation, au terme d’un énième revirement, Jonathann était revenu sur ses premiers aveux, accusant même son beau-frère Grégory Gay d’être le meurtrier. Mais dans le huis clos du cabinet de la juge d’instruction, Isabelle Fouillot avait trouvé les mots justes pour le faire craquer. « On te pardonnera (…) T’as pas tout perdu. Ce que je comprends pas c’est pourquoi on en est arrivé là ? Explique-moi s’il te plaît ? (…) C’est quoi le déclencheur? », l’avait-elle exhorté.

Jonathann avait alors cédé et avoué pour la seconde fois avoir tué Alexia, même s’il prétendait alors que ce n’était pas intentionnel. Survient ensuite cette scène bouleversante: il se met à genoux devant sa belle-mère, elle s’approche, lui prend les mains, il se relève et ils se prennent dans les bras, en larmes. Des images que Jonathann Daval n’a pas voulu revoir vendredi, détournant le regard.

À la barre, la mère de Jonathann Daval, Martine Henry, a elle jugé que son fils s’était « libéré de quelque chose (…) depuis qu’il voit une psychologue ». « Il est mieux, il est plus serein. » Le procès, qui devait s’achever vendredi, a pris un important retard. L’avocat général devrait prononcer samedi matin son réquisitoire, avant que la défense ne plaide et que l’accusé n’ait le dernier mot. Le verdict est désormais attendu samedi en fin de journée.

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