Fonderies: 50 millions d’euros pour accompagner la reconversion des salariés

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Plusieurs fonderies sont placées en redressement judiciaire à travers la France, dont MBF, dans le Jura. Le ministre de l’Économie vient d’annoncer un plan d’aide à la reconversion abondé par Stellantis et Renault.

(AFP)

Plusieurs fonderies sont placées en redressement judiciaire à travers la France, dont MBF, dans le Jura. Le ministre de l’Économie vient d’annoncer un plan d’aide à la reconversion abondé par Stellantis et Renault.

Un fonds de 50 millions d’euros va être mis en place pour accompagner la reconversion des salariés du secteur automobile, dont les fonderies en grande difficulté, a annoncé lundi le gouvernement. L’Etat y versera 30 millions d’euros, les constructeurs Renault et Stellantis 10 millions chacun, et les régions seront invitées à y participer, a indiqué le ministre de l’Economie Bruno Le Maire à l’issue d’une réunion du comité de la filière automobile.

Alors que plusieurs fonderies ont été placées en redressement judiciaire, ce fonds exceptionnel fait partie d’un « plan d’actions spécifique visant à accompagner les transitions de la filière de la fonderie automobile ». « Notre outil de production est trop petit, trop dispersé sur le territoire. Nous sommes trop concentrés sur les métaux ferreux, alors même que nous savons qu’ils vont être moins utilisés dans les véhicules électriques », a expliqué M. Le Maire en conférence de presse. « Tout cela doit nous amener à réfléchir à un meilleur accompagnement de ces entreprises et des salariés », à « anticiper les  difficultés, accompagner les salariés, plutôt que de les subir ».

Des discussions avec les partenaires sociaux et les régions

Ce plan prévoit un « accompagnement renforcé pour l’élaboration d’un projet professionnel à la formation », mais peut aussi « lever les freins à la mobilité, comme accompagner un déménagement », ou permettre de suivre des « formations plus longues », a précisé la ministre du Travail, Elisabeth Borne.

Ses modalités doivent être discutées « très prochainement » avec les partenaires sociaux et les régions. Le gouvernement a souligné qu’il continuerait à « soutenir les investissements pour la compétitivité et la diversification » dans la fonderie, mais aussi chez les autres sous-traitants, et à « promouvoir des démarches de consolidation du secteur », notamment via des apports en fonds propres.

Les constructeurs se sont également engagés à mettre des experts à la disposition des fonderies pour les accompagner dans leur diversification, comme dans le nucléaire, a souligné M. Le Maire. Le ministre a également annoncé que le programme d’aides mis en place avec la filière pour soutenir des investissements et les relocaliser en France, notamment dans les véhicules électriques, serait prolongé « au moins » jusqu’en 2022. 150 millions d’euros ont été engagés dans 25 projets depuis juillet 2020, et 17 nouveaux projets viennent d’être présélectionnés.

Trois équipementiers automobiles de la Vienne et de l’Indre, des filiales du groupe Gupta totalisant quelque 850 salariés, ont été placés en redressement judiciaire le 20 avril. Dans l’Aveyron, l’unique repreneur de l’équipementier Sam a annoncé début avril qu’il retirait son offre. Dans le Jura, la fonderie automobile MBF est placée en redressement depuis novembre. Sa situation doit être analysée mardi [27 avril]  par le tribunal de commerce de Dijon.

La Bourgogne-Franche-Comté octroie une aide de 500 000 euros à MBF

Le conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté a tenu ce lundi 26 avril une commission permanente exceptionnelle, avec pour unique objet de proposer une aide au sauvetage de la société MBF à Saint-Claude (Jura) : une aide de 500 000 € a ainsi été décidée à l’unanimité. Rappelons que MBF, fonderie historique du haut Jura depuis plus de soixante-dix ans, connaît aujourd’hui une chute de production en raison de la baisse du marché de la motorisation thermique et de la crise sanitaire qui touche fortement le secteur automobile.

« La gestion financière et administrative de l’actuel propriétaire a conduit à l’assèchement de la trésorerie de la société, qui risque donc d’être placée en liquidation judiciaire dès demain [ mardi 27 avril – Ndlr] par le tribunal de commerce, indique le communiqué de presse de la Région publié suite à cette commission permanente. La situation est donc critique : l’avenir des 284 salariés est conditionné à une offre de reprise. La présidente de la Région a évoqué le fait que cette aide doit donner un délai de quelques semaines supplémentaires pour permettre à un repreneur de déposer une offre sérieuse. Le financement de 500 000 € voté ce jour sera strictement destiné à un paiement des salaires. La Région s’engage dans cette démarche inédite, afin d’empêcher la fermeture du premier employeur privé de la ville qui aurait des conséquences sociales et économiques graves pour l’ensemble de ce territoire. »

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