GE : plusieurs blocages sur les sites de Belfort et Bourogne

Plusieurs centaines de salariés bloquent depuis ce mardi matin le chargement d’une turbine à gaz 9HA dans un atelier de Belfort. C’est un mouvement de l’intersyndicale.

Plusieurs centaines de salariés bloquent depuis ce mardi matin le chargement d’une turbine à gaz 9HA dans un atelier de Belfort. C’est un mouvement de l’intersyndicale (MAJ à 17h).

Près de 250 salariés, selon les syndicats, se sont regroupés ce matin, à 8 h, au cœur de l’atelier de montage de la turbine à gaz 9HA, la plus puissante du monde, dans le bâtiment 38. Ils bloquent le chargement de la turbine sur une remorque, qui devait partir à la peinture.

À la suite de l’assemblée générale, lundi matin, des discussions ont été initiées dans les équipes. On a sauté sur l’opportunité d’avoir une 9HA dans les ateliers, pour « établir un rapport de force », confie Alexis Sesmat, de Sud Industrie. « C’est un mouvement des salariés de la production, soutenu par la CGT et rejoint par l’intersyndicale », détaille pour sa part Cyril Caritey, de la CGT. Le mouvement est composé d’ouvriers de l’atelier, mais également de salariés des fonctions support.

« Cela risque de s’inscrire dans le temps »

Après le rapport de force juridique créé avec le recours au tribunal administratif, déposé à Paris ce lundi, les salariés « crée un rapport de force de terrain », analyse Alexis Sesmat. Le souhait, que direction vienne discuter de leurs contre-propositions. « Symboliquement, nous attendons qu’Antoine Peyratout vienne récupérer nos propositions au pied de la 9HA », précise Cyril Caritey.

Fabien Thévenot, directeur des activités de production, a pris la parole devant les salariés. « Il nous invite à négocier », rapporte Alexis Sesmat. « Nous sommes prêts à discuter, poursuit-il, mais avec des interlocuteurs qui ont des marges de manœuvre. Ici, ce ne sont que des exécutants. Il y aura donc toujours un dialogue de sourds. »

On compte aujourd’hui une dizaine de turbines 9HA, à différents stades de production à Belfort. « La pénalité pour un jour de retard est d’environ 250 000 euros par turbine », annonce Philippe Petitcolin, de la CFE-CGC. Si les salariés bloquent toutes les turbines à tous les stades de fabrication, la pénalité journalière pourrait être comprise entre 2,5 et 3 millions d’euros. Aujourd’hui, une seule est bloquée.

Pour l’instant, l’opération de chargement est bloquée. « C’est à l’ensemble du personnel de décider combien de temps nous resterons », note Alexis Sesmat. « Cela risque de s’inscrire dans le temps », ajoute Cyril Caritey.

À la mi-journée, l’intersyndicale a remis une nouvelle contre-proposition à la direction, « concernant le plan de compétitivité », apprend-t-on d’un syndicaliste. La direction rencontre l’intersyndicale ce mercredi à 10h. L’intersyndicale a fait un pas, en stipulant qu’elle est prête à accepter 300 départs volontaires ou en plan seniors, début 2020.

Dans l’après-midi, un barrage a été installé à l’entrée du site de Bourogne. « Personne ne rentre », certifie un syndicaliste. Selon Sud, on a compté jusqu’à une centaine de personnes. Les salariés attendent l’équipe de nuit pour prendre le relais.

En fin de journée, la direction n’avait pas répondu à nos sollicitations.

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