Justine Queney, une vocation de pompier née d’un service civique

Justine Queney est sapeur-pompier. Pour y parvenir, elle a signé en 2017 un service civique auprès du service départemental d’incendie et de secours du Territoire de Belfort (Sdis 90).

Justine Queney est sapeur-pompier. Pour y parvenir, elle a signé en 2017 un service civique auprès du service départemental d’incendie et de secours du Territoire de Belfort (Sdis 90). Le début de son aventure dans le corps des sapeurs-pompiers. Un parcours singulier.

Mercredi après-midi. Les rayons du soleil percent enfin le ciel gris qui pèse sur le Territoire de Belfort depuis quelques jours. Sur la plage du Malsaucy, la température se réchauffe. Quelques courageux se mettent à l’eau. Plus nombreux sont ceux qui profitent des rayons du soleil. Sur la plage, les pompiers surveillent le plan d’eau. Justine Queney, 24 ans, fait partie de l’équipe.

La jeune femme, originaire de Danjoutin, est une athlète. Une adepte de natation et d’athlétisme. Elle pratique notamment le saut à la perche. Titulaire du diplôme de surveillant de baignade, elle exerce au plan d’eau du Malsaucy depuis l’été 2014. D’abord sous l’égide du conseil départemental. Puis, en 2017, aux côtés des pompiers belfortains, qui reprennent alors cette mission. Lorsque le Sdis 90 assume cette responsabilité, il recrute d’anciens surveillants pour faire la transition aux côtés des pompiers. Justine est du voyage. Au départ, la surveillance est un job d’été qui sert à financer ses études. Elle est alors inscrite en filière Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives). Aujourd’hui, elle porte le t-shirt jaune fluo, floqué « sapeur-pompier ».

Une rencontre déterminante

Cette rencontre de l’été 2017 est déterminante. La jeune femme vient de valider sa licence. Elle finalise son cursus. « J’enchaînais entre la fin de mes études et mon job d’été, raconte Justine Queney. Je ne m’étais pas encore penchée sur ma vie professionnelle. » Elle revenait simplement surveiller la baignade. Comme chaque été. Auparavant, elle avait envisagé d’être maître-nageur, puis éducatrice sportive. Mais jamais, au grand jamais, sapeur-pompier. « Cela me faisait peur, car je voyais surtout la partie incendie. C’est pour cela que devenir pompier ne m’était jamais venu à l’esprit », estime la jeune femme. Pourtant, avec le recul, cette orientation sonne comme une évidence.

Aux côtés des pompiers, elle découvre une autre méthode de travail. Un autre esprit. « J’ai apprécié le rythme de travail, l’organisation entre l’entraînement, les manœuvres, le secourisme, détaille-t-elle. Avant, je faisais ma surveillance et je repartais. » Là, elle parle de cohésion, d’équipe. De solidarité. « On n’est jamais seul chez les pompiers », résume le sergent-chef Wilfried Guenet, pompier professionnel à Belfort-Sud et coordinateur du poste de secours du Malsaucy. Les soldats du feu repèrent la jeune femme. Ils recherchent constamment à recruter. Ils discutent avec elle. On lui parle du service civique. De l’opportunité qu’ouvre ce dispositif.

Secourisme et sport

Sans projet professionnel fixe, la jeune fille passe le pas et signe un engagement de service civique en novembre 2017. Elle dispose, qui plus est, de quelques bases en secourisme. Depuis plusieurs années, elle est investie au club belfortain de sauvetage et secourisme. « Le service civique m’a permis d’être sûre de moi pour devenir pompier volontaire dans un premier temps, et ensuite pour passer le concours de pompier professionnel, confie la jeune femme. Cela m’a ouvert des portes. » Et avec les pompiers, elle retrouve ses deux passions : le secourisme et le sport. « Il n’y a pas d’autre métier qui propose cela », estime la jeune femme, qui dispose déjà d’une spécialité, celle de nageur-sauveteur de surface. Après être devenue volontaire, elle a poursuivi son chemin et a donc préparé le concours de pompier professionnel, qu’elle a obtenu à l’automne 2018. Aujourd’hui, elle cherche une affectation.

En moins de deux ans, sa vie a pris un tournant qu’elle n’avait pas imaginé. « Cela s’est bien goupillé » sourit-elle. Le service civique fut une marche. Une opportunité. Et elle peut commencer à regarder ce chemin parcouru, très rapidement. Justement, Justine se souvient-elle de sa première intervention ? « C’était un accident sur la voie publique, aux Errues », répond-t-elle sans hésitation. À ce moment-là, on n’est plus à l’entraînement. On entre dans la vie privée des gens. Les messages que l’on adresse au Samu sont réels. Son principal ressenti ? La montée d’adrénaline. Elle a su qu’elle avait trouvé sa voie.

  • Les pompiers du Territoire de Belfort recrutent des hommes et des femmes âgés de 18 à 25 ans, en service civique. Un engagement de neuf mois pour devenir sapeur-pompier. Inscription jusqu’au 15 septembre 2019. Engagement de novembre 2019 à juillet 2020. Renseignements : Tél. : 03 84 58 78 00 – contact@sdis90.fr – www.pompiers90.fr

Un engagement de neuf mois

« Pourquoi pas vous ? » Ce sont par ces mots que le Sdis 90 interpelle pour inviter à s’engager dans un service civique de neuf mois pour devenir sapeur-pompier. Les candidats, âgés de 18 à 25 ans, suivent d’abord une formation de deux mois pour obtenir le diplôme d’équipier de sapeur-pompier. Ils vont apprendre les gestes de secouriste, se former à la lutte contre les incendies et acquérir les compétences pour opérer dans des opérations diverses et intervenir sur des accidents de la circulation. Ils sont ensuite affectés à l’un des deux centres de secours de Belfort, où l’on compte des pompiers professionnels, où ils montent des gardes de douze heures. Au départ, ils sont en plus dans les camions. Ensuite, ils interviennent comme un élément à part entière. À la fin du service civique, l’engagement peut se prolonger comme volontaire. Et pendant cette période de neuf mois, la personne touche 580 euros par mois. « Cette expérience présente un solide atout pour votre recherche d’emploi », souligne le Sdis 90 dans son dépliant. Et c’est un engagement diplômant. Il permet notamment d’obtenir le diplôme professionnel d’agent de sécurité incendie SSIAP1. Les pompiers français peinent à recruter aujourd’hui. Particulièrement des volontaires. Dans le Territoire de Belfort, une importante campagne est lancée en parallèle du dispositif service civique, notamment autour du recrutement des femmes.

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