GE Belfort : C. Perrin, M.-G. Dufay et C. Grudler montent au créneau

Mercredi, c’était un courrier commun des élus L.R. et UDI du Territoire de Belfort adressé au président de la République. Ce jeudi, le sénateur Cédric Perrin interpelle le ministre de l’Économie au Sénat, tandis que la présidente de la Région Marie-Guite Dufay et le candidat aux Européennes Christophe Grudler appellent à une union des élus au-delà des partis (notre dossier complet).

Cédric Perrin interpelle le gouvernement

Cédric Perrin a adressé une question sur GE au ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, lors des questions au gouvernement du Sénat. « Le ministre de l’Économie et des finances de l’époque, l’actuel Président de la République, était d’ailleurs venu à Belfort nous expliquer que, je le cite : « Belfort a un avenir industriel. Cet avenir
industriel fait partie d’abord des engagements pris de part et d’autre, et ces engagements sont suivis par le Gouvernement. » Depuis, c’est la suppression de 264 postes. C’est la non-création des 1 000 emplois promis. Et c’est près de 1 000 postes de l’activité gaz qui seraient aujourd’hui menacées », a indiqué le sénateur en se référant aux chiffres avancés par les syndicats.

« L’annonce de ce plan social aurait été opportunément repoussée pour ne pas intervenir avant les élections européennes, a poursuivi Cédric Perrin. L’économie du Territoire de Belfort et les salariés de GE méritent mieux que les arrangements politiques et seul le gouvernement dispose des clés pour amorcer le redressement de l’industrie Belfortaine. »

Le sénateur a ensuite rappelé les pistes de diversification évoquées par la lettre qu’il a co-signée la veille à l’intention du président de la République : le programme d’EDF pour augmenter la durée de vie du parc nucléaire, les moteurs d’avions de Safran et General Electric Aviation, l’implantation de l’Institut national de stockage d’hydrogène ou l’appel à projet Territoire d’innovation.

"Actionner un véritable plan de bataille"

Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté était mercredi à Belfort, où elle a rencontré les sous-traitants de GE à la CCI de Belfort. Elle dénonce elle aussi le risque de supression de quelque 1000 emplois. « Pourtant d’après les prévisions de l’agence internationale de l’énergie, le gaz reste une composante du mix énergétique. Le marché de la turbine à gaz, notamment celles fabriquées à Belfort, n’est pas en récession mais en stagnation. Nous sommes actuellement dans un cycle bas mais lors de la reprise du marché il faudra être en capacité de remobiliser rapidement l’outil industriel et les compétences. Dans le cas contraire, cela sera la condamnation du site belfortain. »

Elle évoque elle aussi une diversification possible dans l’aéronautique, la rénovation des centrales et souligne la qualité de la main d’œuvre belfortaine, «  une main-d’œuvre qualifiée et disponible ». « Voilà autant d’arguments en faveur de l’industrie et de l’emploi local que reprend la lettre ouverte des élus du nord Franche-Comté adressée au président de la République et à laquelle la Région s’associe pleinement. »

« Il nous appartient collectivement d’être force de proposition face à la menace qui s’annonce. Nous devons actionner un véritable plan de bataille pour sauver le site de Belfort, son écosystème performant, ses emplois et sa matière grise, poursuit-elle. À nos côtés, l’État doit prendre toute la mesure de la situation pour sauver ce site industriel et mobiliser très rapidement des investisseurs nationaux. »

Pour une mobilisation « trans-partisane »

Christophe Grudler, conseiller départemental et candidat aux Européennes, a réagi quant à lui au courrier des élus LR. « Des élus du Territoire de Belfort ont décidé d’écrire conjointement au président de la République Emmanuel Macron pour le sensibiliser à la situation de notre industrie dans le Territoire de Belfort. Je pense qu’il s’agit d’une très bonne initiative et je ne peux que m’associer à cette démarche. (…) La défense des intérêts du Territoire de Belfort et de ses habitants doit à mon sens être une action trans-partisane. J’appelle à ce sujet Damien Meslot à travailler avec les élus de la majorité présidentielle du Territoire de Belfort, pour une sortie de crise positive et consensuelle pour notre industrie. »


Lui aussi évoque la piste de l’aéronautique pour diversifier l’économie du Territoire de Belfort et affirme avoir rencontré les responsables de Safran à ce sujet. « Enfin, concernant le volet nucléaire, la rénovation des tranches nucléaires pour accroître la durée de vie et la rentabilité électrique des centrales n’est pas une nouveauté. La restauration des rotors et autres éléments, que l’on appelle le rétrofit, fournit depuis des années des milliers d’heures de travail aux salariés Alstom, à la demande d’Edf. Il faut simplement effectuer une programmation pluriannuelle plus fournie pour remplir davantage le carnet de commandes. »

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