« Il faut mettre le couteau sous la gorge de General Electric »

L’intersyndicale de General Electric a profité de la venue de Nicolas Sarkozy, vendredi à Belfort, pour le rencontrer et discuter de son expérience dans le sauvetage d’Alstom en 2004.

L’intersyndicale de General Electric a profité de la venue de Nicolas Sarkozy, ce vendredi à Belfort, pour le rencontrer et discuter de son expérience dans le sauvetage d’Alstom en 2004.

« Quand on demande à me rencontrer, je ne peux pas refuser », a précisé d’emblée Nicolas Sarkozy, président de la République de 2007 à 2012. La rencontre avec l’intersyndicale, ce vendredi, n’est donc pas de son initiative et il l’a bien souligné. « Je ne me serais pas permis », a-t-il glissé. Il s’est même entretenu avec Bruno Le Maire sur le sujet avant de venir, afin de l’avertir. Vendredi après-midi, il a donc rencontré trois élus de l’intersyndicale pendant 45 minutes, au premier étage de la mairie de Belfort, avant de se rendre au musée d’art moderne – Donation Maurice Jardot.

L’intersyndicale a sollicité l’ancien chef de l’État pour discuter du sauvetage d’Alstom en 2004, alors que Nicolas Sarkozy était à Bercy. « Comment a-t-il travaillé ? Quels sont nos leviers ? Quelles stratégies doit-on mettre en place », énumère Philippe Petitcolin, délégué syndical CFE-CGC, qui salue des échanges « constructifs » de cette rencontre. « Ce qu’il nous a dit, c’est qu’il faut mettre le couteau sous la gorge de General Electric », souligne Philippe Petitcolin. « Ils ont pris des engagements, ils doivent les tenir », poursuit-il, faisant référence à l’accord signé en novembre 2014, que Le Trois a publié ce jeudi soir. « Le gouvernement doit se positionner, rencontrer General Electric et utiliser tous les moyens légaux », a-t-il également déclaré. En filigrane, l’intersyndicale estime que si General Electric ne compte pas respecter les termes de l’accord, il faut les faire « casquer un maximum ». « À l’époque (en 2004, NDLR), le président Sarkozy était intervenu (dans le dossier Alstom, NDLR), remarque Philippe Petitcolin, avant de laisser filer une question ouverte : Que fait Emmanuel Macron ? »

Sarkozy va contacter le gouvernement

« Je suis très heureux de les avoir rencontrer », a déclaré l’ancien chef de l’État après l’entrevue, qui se dit inquiet pour leurs emplois. « Ce sont des gens compétents et très raisonnables », a-t-il poursuivi. « [Belfort] est un site industriel où il y a un savoir-faire exceptionnel », a-t-il également confié aux journalistes. 

« Nicolas Sarkozy a pris l’engagement de prendre contact avec Bruno Le Maire et Emmanuel Macron », a noté Cyril Caritey, délégué syndical CGT. « Le lien avec nous sera fait par le biais du maire de Belfort », a indiqué Francis Fontana, élu Sud Industrie.

Aucune récupération politique n’est à craindre sur ce dossier : « [C’est un sujet] trop sérieux pour utiliser la souffrance des gens dans un sens ou dans un autre », a certifié l’ancien président de la République. On ne souhaite que le croire.

Nicolas Sarkozy était à Belfort pour inaugurer la rue Simone-Veil.

Une campagne de communication importante

Un large appel à manifester a été lancé pour le 22 juin, en soutien aux salariés de General Electric. Piloté par la mairie de Belfort et soutenu par de nombreuses institutions ou collectivités, un investissement a été acté pour communiquer autour de cet événement :

  • 65 300 flyers ont été distribués dans toutes les boîtes aux lettres du département
  • Des affiches A4 ont été déposées chez tous les commerçants
  • Une soixantaine d’affiches ont été installées dans 80 % du réseau d’affichage urbain
  • Une bâche a été installée au carrefour de l’Espérance et une autre sera déroulée au niveau du lion, ce lundi matin.

Samedi 22 juin, à 14 h, départ de la maison du Peuple, place de la Résistance, en direction de la préfecture.