Impetus va décaper le conservatoire de Belfort

Le festival Impetus revient pour une 10e édition ! 18 mois après la dernière édition, le festival de cultures et musiques divergentes est de retour au cœur de l’automne.

18 mois après la dernière édition, le festival de cultures et musiques divergentes Impetus est de retour au cœur de l’automne. Les programmateurs ont mis les petits plats dans les grands et ont décidé de hacker le conservatoire le temps d’une soirée, le samedi 16 novembre. Et le festival est totalement gratuit pour cette 10e édition !

Impetus, le festival de cultures et musiques divergentes, a été créé en 2010. « Ce festival est un endroit où nous pouvons oser des choses. C’est un espace de liberté », explique David Demange, le directeur du Moloco. Ce qui est « décapant », « noir », « radical » a sa place dans ce festival. « Ce sont des groupes que l’on ne voit pas dans les salles de musiques actuelles », complète Valérie Perrin, directrice de l’espace multimédia Gantner, qui a œuvré également sur la programmation de cette édition.

Cet évènement culturel est co-organisé par la Poudrière et le Moloco, en partenariat très étroit avec l’espace multimédia Gantner, de Bourogne. Le conservatoire se glisse dans cette 10e édition, pour le plus grand bonheur de Xavier Scheid, en charge de l’action culturelle au conservatoire. On l’avait laissé à la fin de l’hiver avec un concert de cors des Alpes, en extérieur, aux rythmes de mélodies rock ! On le retrouve à l’automne pour apprendre que le conservatoire va quitter ses habits classiques.

Gratuit

Le changement de ce cru 2019 est la programmation au cœur de l’automne, alors que le festival était traditionnellement calé au printemps.  Mais au printemps, les programmateurs n’arrivaient pas forcément à toucher les artistes qu’ils souhaitaient. Kem Lalot, des Eurockéennes, était dans une période de rush liée à la proximité du festival. Autre changement, le partenariat avec les acteurs suisses. Il n’est pas reconduit cette année, pour des problèmes d’agenda. Le festival se concentre donc sur trois soirées et trois lieux : la Poudrière, le Moloco et le conservatoire Henri-Dutilleux de Belfort. Et pour cette 10e édition, Impetus fait un geste fort : la gratuité. Une manière d’encourager les curieux à vivre une nouvelle expérience et de promouvoir cette culture divergente.

La soirée du jeudi accueille le nouveau projet de Yann Heurtaux, le guitariste de Mass hysteria, Karras ; un death metal façonné avec Étienne Sarthou, d’AqME. Cette soirée sera l’occasion du retour d’Aleister, le groupe belfortain de trash metal, né à la fin des années 1980. Après leur come-back organisé fin 2018, le groupe revient avec son nouvel album, porté par un label international. Vendredi soir, au Moloco, les festivaliers profiteront « du métal très rapide et puissant » de The Secret et des Canadiens de Dopethrone. Plusieurs groupes régionaux sont aussi au programme, comme Sacrifizer (vendredi 15 novembre à La Poudrière) ou Assigned fate (jeudi 14 novembre, au Moloco). « La scène régionale a toujours eu sa place », insiste David Demange. Et Impetus veut conserver cet ADN.

Sons et images

La radicalité fait partie des racines d’Impetus. La surprise aussi. La soirée du samedi ne fait pas exception, où l’on ne programme pas de métal ! Les salles habituellement réservées aux musiques classiques, à la danse ou au théâtre vont être envahies par des expérimentations, des concerts et des performances. Des projets autour du son et de l’image. Au deuxième étage du conservatoire, on pourra profiter d’une exposition de masques troublants et dérangeants de Patrick Jannin, de la brocante divergente de Crânes d’anges, « un brocanteur totalement atypique. Entre autres trouvailles : squelettes, chauve-souris, planches anatomiques, poupées japonaises… De son côté, Rully Shabara, chanteur de Zoo, va investir une salle pour une carte blanche dont personne ne sortira indemne prévient l’organisation. Le maître du giff divergent, Colin Raff, sera aussi de la partie. De son côté, Aude Carbone exposera ses toiles qui explorent les viscères, mettant « à vif les malaises chroniques d’êtres torturés dans leurs corps et dans leur relation à l’autre ». Les toiles seront accrochées sur les murs des couloirs. Jérôme Fino & Carl.Y s’emparent du milieu des jeux d’arcade avec le projet POC [Proff of concept]. On se sert de haut-parleurs pour jouer au Pong ! « Le micro est un joystick et le son un programme de jeux », expliquent les programmateurs. Et ping !

Au rez-de-chaussée, le festival va investir l’auditorium, le hall et le petit amphithéâtre. Ce seront des concerts, comme Kap banbino, un programme très dansant, d’électro clash. Yann Gourdon proposera avec sa vielle à roue et les artistes du département de musique traditionnelle une création, dans la droite lignée de Jambinaï, proposé aux Eurockéennes. Une carte blanche sera donnée au Belfortain Come Rudler, artiste de la Harsh Noise. L’expérience ultime. « Le reste, c’est du pipi de chat », sourit Valérie Perrin, qui rappelle comment on se sent vivant avec ce type de projet.

 « Nous proposons une expérience multi-sensorielle », résume Valérie Perrin pour présenter cette longue soirée.. « Le parcours est très libre », complète Kem Lalot, le programmateur. Aucun horaire n’a été notifié dans la programmation. « Pour que les gens se laissent surprendre », explique Kem, qui veut que le public navigue et se perde. « Nous faisons un pas de côté, estime David Demange, en créant un moment de fête avec une réflexion sur le monde. » Divergent. Pour mieux questionner la norme.

  • Jeudi 14, vendredi 15 et samedi 16 novembre. Au Moloco, le jeudi dès 20h), à La Poudrière le vendredi (dès 20h30) et au conservatoire Henri-Dutilleux le samedi (dès 19h). Gratuit – www.impetusfestival.com

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