General Electric : 300 personnes soutiennent le piquet de grève

300 personnes se sont réunies une nouvelle fois au piquet de grève, avenue des Trois-Chênes, à Belfort, ce mercredi midi. Ce rassemblement est symbolique, alors que se nouent les dernières négociations entre organisations syndicales et direction.

Sihame Saady

300 personnes se sont réunies une nouvelle fois au piquet de grève, avenue des Trois-Chênes, à Belfort, ce mercredi midi. Ce rassemblement est symbolique, alors que se nouent les dernières négociations entre organisations syndicales et direction.

Une marée de chasubles et de drapeaux rouges, roses, blancs et oranges a envahi l’assemblée d’individus venus soutenir les salariés de l’entité nucléaire de General Electric à Belfort. 300 personnes, selon la police, ont convergé vers le piquet de grève de la porte des Trois-Chênes, installé depuis jeudi.

« Nous demandons à l’État d’intervenir et de transformer le PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) en GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) », déclare au micro Christian Mougenot, secrétaire général CFDT Métallurgie du Territoire de Belfort. C’est sur un ton affirmé que chaque syndicat s’unit à ce discours. « Cette turbine n’est pas prise en otage. Cette turbine est conservée par souci de protection de notre savoir-faire », déclare Saïd Bensy, élu syndical de la CGT, sous les applaudissements.

D’autres font le triste constat des suppressions de postes que connaît le site depuis de nombreuses années. « En 2015, nous étions 4 500 salariés sur le site belfortain de General Electric. Aujourd’hui nous ne sommes plus que 3 000 », assure Philippe Petitcolin, délégué syndical CFE-CGC, dans l’entité turbine à gaz, touchée par un plan social d’ampleur en 2019. Selon lui, « le monde d’après ne pas être gérer par des dirigeants qui décident de notre secteur industriel ».

Le Gouvernement questionné par Ian Boucard

Le député Les Républicains Ian Boucard a posé une question au Gouvernement ce mardi après-midi (vidéo ci-dessous). Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée, en charge de l’industrie, a rappelé « l’engagement plein et entier sur l’activité nucléaire, qui est une activité stratégique pour notre souveraineté, stratégique pour notre mix énergétique ». Sur le plan social en cours, « nous avons obtenu l’engagement de General Electric de ne supprimer aucun poste à contenu métier, ce qui doit permettre de préserver les compétences stratégiques au service du nucléaire », a-t-elle ajouté. Elle a confirmé qu’une partie des 2 milliards prévus sur l’hydrogène « devrait très prochainement bénéficier » au Territoire de Belfort.

Délocalisation, licenciement, menace de l’industrie en France, refus de moratoire de la part du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, tous les thèmes ont été abordés. Mais les discours se sont surtout inscrits dans une volonté d’union de la part de tous les représentants syndicaux. « Il est important qu’il n’y ait pas de divisions entre les syndicats. Il y a une responsabilité de la part de tous », reconnaît Frédéric Sanchez, secrétaire général de la CGT Métallurgie.

Soutien indéfectible des élus

« Je suis là pour apporter de la part du Grand Belfort. Votre combat fait honneur à la lutte et aujourd’hui comme demain nous serons à vos côtés », affirme Damien Meslot, le maire Les Républicains de Belfort. À ses côtés une horde d’élus venus également soutenir les salariés de General Electric. “Il est important que l’État revienne à des choses simples et associe tous les citoyens pour préserver le secteur de l’industrie” suggère Bastien Faudot, conseiller municipal d’opposition de la Gauche républicaine et socialiste (GRS) et candidat tête de la liste de la liste de gauche Le Temps des cerises aux prochaines élections régionales. D’autres élus de partis politiques comme le PCF, Lutte Ouvrière ou encore du collectif En commun pour Belfort étaient présents.

En parallèle, les négociations avec la direction s’enlisent. Les syndicats tentent toujours d’obtenir l’absence de départs contraints. Ça pêche sur les mots utilisés dans l’accord. La direction ne veut pas faire de précédent. Les syndicats veulent des garanties et « sécuriser » l’accord. Les négociations reprennent ce jeudi matin.

La position de General Electric

« En décembre dernier, GE Steam Power a initié un processus d’information-consultation au niveau européen et dans plusieurs pays, dont la France, qui s’est conclu au mois de mars. GE rappelle que ce processus s’effectue dans le cadre d’un projet de réorganisation lié à sa proposition de se retirer du marché des nouvelles centrales électriques au charbon. GE rappelle que les propositions soumises visent à maintenir Steam Power en tant que leader de la fourniture d’îlots turbine pour les nouvelles centrales nucléaires qui jouent un rôle important dans la transition énergétique. La France est et resterait le pays comptant le plus grand nombre d’employés Steam Power au monde, avec notamment une grande expertise en ingénierie et supply chain nucléaire. En France, les discussions se poursuivent avec les représentants du personnel de l’entité GE Steam Power Systems. Jusqu’à présent, elles ont donné lieu à des évolutions favorables du plan, notamment en proposant de maintenir 94 postes sur les 238 concernés par le projet, ainsi qu’à des mesures de soutien des employés potentiellement affectés », écrit General Electric dans un communiqué de presse. « Parmi les 1711 postes que compte GE Steam Power Systems, 1513 postes ne sont pas impactés (88%). Les équipes d’ingénierie de la turbine Arabelle (environ 120 postes) ne sont notamment pas impactées. Les équipes du site de Belfort (soit environ 380 postes), qui fabriquent les turbines Arabelle et les alternateurs associés ne sont pas non plus impactées », souffle un proche du dossier. C’est en effet les capacités d’intégration qui sont menacées par le plan social. En France, l’équipement General Electric (turbines), qui a racheté la branche énergie d’Alstom en 2015, est présent dans 56 unités nucléaires.

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