Hydrogène : Gen-hy installe une usine d’électrolyseurs à Étupes

L’entreprise Gen-hy, dont la recherche est basée à Orly, a annoncé ce mercredi la construction d’une usine d’électrolyseurs à Technoland II, à Étupes. Le bâtiment, de 8000 m2, doit sortir de terre en 2023. 120 emplois sont envisagés d’ici 2025. Cette spin-off maîtrise l’ensemble de la chaîne de fabrication de cet équipement clé du déploiement de l’hydrogène vert.

L’entreprise Gen-hy a annoncé ce mercredi la construction d’une usine d’électrolyseurs à Technoland II, à Étupes. Le bâtiment, de 8000 m2, doit sortir de terre en 2023. 120 emplois sont envisagés d’ici 2025. Cette spin-off maîtrise l’ensemble de la chaîne de fabrication de cet équipement clé du déploiement de l’hydrogène vert, dont la fabrication d’une membrane AEM.

La filière hydrogène se densifie dans le nord Franche-Comté. Gen-hy vient d’annoncer l’implantation d’une usine de fabrication d’électrolyseurs à Technloand  II, à Étupes. Le contact a été tissé avec l’entreprise depuis de très longs mois. C’est un important dossier, suivi avec la plus grandes attention par les pouvoirs publics, qui se concrétise. Un bâtiment de 8 000 m2, à énergies positives, doit sortir de terre en 2023. L’entreprise l’installe sur un terrain de 4 ha, situé non loin de la future usine de fabrication de réservoirs d’hydrogène de Faurecia, avec l’ambition de pouvoir s’étendre. L’investissement dans le process industriel de l’entreprise, hors immobilier, s’élève à 15 millions d’euros.

« Gen-Hy a pour ambition de contribuer au développement d’une filière technologique 100% française de l’hydrogène », indique un communiqué de presse commun de l’entreprise, de l’agence économique régionale Bourgogne-Franche-Comté, de Pays de Montbéliard Agglomération, de l’État ou encore du conseil régional Bourgogne-Franche-Comté. L’annonce a été faite ce mercredi après-midi à l’occasion du Salon Hyvolution, à Paris.

Le seul Français à maîtriser la chaine de fabrication

Gen-hy est une spin-off de FlexFuel Energy Development. Cette dernière, créée en 2009, compte 120 salariés. Selon son p-dg, Sébastien Le Pollès, elle enregistre un chiffre d’affaires annuel d’environ 30 millions d’euros. L’entreprise a mené un programme de recherches avec la direction générale des armées (DGA). « Gen-hy est issue de ce programme », confirme , au Trois, Sébastien Le Pollès. Les deux structures avaient développé un électrolyseur de grande puissance.

Une fois le programme terminé, FlexFuel s’est demandé ce qu’elle pouvait faire de ces savoirs. C’est ainsi que Gen-hy a pris forme. Elle a été officiellement créée en 2019, après 4 ans de recherches. L’entreprise s’est particulièrement penché sur la question des membranes. Ainsi, « elle a mis au point une nouvelle génération d’électrolyseurs intégrant sa technologie ZERO GAP innovante et brevetée de membranes AEM (Anion Exchange Membrane) », indique le communiqué de presse. « Les stacks (générateurs d’hydrogène) AEM ZERO GAP de Gen-Hy combinent les avantages des technologies alcaline et PEM (Proton Exchange Membrane), atteignant une efficacité́ énergétique de plus de 85 %, sans utilisation de métaux rares », poursuit le document. Et le p-dg glisse que l’objectif est d’atteindre une efficacité énergétique de 91 % à terme.

Aujourd’hui, il n’existe que 7 producteurs de membranes AEM au monde, installés au Canada, aux États-Unis, en Allemagne ou encore au Japon. Gen-hy est le premier en France. Et le seul. « Nous maitrisons la chaine de valeur de A à Z », appuie le p-dg. Que ce soit la production de membranes, mais aussi les dépôts catalytiques et l’intégration des stacks. « Maîtriser les membranes, c’est équivalent de maîtriser la fabrication des micro-processeurs pour les ordinateurs », image Sébastien Le Pollès, qui explique que « l’efficacité » de l’équipement réside justement dans ces membranes.

Leur système permet de fabriquer des électrolyseurs de taille moyenne, allant d’une puissance de 50 kW à 4 MW. Ce sont les électrolyseurs Hy-Cube®. L’usine doit permettre de produire à grande échelle cet équipement. « [Cette gamme d’électrolyseurs] permet de fabriquer de 25 kilos à 2 tonnes d’hydrogène par jour », compare Sébastien Le Pollès. Le premier permet notamment d’alimenter quinze à vingt voitures. La PME n’est donc pas sur la même gamme de produits que McPhy (notre article), qui vise la production d’électrolyseur de grande capacité depuis sa gigafactory prévue à l’Aéroparc. Le p-dg croit en la dynamique des petits projets hydrogène afin de mailler le territoire rapidement. Gen-hy est adossé à des acteurs industriels « d’envergure internationale », précise le communiqué, sans les mentionner. « GEN-HY s’adresse aux entreprises qui ont besoin de produire de l’hydrogène vert au plus proche de leur activité », précise de son côté le dossier de presse de l’entreprise.

Écosystème hydrogène

« Cette implantation confirme la maturité de notre écosystème régional, note Marie-Guite Dufay, présidente socialiste du conseil régional Bourgogne-Franche-Comté. Nous avons, en Bourgogne-Franche-Comté, toute la chaine de valeur de la recherche au stockage en passant par la production. À la clé, création d’emplois et attractivité économique. » L’écosystème a pesé dans le choix de l’industriel de s’installer dans le pays de Montbéliard. La Région était en concurrence avec la région Sud confirme Sébastien Le Pollès.

Le dirigeant apprécie aussi les savoir-faire en usinage et métallurgie du territoire, la disponibilité de main d’oeuvre, l’environnement de recherches des établissements d’enseignements supérieurs et des laboratoires, la présence de « partenaires » industriels comme Faurecia et McPhy, mais aussi « la proximité » de la Suisse et de l’Allemagne. Il note « le bon accueil » des acteurs économiques et politiques régionaux et la disponibilité de foncier. « Cette décision renforce Technoland 2 comme une zone d’activité stratégique, attractive et de haute qualité environnementale », remarque de son côté Charles Demouge, président Les Républicains de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA). « Gen-Hy pourra s’appuyer sur [notre] savoir-faire industriel mais aussi sur un écosystème de formation adapté à leurs besoins », poursuit l’élu.

Gen-hy prévoit de recruter 120 personnes d’ici 2025, « en fonction du marché », indique le p-dg. Une quarantaine de personnes seront recrutées dès le lancement de l’usine. Selon nos informations, Gen-hy a déposé un dossier auprès du fonds Maugis (lire notre dossier), chargé de ventiler la pénalité de 50 millions d’euros de General Electric pour non création de 1 000 emplois après l’achat de la branche énergie d’Alstom, en 2015. Le dossier est en cours d’instruction.

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