GE : analyse du courrier de Bruno Le Maire sur la mise en demeure

Le 23 juillet, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a adressé à différents membres de l’intersyndicale un courrier où il répond à la mise en demeure.

Le 23 juillet, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a adressé à différents membres de l’intersyndicale un courrier où il répond à la mise en demeure. Il confirme avoir demandé des réponses à General Electric sur ses engagements et garantit « l’avenir industriel de Belfort ». Extraits. Et analyse.

« Depuis 2014, un suivi régulier des accords a été effectué », assure le ministre, interpellé par l’intersyndicale de l’entité turbines à gaz sur les engagements contractés en 2014 par General Electric, lors du rachat de la branche énergie d’Alstom. Bruno le Maire note que la réunion du comité de suivi du 5 février a notamment permis de constater la non création des 1 000 emplois. General Electric « a en conséquence accepté de verser 50 millions d’euros pour doter un dispositif de soutien au développement économique du territoire », précise le courrier.

Plus qu’une acceptation, ce montant correspond à un engagement contractuel du géant américain, prévu par l’accord de 2014, que publiait il y a quelques semaines Le Trois : « GE s’engage à verser à l’État la somme de 50 000 euros par emploi non créé jusqu’à concurrence d’un plafond cumulé de cinquante millions d’euros. »

Les reclassements

Le ministre précise aux destinataires du courrier son intérêt de l’étude des reclassements en cas de suppression des postes. « Des possibilités sont à l’étude notamment dans le domaine de l’ingénierie et du ferroviaire qui pourrait là aussi représenter plus d’une centaine d’emplois à court terme », écrit le ministre.

« Robuste et partagée »

« Je vous confirme avoir demandé à General Electric de démontrer que les centres de décision en matière de conception, de production et de vente de turbines à gaz seraient maintenus à Belfort à l’issue des restructurations envisagées, conformément aux accords de 2014 », écrit également Bruno Le Maire. Il invite les destinataires du courrier – Philippe Petitcolin pour la CFE-CGC, Francis Fontana pour Sud et Fabrice Chirat pour la CGT – à transmettre tout élément permettant « de démontrer d’éventuels manquements passés de General Electric à ses obligations ou de formuler une analyse plus précise sur le plan présenté par General Electric ».

Bruno Le Maire invite à une analyse « robuste et partagée » pour obtenir « des évolutions de ce plan ». Un plan, dont il semble en accepter l’issue. « En fonction des résultats de cette analyses, je pourrai (…) convoquer de manière anticipée un comité de suivi des engagements ». Il s’engage à transmettre les conclusions, mais « dans le respect du secret des affaires ». Si le ministre dit avoir demandé des réponses à General Electric, il faut rappeler que dans le contrat de 2014, l’industriel américain s’engageait à remettre à l’État français un rapport détaillé « décrivant la mise en œuvre des engagements de GE » pour le 15 février, « au plus tard », chaque année. Force est de constater qu’en 2019, ce n’est vraisemblablement pas encore le cas. Et jamais, dans la lettre, le ministre n’évoque la possibilité de contraindre l’industriel de tenir ses engagements.

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, lors de sa visite le 3 juin, à General Electric (©Le Trois – Pierre-Yves Ratti).

Diversification

Contrairement à des courriers adressés il y a plusieurs mois, son discours autour du marché des turbines à gaz évolue. Il souhaite que « Belfort puisse tirer parti de cette tendance de long terme, lorsque le marché retrouvera un plus grand dynamisme », citant notamment l’importance du renouvelable. Il s’attarde également sur la diversification, en parallèle de l’activité gaz, notamment autour de l’aviation, thématique sur laquelle il était plus réservé au mois de mars. « General Electric m’a confirmé travailler activement à cette diversification, qui pourrait créer des dizaines d’emplois dès 2020, et potentiellement plusieurs centaines à terme », écrit-il. Il garantit l’investissement de l’État une fois que « la compétitivité et les débouchés de cette nouvelle activité seront garantis ».

Bruno Le Maire se dit prêt également à soutenir Belfort dans l’hydrogène ou dans le développement de centrales électriques, clef en main. Selon nos informations, l’intersyndicale prépare un courrier de réponse aux éléments avancés par le ministre de l’Économie. Ce courrier doit partir ce vendredi de soir.

Le collectif s’installe

L’intersyndicale, des élus et des responsables politiques se sont réunis ce matin pour poursuivre la construction du collectif de défense de l’industrie du nord Franche-Comté. Il y avait une vingtaine de personnes selon nos informations. Ils ont discuté des statuts du collectif, de l’organisation des assises de l’Énergie, fin septembre, à Belfort. Ils ont évoqué, également, la réponse à apporter à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des finances.