Héricourt : Fabien Methia crée un jeu dans l’univers parodique d’Harry Potter

Fabien Methia habite Belverne, dans le pays d’Héricourt. Il a inventé un jeu d’ambiance où l’on doit faire des crasses à ses adversaires. Un jeu qui s’inscrit dans l’univers de la bande dessinée parodique Bloody Harry. Il vient d’être édité par Yoka by Tsume. Un jeu que l’on retrouve dans toutes les boutiques de jeux.

Fabien Methia habite Belverne, dans le pays d’Héricourt. Il a inventé un jeu d’ambiance où l’on doit faire des crasses à ses adversaires. Un jeu qui s’inscrit dans l’univers de la bande dessinée parodique Bloody Harry. Il vient d’être édité par Yoka by Tsume. Un jeu que l’on retrouve dans toutes les boutiques de jeux.

« Pan ! Dans ta gueule. » Vous saisissez l’esprit ? En plein repas de Noël, vous avez envie de vous défouler entre la dinde et la bûche après avoir supporté l’oncle raciste ? On a la solution. Glissez sous le sapin le dernier jeu de l’éditeur Yoka by Tsume, Bloody Harry. Il a été inventé par Fabien Methia, un Haut-Saônois de Belverne, qui a résumé l’idée avec un sourire qui en dit long sur le bon moment qu’on va passer. « Vous êtes un fan d’Harry Potter ? Vous aimez l’humour ? Vous adorez faire des crasses à vos potes ou aux membres de votre famille ? Bloody Harry va animer avec succès vos moments ludiques », promet la notice de ce jeu qui vient de sortir. Pour gagner, vous sabotez les chances des autres, à l’image d’un Uno, mais dans l’univers d’une célèbre école de sorciers.

Bloody Harry, c’est une belle histoire. Une success story, plein de courage, d’opportunisme et de bonnes rencontres. « Je vis un rêve », confirme Fabien Methia. On rembobine. L’idée est née en novembre 2018. Fabien et son épouse viennent de s’installer en Haute-Saône, après avoir vécu à Lyon. Le couple a élu domicile à Belverne, une bourgade de 144 habitants, même pas un tabac-presse. Elle est directrice générale d’une société de marketing numérique, à Héricourt. Lui est dans l’attente d’un poste. C’est une période d’attente, que l’isolement ne facilite jamais. Mais il décide de la mettre à profit. Fabien Methia est un joueur. Il aime les jeux de rôle, fréquente les Salons et est un adepte du jeu Magic.

« Ça m’a pris 2 jours »

Un jour, il se lance. Il écrit son idée sur des post-it.  « Ça m’a pris deux jours », se souvient-il. C’était il y a 3 ans. L’esprit du jeu est venu « très naturellement », confie-t-il, encore étonné. « Je n’ai quasiment pas dormi pendant une semaine, se souvient Fabien Methia. J’étais obnubilé. » De cette idée claire, il a donc fait un premier prototype et l’a éprouvé auprès d’amis joueurs, pour voir si c’était drôle et « si la mécanique fonctionnait ». « Et là, on débute un processus d’optimisation et d’amélioration. C’est le vrai travail », analyse Fabien Methia. « Le plus dur, c’est de simplifier. Car quand on crée, on crée trop. Faut être lisible. » Et de poursuivre : « Il y a eu 10 version du jeu. » La première version mettait en scène des bandits.

Mais près avoir eu les premiers retours, il a besoin de confronter son travail auprès de professionnels. Pour savoir si le jeu vaut le coup. Pour savoir si c’est vraiment bien. Et surtout s’avoir s’il faut continuer de s’obstiner pour le développer. Il paie une place visiteur pour se rendre au Festival international des Jeux (FIJ), à Cannes, en février 2019, son prototype sous le bras. Ce Salon, créé en 1986, est la Mecque de l’univers des jeux.

Il sympathise avec une personne qui possède une table pour présenter son prototype de jeu, à l’occasion du off du festival, qui se tient à partir de 22 h. « Il y a environ 300 auteurs de jeux qui viennent avec leur prototype pour les éprouver, rappelle Fabien Methia. C’est une arène. » Devant prendre un train, cet auteur de jeu lui cède sa table de 1 h à 3 h. Une porte s’entrouvre. Fabien met le pied dedans. Normalement, pour avoir cette table, il aurait fallu s’inscrire un an en avance et payer une coquette somme. C’était sans compter la détermination de Fabien et une pointe de hasard. Pour autant, avoir cette table ne fait pas tout. Faut-il encore qu’on vienne s’y asseoir pour tester le jeu…

La BD Bloody Harry

C’est ce qu’il va se passer. Un professionnel va s’assoir pour jouer. « Je pense que c’est brillant », lui dit-il après la partie, rapporte Fabien, pas très à l’aise pour se mettre en avant en confiant ce souvenir. « Ça a changé ma vie », susurre-t-il. Surtout, le professionnel lui a donné plein de conseils et de détails techniques. Il y avait trop de cartes, ce qui posait des problèmes de coûts, trop de règles…. « Il m’a surtout dit de m’inscrire à tous les concours de jeu pour le présenter. » Conseil qu’il suit. Il propose son jeu à trois concours. Il est retenu trois fois pour participer aux évènements. Il termine 2e à Nice, au premier concours auqu’il auquel il participe. Et il termine surtout premier aux deux autres. Il remporte ainsi le prix Troadé, à Plouvorn, près de Morlaix, et le prix ProtoGônes, de la convention OctoGônes de Lyon, en octobre 2019 « En gagné 1… d’accord ! Mais deux ! » Fabien Methia n’en revient toujours pas. Son jeu rencontre son public. Il est alors démarché par un éditeur, Yoka by Tsume, qui travaille souvent avec des licences. Il a un jeu sur Naruto. Un prochain sur Dragon ball Z doit sortir. On connaît surtout l’univers Tsume pour les statues en résine de mangas et d’animés. Des figurines dont les prix s’envolent, certaines dépassant le millier d’euros.

Si l’éditeur le repère, il veut surtout tester le jeu sans l’auteur.  « C’est une épreuve normale pour savoir si le jeu vit sans l’auteur. » Ils l’ont éprouvé à Essen, en Allemagne. Avec succès. Fabien signe alors un contrat d’édition de son prototype. Débute un long travail d’édition et d’élaboration du jeu, que le covid-19 a ralenti. Rapidement, l’univers d’Harry Potter est identifié par l’éditeur. Mais dans une version parodique. C’est là que la rencontre se tisse avec l’auteur de la bande dessinée Bloody Harry, une BD humoristique et parodique de l’univers Harry Potter. « La BD s’amuse justement des incohérence du film », remarque Fabien Methia. L’humour. La parodie. L’esprit. « Tout collait, c’était une évidence », s’extasie l’auteur. Dans ce jeu d’ambiance, chaque participant joue pour une célèbre maison de l’école de sorciers de Poudlar. On se défie à l’occasion de la coupe des 4-Maisons. Ces 4 maisons ? Grosfondor, Serpentin, Serdongle et poufmoufle. L’objectif : ne pas laisser les autres gagner. « Le but est de casser leur château de sable », sourit Fabien Methia, qui rassure : « Le jeu n’est pas ultra punitif. On revient vite. » Surtout, l’auteur imaginait « un jeu avec énormément d’interactions entre joueurs ».

Discrètement, il glisse que ce jeu est un peu une critique sociale. Une critique de cette société du chacun pour soi. Parfois. De cette méritocratie pas si méritocratique que ça. Aussi. Ceux qui veulent voir un pont entre écoles de sorcier et écoles de commerce ne seront pas déçus. Et la parodie supporte tellement bien cette pensée. La dérision a cette vertu de faire passer des messages et à faire réfléchir. Sans crier gare. Ou pas. « Pan ! Dans ta gueule ! » Joyeux Noël.

  • Bloody Harry, une idée de Fabien Methia, illustré par Alexandre Arlène, édité par Yoka by Tsume. 2 à 4 joueurs, à partir de 12 ans. 30 minutes de jeu. Prix de vente constaté : 19,9 €
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